Jean-Bernard

Jean-Bernard, 59 ans, agriculteur en Vendée

A la veille d’échéances présidentielles et législatives qui s’annoncent historiques, Novo Ideo prend le pouls du pays. A travers sa série des « Chroniques en France », notre think tank part dans tout l’hexagone recueillir les attentes fondamentales de concitoyen/nes. Entre difficultés quotidiennes et ressorts pour l’avenir : qu’espèrent aujourd’hui les Français de leurs politiques publiques ? Quelles sont leurs « doléances », comme on le demande à chaque grande étape de refondation de la Nation ? Novo Ideo a posé quatre questions à des citoyen/nes de toutes conditions. Ce sont eux qui répondent en formulant les changements nécessaires.

  1. Qu’est ce qui est le plus difficile ou pénible dans votre métier ou votre vie aujourd’hui ? (conditions de travail quotidiennes ou conditions de vie…)
  2. Si vous aviez un candidat à la présidentielle en face de vous, et que vous aviez la possibilité de lui demander de réaliser un seul changement, ce serait lequel ?
  3. Si vous aviez également la possibilité de lui demander de ne pas (trop) toucher quelque chose qui a une importance pour vous, pour aujourd’hui ou pour demain, ce serait quoi ?
  4. Enfin, l’élément le plus important que vous prendrez le plus en considération avant d’aller voter ?

MA BIO

Jean-Bernard, 59 ans, La Roche sur Yon

Agriculteur depuis 39 ans

Après un brevet technicien agricole, Jean-Bernard a fait son service militaire puis s’est installé avec ses parents pendant neuf ans. Il a ensuite repris la ferme qu’ils louent avec son épouse, à quelques kilomètres de La Roche sur Yon, préfecture de la Vendée. Depuis 2011, ils font de l’agriculture biologique et, depuis 2013, se sont lancés dans l’activité meunière (culture et vente de sarrasin, millet, épeautre, seigle). Jean-Bernard est père de trois enfants. Un de ses fils est associé et travaille avec le couple, ce qui allège son temps de travail. Ses horaires varient selon le quotidien avec la météo, “sauf durant les périodes de semis et de récolte”. Tout comme ses revenus car avec les avantages, cela lui fait “un peu plus”. Il gère également avec sa femme des chambres d’hôtes depuis des années.

Temps de travail : 46 heures par semaine

Revenu : 1600 euros nets mensuels

« Rapporter un peu d’équité entre les gens »

Jean-Bernard59 ans, agriculteur

Portrait, photo et montage sonore : Christophe-Cecil Garnier

Sur une idée de Jean-Marc Pasquet avec Benjamin Bibas

Océane, 19 ans

Océane, 18 ans, apprentie auxiliaire de puériculture

A la veille d’échéances présidentielles et législatives qui s’annoncent historiques, Novo Ideo prend le pouls du pays. A travers sa série des « Chroniques en France », notre think tank part dans tout l’hexagone recueillir les attentes fondamentales de concitoyen/nes. Entre difficultés quotidiennes et ressorts pour l’avenir : qu’espèrent aujourd’hui les Français de leurs politiques publiques ? Quelles sont leurs « doléances », comme on le demande à chaque grande étape de refondation de la Nation ? Novo Ideo a posé quatre questions à des citoyen/nes de toutes conditions. Ce sont eux qui répondent en formulant les changements nécessaires.

  1. Qu’est ce qui est le plus difficile ou pénible dans votre métier ou votre vie aujourd’hui ? (conditions de travail quotidiennes ou conditions de vie…)
  2. Si vous aviez un candidat à la présidentielle en face de vous, et que vous aviez la possibilité de lui demander de réaliser un seul changement, ce serait lequel ?
  3. Si vous aviez également la possibilité de lui demander de ne pas (trop) toucher quelque chose qui a une importance pour vous, pour aujourd’hui ou pour demain, ce serait quoi ?
  4. Enfin, l’élément le plus important que vous prendrez le plus en considération avant d’aller voter ?

