Notre contribution au GrandDébatNational


À l’initiative du président de la République, le Gouvernement engage un Grand Débat National sur quatre thèmes qui couvrent des grands enjeux de la Nation. Novo Ideo a déposé une première contribution sur le thème de « l’organisation de l’Etat et des services publics ». Face à la désertification et aux problèmes des « quartiers », notre think tank propose de rendre plus agile l’action publique en créant des « Autorités territoriales de l’intérêt général », délégataires des pouvoirs nationaux et locaux.

Si l’on administre bien que de près, c’est en consacrant trop fréquemment l’opposition entre déconcentration et décentralisation.

Il est urgent d’améliorer l’action des pouvoirs publics, quels que soient les agents qui la portent, en favorisant la production d’utilités, en dépassant les freins liés à la répartition des compétences ou à une conception régalienne, centralisée à l’excès. C’est un impératif sous contrainte d’urgence. Des territoires sont en décrochage, d’autres en sécession, certains se désertifient sans que les leviers de l’action publique actuelle ne débouchent sur des issues efficaces.

Agir mieux et maintenant.

Face à la désertification ou de grandes difficultés de territoires, l’action publique française est marquée par un empilement d’actions publiques, portées par une kyrielle d’acteurs aux logiques propres, déconnectées de l’intervention d’autres, sans incitation réelle pour atteindre des résultats communs. Le travail des élus locaux, de l’Etat et de ses agences, des acteurs associatifs et privés, la maitrise d’usage citoyenne doivent-être rassemblés au sein d’un véhicule, sous une direction unique, pour répondre à un problème ciblé. 


Nous proposons de créer dans chaque territoire en difficulté une « Autorité territoriale », que celle-ci regroupe ressources et compétences des acteurs nationaux et locaux intervenant sur cette zone.

Le pouvoir de cette « Autorité territoriale » se substitue aux prérogatives des acteurs qui lui transfèrent pendant un temps limité tous les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs contractuels. Assorti d’un système de bonus financier, cette action prioritaire sera hiérarchisée selon un consensus, formalisé dans le contrat.

« L’Autorité territoriale de l’intérêt général » : spécialité, unité et liberté de l’action publique.

Par exemple, la modernisation d’un hôpital public dans un désert sanitaire mobilisera tous les acteurs de l’attractivité territoriale pour la rendre viable. Pour les personnels concernés, ce contrat engagera l’Etat et l’Agence Régionale de Santé dans un plan financier à 5 ans, avec des financements bonifiés (emprunts, TVA réduite). Les collectivités signataires au contrat apporteront dans la corbeille les moyens et compétences pour accompagner ce qui rend viable un hôpital : l’implantation de personnels médicaux et de leur famille, dans la recherche de logement ou d’un travail, le développement du commerce de proximité, l’accès à des services publics pour les ancrer dans le territoire.

Dans le domaine éducatif, des territoires sinistrés bénéficieront dans le cadre de « l’Autorité territoriale », outre un regroupement de compétences et de ressources des divers échelons (rectorat, politiques de formations voire culturelles portées par les collectivités, associations subventionnées intervenant dans les champs sanitaire et socio culturel, CAF, CCAS, missions locales, police et gendarmerie, etc), de nouvelles latitudes en matière de recrutement, de formation ou sur un plan salarial.

La direction de « l’Autorité territoriale » procède directement aux recrutements en sus des personnels qui lui ont été transféré et engage tous les partenariats avec le secteur privé ou au niveau européen, qu’elle jugera nécessaire

Ce décloisonnement de l’action publique doit irriguer l’ensemble de nos politiques prioritaires, c’est aussi un levier de leur transformation. A l’image de l’Etat, financeur des études (quasi gratuites) en médecine : il pourra conditionner la liberté d’installation des médicaux à un engagement d’au moins trois ans dans ces territoires. Il garantit pour tous les territoires signataires à garantir l’accès à un portefeuille de services publics à moins de 20 minutes.

Toutes les décisions de « l’Autorité territoriale » seront opposables aux acteurs locaux du logement et de l’emploi public, elles auront également vocation à muscler leurs actions : aides à l’installation et à l’équipement, déménagement, mutualisation de ressources avec des entreprises, etc. Les collectivités délégataires de leurs prérogatives à « l’Autorité territoriale » sont adossées à un contrat financier, il intègre l’exclusivité de son action sur les champs délimités contractuellement. La direction de « l’Autorité territoriale » est soumise à l’évaluation et au contrôle, des parties contractantes et du Juge. Les « Autorités territoriales de l’intérêt général » se substituent à un maquis politico-administratif, apportent agilité, rationalisation à l’action de notre Etat.

