CHRONIQUE
Remplacer les hommes par les machines
Vincent Champain, 1er mars 2011

Remplacer les hommes par les machines

Remplacer les hommes par les machines : est-on arrivé au bout de cette tendance ? comment revenir sur cette spécificité française en redonnant sens à un projet social ? Une chronique en trois parties de l’économiste Vincent Champain.

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Vincent Champain

économiste, anime la fondation pour le long terme de l’Institut de l’entreprise.

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Les syndicats et une partie de la classe politique ont dénoncé les caisses automatiques, mise en place par plusieurs supermarchés. En permettant aux clients d’enregistrer eux-mêmes leurs achats, ces caisses menaceraient 80.000 à 200.000 emplois de caissières, selon les organisations syndicales.

De la même façon, les cinémas UGC permettent à leur client d’acheter leurs billets directement sur des automates. La SNCF a emprunté la même voie en orientant ses clients vers les automates (essayez d’obtenir un billet en moins de 20 minutes aux heures de pointes en passant par le guichet !). Cette évolution traduit plusieurs tendances :

  • d’abord, l’évolution des métiers : il n’y a plus de poinçonneurs des lilas, remplacés par des automates dans tous les pays développés. De la même façon, les métiers les plus mécaniques sont appelés à être remplacés ;
  • ensuite, le coût relatif de la main d’œuvre peu qualifiée dans les services, qui conduit les entreprises française à remplacer une partie de cette main d’œuvre par des investissements [1] ;
  • plus généralement, une tendance française à traiter les salariés comme des machines, et si possible à remplacer les seconds par les premiers (cf les développements sur ce thème dans « Pour une sécurisation des parcours professionnels »).

Les deux dernières tendances relèvent de facteurs purement nationaux, et appellent donc à des solutions locales...

A suivre...

[1] sur ce sujet, voir l’étude de Thomas Piketty publiée dans Economie et Statistique n°318

Mise à jour le 1er mars 2011