Origine ou identités

 Le 5 octobre 2015

Tels des Hamsters pour faire tourner notre roue, nous nous voyons infligés quotidiennement notre dose de décharge électrique. Cette semaine, alors que les éructations des ‪#‎MoranoCollard faisaient descendre le concept de Nation au douzième sous-sol, dimanche, nous avons eu droit à un meeting surréaliste d’Erdogan à Strasbourg, France. Retransmis en direct sur la TV turque. A quelques jours d’élections législatives anticipées et devant 12 000 à 15 000 personnes séparées par sexe, le chef d’Etat turc a donné une démonstration de sa « modération ». La Turquie, autrefois aux portes de l’Europe, fait tirer sur sa propre population. Elle est cependant présentée par Erdogan comme défenseure de la « vraie civilisation ». Et tandis qu’il faisait huer les noms des Etats européens, le message du président turc était, selon le correspondant du Monde : « un seul drapeau, un seul pays, une seule foi ». Profitant d’une sortie sur sa population Kurde et de « ses partisans installés en Europe », il refuse « d’abandonner son pays aux vauriens », les menaçant de « faire regretter tous ceux qui veulent se détacher », rendant hommage aux « martyrs », sans nommer Daesh nous dit Le Monde. On devine l’enthousiasme qui va déferler au mois de décembre pour nos élections régionales. Quand à nos messages de « vivre ensemble » distribués sur des marchés, résonnent en écho un silence de plomb des démocrates. Tétanisés par les démagogues qui eux ne doutent de rien.

François Hollande

« Ce qui fait votre caractère, c’est cette capacité à vous élever, c’est ce qui a fait l’éclat de votre vie publique. Vous avez servi l’intérêt général, quitte parfois à sacrifier le vôtre »

François HollandeAu sujet de Michel Rocard lors de la remise des insignes de la Grand croix de la Légion d’Honneur

Le 4 octobre 2015

Etudiant et tout jeune militant écolo, j’ai rencontré Tareq Oubrou, Imam de Bordeaux, porteur d’un islam sage et libéral. Cette discussion m’a profondément marqué d’autant qu’elle faisait écho à mon expérience de jeunesse où avec mes camarades d’usine musulmans, nous étions « pareils » et surtout « ensemble ». Face aux enfants de bourgeois, d’une certaine manière. Sans avoir les mêmes armes à l’école notamment. Ceux-là même qui, trente ans plus tard, inondent les médias. Ceux qui pensent qu’on peut résoudre la question sociale et les peurs de déclassement par le déni ou des discours « respectueux » des dogmes. Ceux qui masquent leur fourberie et réservent les meilleures places à leur progéniture. En se défaussant à bon marché, bradant liberté de conscience, principes d’égalité et de fraternité sur l’autel de leurs petites culpabilités de rentiers. Ils instrumentalisent ceux qui, à leurs yeux, représentent les « nouveaux pauvres », assimilés à une religion minoritaire, infantilisent ceux qui font la plonge dans les restos qu’ils fréquentent, méprisent leurs attentes profondes, les réduisent systématiquement à l’état d’êtres incultes et immatures. En revêtissant les habits des idiots utiles qui vendent à bas prix de la chair à canon aux prédicateurs.