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> LIRE LA SUITE <La lutte contre le VIH en question(s)
Dans son édition 2010, le rapport de la Cour des Comptes pointe le manque de lisibilité des politiques publiques et leur dispersion.
L'auteur(e)
Données et tendances
Si le nombre de personnes nouvellement infectées chaque année a diminué globalement entre 2003 et 2008, [1] cette évolution n’a pas concerné l’ensemble de la population. Les nouvelles infections par le VIH n’ont pas diminué parmi les homosexuels ; sur un plan statistique, le taux d’incidence du VIH est pour eux 200 fois supérieur à celui observé chez les personnes de nationalité française infectées par la voie de rapports hétérosexuels. Les personnes de nationalité étrangère, notamment de pays d’Afrique subsaharienne, demeurent également un groupe particulièrement touché par l’épidémie, en 2008, environ 1 600 d’entre elles auraient été infectées par le VIH lors de rapports hétérosexuels.
Dépistage et prévention : les parents pauvres
Si le coût de la prise en charge sanitaire des personnes inscrites à l’affection de longue durée est de l’ordre du milliard d’Euros, la Cour souligne que " les dépenses publiques consacrées à la prévention et au dépistage du VIH ont un caractère marginal" : environ 54 M€ pour la prévention et 34 M€ pour les consultations de dépistage anonyme et gratuit.
La prévention demeure insuffisamment ciblée et active : c’est notamment le cas en direction des groupes de population les plus touchés (homosexuels et migrants). En outre, rares sont les messages publics qui s’adressent aux personnes infectées par le VIH et connaissant leur séropositivité afin de les inciter à adopter des gestes de prévention envers leurs partenaires réguliers ou occasionnels.
Sans remettre remettre en cause le caractère essentiellement volontaire de la démarche, des tests de dépistage pourraient selon la Cour être proposés de manière plus large à la fois à la population dans son ensemble et aux personnes relevant des groupes les plus exposés. [2]Une politique privatisée en mal de pilotage
Le pilotage de la politique de lutte contre le VIH/sida par le ministère de la santé se caractérise par sa faiblesse et son manque de continuité. Les plans de santé publique consacrés au VIH sont insuffisamment structurés. La coordination entre les différentes directions du ministère de la santé et entre les ministères est insuffisante. Souvent, le ministère de la santé joue plus le rôle d’un arbitre des débats entre associations que celui d’un décideur d’orientations publiques. Le ministère de la santé manque de visibilité sur les actions mises en œuvre au niveau local par les associations, dont trop d’entre elles "n’auraient pas la taille critique" pour assumer leurs objectifs.
- Sources : Cour des Comptes, rapport 2010.
[1] passant de 8 930 à 6 940 cas
[2] Compte tenu de la fréquence des co-infections par le VIH, les hépatites virales B et C et les autres infections sexuellement transmissibles, les consultations de dépistage anonyme et gratuit (CDAG), chargées du dépistage du VIH, et les centres d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CIDDIST) ont selon les magistrats de la rue Cambon, vocation à être fusionnées.
Mise à jour le 7 mai 2010