De l’Intelligence Artificielle : le smart contract santé #Episode 12bis

En discutant avec mon entourage (qui n’est pas forcément dans le digital), je me suis rendue compte que l’approche de ce sujet peut sembler parfois difficile, voir « terrorisant » car les articles semblent inaccessibles pour des novices. En créant ce blog, je souhaite partager mes recherches suite à mes propres questionnements, mais aussi, mes découvertes au travers de présentations d’entreprises innovantes sur l’Intelligence Artificielle.

La semaine dernière, nous avons vu les Smart-Contracts (#Episode12) ou contrat intelligent permettant d’exécuter automatiquement des conditions développées dans la Blockchain sans l’intervention humaine. Au travers de cet épisode 12 Bis nous allons voir un autre cas d’utilisation du Smart-Contract.

L’utilisation de Smart-contracts dans le domaine de la santé

 

Le milieu médical est confronté à des lourdeurs administratives engendrant des erreurs et des pertes de dossiers, malheureusement au détriment du patient. Le personnel, surchargé par cette paperasserie, gagnerait un temps précieux au profit du malade. De plus, toutes ces procédures fastidieuses auprès d’intermédiaires ralentissent le fonctionnement des cliniques ou hôpitaux.

L’utilisation d’une Blockchain ne pourrait-elle pas permettre de résoudre ces différentes problématiques ?

En effet, par un système de Blockchain décentralisé, les praticiens accéderaient à une technologie leur garantissant une sécurité des données personnelles. Une clé privée assurerait à chaque patient une confidentialité de ses data. Indestructible, la Blockchain permettrait de retrouver l’historique de chaque patient même s’il a déménagé. Les transmissions des dossiers se feraient dans le monde entier, à tous moments et à toute heure.

Le principe du carnet de santé tout simplement.

En incluant les Smart-contracts dans ce processus, il y aurait une meilleure transparence entre docteurs et patients.

 

Et fini ce genre de situation…

Médecin : Désolé j’ai perdu votre dossier, pouvez-vous me raconter vos antécédents?

Réponse du patient : Je vais faire un malaise.

Médecin : Avant, pouvez-vous me dire vos allergies ?

Réponse du patient : Ca ne va pas.

Médecin : Ah j’ai retrouvé une information, en effet, c’était très grave, mais pouvez-vous m’expliquer…

Implémenter une Blockchain serait une réelle révolution dans les systèmes de santé provoquant un « chamboulement » mais elle ouvrirait également d’autres portes, par exemple avoir une traçabilité des différents acteurs de la supply chain des médicaments.

 

MEMO

Le Smart-Contract est automatisé selon des règles définies. Une blockchain assure aux utilisateurs une protection de leur data. Un système qui pourrait être une réelle révolution dans le milieu médical en assurant aux patients une meilleure prise en charge et au personnel un allégement de travail.

 

Les collectivités territoriales

Le secteur public local, l’organisation et le fonctionnement des collectivités, les ressources des collectivités (budget local, concours financiers de l’Etat), les principaux défis contemporains des collectivités (tentative de simplification, amenuisement des ressources, évaluation de l’action publique…) : tout ce qui faut savoir sur les territoires par Jean-Marc Pasquet et Jérome Kérambrun, animateurs de Novo Ideo. Edition : Studyrama, Janvier 2019 (128 pages, 15 euros).

# LaNoteVerte13 : « Crise de la ville moyenne : comment en sortir »

Contrairement à sa voisine allemande, la ville moyenne française est en crise. Retour sur les raisons d’un malaise qui nourrit la révolte sociale et pistes pour en sortir.

Une approche « multicritères » permet de mieux rendre compte des forces et des fragilités des villes moyennes et de dégager des pistes de travail pour leur meilleure intégration dans des systèmes territoriaux.

Douze familles à l’heure du dérèglement climatique

Samuel Turpin est journaliste et photographe, ancien collaborateur de l’agence Gamma. Depuis 1998, il vit dans les terrains de conflit et les zones humanitaires d’urgence, où il a développé une sensibilité forte sur les thématiques liées aux migrations, aux ressources naturelles et leur exploitation.  Il collabore également avec la Fondation Hirondelle, une organisation de journalistes basée en Suisse qui crée et soutient les médias en zone de crise.  Il a actuellement pour objectif de développer le projet Humans&Climate Change Stories, qui offre une approche documentaire des effets du changement climatique à travers 12 familles dans le monde qui seront suivies durant les 10 prochaines années. Entretien.

Jean-Marc Pasquet : Pouvez-vous nous raconter la genèse de Humans&Climate Change Stories ? Où en est ce projet ?

