CHRONIQUE
En gauche trouble
La rédaction, 6 avril 2010

En gauche trouble

Au début des années 90, il y a eu le RMI et l’élargissement du financement de la protection sociale à tous les revenus. Fin des années 90, la réduction du temps de travail puis les emplois jeunes, début des années 2000. Que restera-t-il comme idée de gauche cette fin de décennie ?

Pas grand chose.

L'auteur(e)

Jean Marc Pasquet
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A moins de deux ans de l’élection présidentielle, le camp progressiste reste en panne de projet. Il reste une vague formulation d’un "autre modèle de développement économique" et d’un appel confus à une "société du bien être". Mais quel contrat est prêt à affronter le jugement des français-e-s pour un second tour de l’élection présidentielle ?

Dans cette quête de sens, la gauche a tort de sous-estimer les bienfaits de la concurrence. Non, pas celle des marchés, mais celle de candidatures au premier tour de l’élection présidentielle. Pour quelle raison ? Parce que dans la logique de nos institutions, cette rencontre avec le peuple est un temps unique pour confronter, enrichir, infléchir les projets pour le pays.

Pour l’instant, ce temps reste celui d’une concurrence d’écuries. Celles du Parti Socialiste, habilement neutralisées par son premier secrétaire, restent à l’affût d’une fenêtre de tir pour déclarer son ou sa chef de file.

Troisième force politique confirmée à l’issue de cette séquence régionale, les Verts-Europe Ecologie sont au pieds du mur. Confrontés à la gestion de leur trésor de guerre, leur volonté de mettre en selle une candidature autonome de l’écologie politique est confortée par de bons sondages.

Daniel Cohn Bendit l’a bien compris. Si sa stratégie d’une union de premier tour à l’élection présidentielle contre un groupe écolo à l’Assemblée nationale est minoritaire, il semble ne pas vouloir se laisser déposséder du choix d’une candidature. Fusse en poussant une autre face à celle de la secrétaire nationale des Verts.

Dans ce qui apparaît aujourd’hui comme une simple prise de position pour le futur leadership de l’écologie politique, force est de constater que la question du projet n’est pas prioritairement mise en avant.

Est-ce par là que les socialistes ont si souvent pêché que les écologistes pensent confirmer leur enracinement dans le paysage politique français ? Le dicton Rabelaisien devrait leur servir de boussole : la science (électorale) sans conscience (du projet) n’est que ruine de l’âme.

Mise à jour le 6 avril 2010