CHRONIQUE
Immortel plastoc
Jean-Marie Bouguen, 7 novembre 2010

Immortel plastoc

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Jean-Marie Bouguen

Chargé de communication

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Fantastique, le plastique ?

Pas toujours. S’il faut reconnaître que la matière pétrochimique s’est rendue indispensable – mais pas irrémédiable – le coût environnemental de ce choix technique mérite d’être rappelé. Sur nos littoraux, nous retrouvons chaque année en moyenne 120 millions de sacs plastique. Sacs, emballages de tous types, couverts, objets divers et variés : le plastique est partout. Une grande partie finit en mer où, si l’on prend l’exemple d’un sac de courses, il aura servi vingt minutes et mettra 400 ans à se dissoudre.

Ensuite, les micro particules essaimeront sans que l’on connaisse précisément l’impact environnemental que cela peut avoir sur le stock halieutique. Même si l’on peut avoir un pressentiment évident. Aujourd’hui, dans certaines zones du globe où les courants tournent en rond, comme le gyre subtropical du Pacifique Nord, qui connaît une zone baptisée « vortex d’ordures », « soupe de plastique », ou encore « Grande zone d’ordures du Pacifique ». Dans cette zone, on trouve 5kg de plastique au km2. Pour se cacher, les organismes qui y naissent ont parfois même la couleur de nos détritus, tant ils font partie du paysage. Il y a six fois plus de plastique que de plancton dans cette zone. L’Atlantique a bien sûr la sienne.

Une autre raison de se méfier du plastique : pour protéger notre santé. Le bisphénol A, par exemple dans les biberons et prothèses dentaires, est le plus connu. Il serait la cause de cancers du sein et de la prostate, et la source de problèmes de fécondité masculine. D’autres produits qui se trouvent dans les plastiques en contact avec les produits alimentaires doivent attirer notre vigilance. Le DEHA, qui se trouve dans certains films plastiques alimentaires, ou styrène – que l’on trouve bien sûr dans le polystyrène.

Le traitement des déchets, dans tout son cycle de vie, inclut un coût financier, et un coût environnemental. Intégrer à son prix, en amont, est la meilleure manière de financer son traitement et de limiter son recours.

Propositions :

  • Réglementer plus sévèrement les plastiques contenant des produits dangereux pour la santé humaine
  • Instaurer une taxe « pique-nique », sur le modèle belge, à hauteur de 3 euro/kg
  • soutenir le recours aux plastiques végétaux
Mise à jour le 7 novembre 2010