Samuel Turpin :  Le projet est né il y a deux ans. Un concept simple : suivre 12 familles dans le monde impactées par le dérèglement climatique, durant 10 ans. Trois personnages dans chaque famille, de génération différente, qui nous conduisent en immersion dans le dilemme d’un quotidien bouleversé. Nous irons les voir tous les trois ans, c’est-à-dire au final trois chapitres par famille.

La production a -elle- débuté il y a une année. Les premiers chapitres de quatre histoires sont déjà réalisés au Mali, Groenland, Pays-Bas et dans les Alpes. Nous sommes en ce moment dans une dynamique de diffusion avec des partenaires médias, en presse et dans une version radiophonique avec la Radio Télévision Suisse, Radio France Intenationale ou la Radio Télévision Belge.

A l’origine du projet, une forte sensibilité à la thématique environnementale et un constat de plus en plus évident que la compétition autour des ressources naturelles -notamment l’eau et les terres arables- sont au centre des conflits potentiels

Je suis convaincu que le dérèglement climatique constitue le défi de demain, et qu’il ne trouvera pas de réponses dans la seule technologie. Les réponses passeront assurément par un changement de comportement, de philosophie, un rapport révisé de l’homme à la biodiversité qui n’a eu cesse d’assoir une position dominante et de maitrise face aux autres espèces.

On a peut-être, en tant que médias et journalistes, l’occasion d’anticiper et de jouer un autre rôle que celui de « porteurs de mauvaises nouvelles.»

Au-delà de l’impact du changement climatique sur leurs conditions de vie, diriez-vous que les familles que vous avez rencontrées sont également impactées par les politiques publiques menées dans les pays ou les localités qu’elles habitent ?

Sans aucun doute. L’un des objectifs du projet est d’ailleurs de mettre en perspective l’interdépendance des facteurs qui créent un effet levier sur le stress environnemental. Facteurs économiques, politiques, sécuritaires, sanitaires… etc.

Prenons l’exemple de l’histoire réalisée au Groenland

La fonte des glaces ouvre aujourd’hui de nouvelles opportunités pour un territoire autonome du Danemark qui recherche un boost économique en vue d’acquérir son indépendance. L’arctique abriterait près de 25% de réserves mondiales de pétrole et de terres rares, et l’ouverture du passage par le Nord-ouest réduirait de 40% le fret maritime entre l’Asie et l’Europe.

« Même s’il faut rester prudent avec ces scénarios -trois compagnies pétrolières ont par exemple abandonné leur licence d’exploration- le potentiel est énorme mais pas sans risques pour une population très connectée avec la nature et qui reste méfiante« , Samuel TURPIN

Niels, le pêcheur qui nous guide dans cette histoire ne s’en cache pas : le dérèglement climatique est pour lui une aubaine car il peut aujourd’hui pêcher 8 mois dans l’année, contre quatre il y a encore 15 ans.

Les autorités poussent fortement le secteur qui fait encore vivre une majorité de la population, et qui représente 80% des exportations. Dans les villages côtiers, les hommes sont pêcheurs et les femmes travaillent à l’usine de pêche locale. En 2016, la compagnie étatique Royal Greenland engrangeait 954 millions d’euros de bénéfices après que les autorités aient levé les quotas malgré les alertes des comités scientifiques. Un risque de surpêche qui serait fatale pour des milliers de familles qui en dépendent entièrement. Un bénéfice à court terme du dérèglement climatique qui pourrait s’avérer fatale…

Humans&Climate Change Stories est un projet diffusé non seulement par des médias mais aussi par des institutions publiques. Quelles institutions se sont intéressées à vous jusqu’à présent ? Que leur apportez-vous ?

Nous sommes partenaires de la Coopération de Développement Suisse (DDC), de l’Organisation Internationale des Migrations (OIM), mais aussi de l’ONG CARE France. Nous partageons notamment avec nos partenaires des expertises qui nous permettent d’être pointus sur nos choix et sur l’identification des familles. C’est évidemment un point clé du projet. L’histoire n’est pas possible si la famille ne s’inscrit pas dans la durée avec le projet, dans un contrat de confiance.

En fait, nous nous rendons compte que le projet est à la croisée des réflexions et des besoins de nombreux acteurs. Les médias voient l’opportunité de diffuser un contenu original, qualitatif, et multimédia. Les organisations internationales, les coopérations, mais aussi les universités qui travaillent sur la thématique, voient dans ces histoires l’opportunité d’illustrer leur travail de fond, mais qui reste peu accessible à un grand public. Humans&Climate Change Stories donne un visage humain aux chiffres, aux « data » et aux discours. C’est vous, c’est moi. Nous nous identifions aux personnages. Nous les suivons dans leurs doutes, dans leurs choix. C’est le pouls de la planète. Et c’est avant tout une aventure humaine.