Attirer de nouveaux publics grâce aux nouvelles technologies

Rendre l’offre plus accessible aux publics

Plusieurs institutions développent des projets qui semblent davantage prendre les jeunes, et notamment les adolescents, en considération. Ils reposent souvent sur des approches responsabilisantes, comme l’exposition de travaux d’élèves.

L’objectif est de stimuler la création artistique par un processus de recherche, de création et de production menant à la réalisation d’une exposition autour d’un thème. Il s’agit d’amener les participants à procéder comme des artistes professionnels en menant leur projet à travers une démarche échelonnée sur plusieurs mois (visites dans des lieux d’exposition, rencontres avec des artistes professionnels, une période de recherche et une période de production, le plus souvent).

La culture commune à ces tranches d’âge repose cependant souvent sur un état d’esprit anti-institutionnel, où prime l’état d’entre-soi, même sans activité définie, et l’aspiration à l’autonomie. De ce point de vue, la mise à disposition d’espaces dédiés, avec mise à disposition de NTIC et de matériel vidéo et photo est une piste à explorer, alors que les nouvelles technologies se développent considérablement dans l’univers muséal.

Les principales innovations dans le secteur reposent ainsi sur Internet, la 3D et l’imagerie de synthèse, notamment en France au musée de Cluny.

à Londres, la National Gallery offre le téléchargement Wi-Fi et bluetooth pour téléphone mobile d’une sélection de son fonds de peintures, afin de préparer au mieux sa visite, l’effectuer et en conserver le souvenir.

à la suite de la National Gallery, du Brooklyn Museum et du Musée national du Moyen Age-Thermes de Cluny, le Grand Palais s’est lui aussi doté de l’application de téléchargement. Il diffuse ?gratuitement, via une borne Wi-Fi ?et bluetooth située à l’entrée, des clips sur l’histoire du lieu, son actualité, ses ?coulisses et des témoignages d’artistes, de directeurs de salons ou de commissaires d’exposition. Parallèlement, les sites Internet proposent de plus en plus des versions complètes et interactives des expositions, contribuant ainsi à rendre l’offre plus accessible au regard des pratiques adolescentes.

Le public handicapé est également une cible privilégié de ces dispositifs innovants. En matière de handicap, le Centre Pompidou a ainsi développé un site dédié et proposait jusqu’en février 2010 l’expérimentation « Images tactiles », qui offre aux personnes aveugles et malvoyantes de découvrir la peinture par le toucher.

Un logiciel a en effet permis de graver en relief des tableaux comme La Femme au chapeau de Picasso. Dix tableaux ont été transposés en relief et cinq sont exposés, des descriptifs en gros caractères et en braille complétant le dispositif.

Par ailleurs, le Musée-Château de Fontainebleau mène depuis plusieurs années de nombreuses actions d’éducation artistique et culturelle, comme « Les portes du temps », et des projets de découverte des ressources patrimoniales du site par des CLIS (classe d’intégration scolaire), dispositif d’intégration pour des élèves présentant une déficience des fonctions cognitives.

Outre de telles adaptations de l’offre à des publics nouveaux, une autre piste repose sur les potentiels internes aux mondes de l’art.

Les chroniques culturelles de Nicolas Defaud sont issues de Terrains de culture, le blog des élèves administrateurs territoriaux.