Militant écologiste et écrivain.
> LIRE LA SUITE <Pour une planification écologique des territoires
Les élections régionales doivent, à l’instar des élections européennes, permettre de préciser le projet de transformation écologique de la société, proposé par Europe Ecologie.
L'auteur(e)
Celui ci partait de la nécessité de la conversion écologique de l’économie et des activités. Cette conversion suppose à la fois la relocalisation des activités , la réorientation de secteurs entiers de l’économie comme l’automobile, l’armement, l’énergie ou la chimie en des secteurs socialement utiles et écologiquement viables Elle implique une redistribution des richesses et une participation active des citoyens et des salariés aux choix des politiques publiques à mettre en œuvre.
Cette vision s’affronte à la logique du capitalisme vert qui consiste à développer une série de produits et de marchandises labellisées écolos comme une source de nouveaux profits à court terme. Cette vision oblige à mettre en œuvre des objectifs dans le temps, dans plusieurs domaines, avec des moyens et sur une durée (et selon des étapes précises).
Planifier : une idée du passé ?
En bon français cela s’appelle de la planification écologique. La planification n’a pas bonne presse, entachée par les expériences soviétiques. Pourtant l’idée de planification est née au sein de l’Internationale socialiste, a été diffusée après guerre par Mendès France. Le pouvoir gaulliste s’en est emparé pour l’imposer de manière jacobine par une centralisation, technocratique et parisianiste. Emportée par la déréglementations années 80, le Plan a été enterré. S’il ressurgit aujourd’hui comme idée force de la transition écologiste, c’est que l’illusion du marché libre a disparu et que l’urgence écologique suppose désormais de maîtriser et d’anticiper l’avenir. Mais si planification il doit y avoir celle ci n’ a rien à voir avec le projet néo républicaniste de Jea n- Luc Mélenchon qui a voulu récupérer cetter idée. Une planification verte devra être à la fois écologique, démocratique et territoriale.
Une planification traditionnelle dévoyée
Du point de vue écologique, la planification n’est que la traduction des principes de précaution et de prévention en politiques publiques. Plusieurs outils existent déjà , que ce soient les indices de développement humain ou d’empreinte écologique, la gestion écologique des déchets, l’aménagement du territoire à travers les schémas directeurs, la cartographie hydrologique …. Mais leur sectorisation , leur cloisonnement, le caractère souvent non prescriptif de ces outils empêche toute gestion prévisionnelle débouchant sur une quelconque rationalité écologique. Pire , ils permettent aux régions de se faire concurrence entre elles à travers la politique des pôles de compétitivité qui ne sont que le énième substitut à la politique anarchique de développement des technopôles , des pôles d’innovations … Les barons socialistes des régions sont tombés dans ce travers. Au lieu d’harmoniser leurs politiques , ils ont voulu optimiser la compétitivité de leur région et à l’intérieur des régions laisser se développer une politique de laisser faire , laisser aller entre les communautés d’agglomération, les départements…
La Région maître d’oeuvre
Les écologistes partant du principe de libre coopération doivent se doter d’outils d’aménagement, de formation professionnelle et de conversion économique permettant d’articuler des politiques cohérentes sur le plan régional, national et européen. Les régions sont en effet le bassin d’emplois pertinent de la conversion écologique de l’économie. La Région est maître d’oeuvre de la politique de formation professionnelle. Celle ci est la clef de voûte de toute politique d’alter développement reposant sur la continuité des droits sociaux fondamentaux permettant d’assurer une transition professionnelle et une revenu garanti pour chacun. La Région contrôle également une série de financements et d’aide aux entreprises. Rompre avec les politiques de concurrence anarchique suppose donc un projet lisible et volontariste en même temps que la participation des acteurs à la définition des politiques publiques. C’est ce qu’avait d’ailleurs commencé concrètement à entreprendre Marie Christine Blandin dans les années 90 lors de son mandat de Présidente de la Région Nord Pas de Calais à travers les Etats généraux de l’Emploi. C’est ce que les écologistes pourraient proposer en Ile de France à travers un Sarcelles de l’emploi permettant aux organisations syndicales, environnementales, de consommateurs, de chômeurs , et aux élus de faire des propositions. Ce’ chantier écolo- démocratique permettrait à la fois la création de dizaines de milliers d’emplois verts mais également de contrôler la politique d’aménagement du Grand Paris qui outre sa dimension économique est une politique qui repose sur des choix économiques (pôles image, développement durables.. ;) jamais discutés par les citoyens.
Une démarche territorialisée
Cette approche partant des territoires et des acteurs de terrains n’est pas contradictoire avec la participation des experts don’t le role n’est pas de decider mais de présenter leurs arguments sous formes de scenarios possibles. La prise de décision si elle veut s’appuyer sur une coorpération inter régionale nécessitera la construction d’autres outils.
Vers une simplification des leviers de planification
Par exemple celle d’un nouveau Commissariat au Plan pour la Conversion écologique, fusionnant les restes de la DATAR, le Conseil d’Analyse économique et des services d’études du Ministère de l’Ecologie et du développement durable. Si nous voulons convaincre les citoyens en Ile de France, en Rhône Alpes ou ailleurs, de la crédibilité de notre démarche nous ne pouvons nous satisfaire d’une politique reposant sur le plus écologique (plus de bio, plus de pistes cyclables, plus de tram, plus d’économie solidaire…).
Nous devons démontrer que nous avons un projet reposant sur une planification écologique des territoires, inverse de celle initiée par De Gaulle en 1958 mais toute aussi déterminée à changer l’ordre existant.
Proposition :
- La bataille des régionales ne peut pas être une série de déclinaison région par région. Elle doit partir d’une conception écologique des territoires , vertébrée autour d’une dizaine de grandes orientations et déclinée en fonction des réalités régionales. Elle doit reposer sur quelques principes articulant ces orientations. La planification écologique des territoires est une de ces boussoles.