MA BIO

OCEANE, 18 ans

Apprentie auxiliaire de puériculture

Originaire d’une petite ville du Val d’Oise où elle a habité toute sa vie, Océane s’occupe d’enfants en bas âge à Paris en attendant de commencer sa formation d’auxiliaire de puériculture à la rentrée (septembre 2017).
Titulaire d’un CAP Petite enfance obtenu après une seconde générale, elle s’épanouit avec les enfants pour « tout l’amour qu’ils apportent » : « on ne s’ennuie jamais, toutes les journées sont différentes avec eux ». Selon elle, il est socialement important que les enfants puissent disposer de plusieurs cadres de référence adultes, cela leur montre que l’autorité peut se tromper, que les normes peuvent être variables ; cela enrichit leur environnement.
Aînée d’une famille de trois enfants, Océane aime lire, toutes sortes d’auteurs, elle enrichit ses lectures en puisant dans les rayons de la bibliothèque municipale…

Temps de travail : 15 h / semaine

Revenu : 500 euros nets mensuels

Océane, 19 ans

« Transports, durée du travail, âge de la retraite :
être attentif au temps des Français »

Océane18 ans, apprentie auxiliaire de puériculture

Portrait, photo et montage sonore : Benjamin Bibas

Sur une idée de Jean-Marc Pasquet

Rudy, 23 ans, chômeur

Rudy, 23 ans, au chômage

A la veille d’échéances présidentielles et législatives qui s’annoncent historiques, Novo Ideo prend le pouls du pays. A travers sa série des « Chroniques en France », notre think tank part dans tout l’hexagone recueillir les attentes fondamentales de concitoyen/nes. Entre difficultés quotidiennes et ressorts pour l’avenir : qu’espèrent aujourd’hui les Français de leurs politiques publiques ? Quelles sont leurs « doléances », comme on le demande à chaque grande étape de refondation de la Nation ? Novo Ideo a posé quatre questions à des citoyen/nes de toutes conditions. Ce sont eux qui répondent en formulant les changements nécessaires.

  1. Qu’est ce qui est le plus difficile ou pénible dans votre métier ou votre vie aujourd’hui ? (conditions de travail quotidiennes ou conditions de vie…)
  2. Si vous aviez un candidat à la présidentielle en face de vous, et que vous aviez la possibilité de lui demander de réaliser un seul changement, ce serait lequel ?
  3. Si vous aviez également la possibilité de lui demander de ne pas (trop) toucher quelque chose qui a une importance pour vous, pour aujourd’hui ou pour demain, ce serait quoi ?
  4. Enfin, l’élément le plus important que vous prendrez le plus en considération avant d’aller voter ?

MA BIO

RUDY, 23 ans

Au chômage, a quitté les études depuis 3 ans

Rudy fait une première année de BTS comptabilité en alternance chez Axians A2i, un entrepreneur spécialisé dans les télécommunications à Nanterre (92). Il arrête avant la fin en mai car cette orientation, qu’il a choisie sans entrain après des études en STG au lycée, ne lui convient pas du tout. II se rend compte trop tard qu’il aurait pu demander des indemnités de chômage. Il vit depuis chez ses parents mais il compte faire un brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS). Il avait déjà tenté l’année dernière mais n’avait pas réussi à trouver une alternance « car les entreprises du secteur ne recrutent pas ». Cette fois, il s’est accordé avec la mission locale de sa ville du Val-d’Oise pour être embauché s’il obtient son BAFA avant. De quoi s’orienter vers cette solution que l’Éducation Nationale ne lui avait pas trouvée, à l’époque.

Temps de travail : 0 heures

Revenu : 0 euros nets mensuels

Rudy, 23 ans, chômeur« Améliorer le système d’orientation pour les jeunes »

Rudy23 ans, au chômage

Portrait, photo et montage sonore : Christophe-Cecil Garnier

Sur une idée de Jean-Marc Pasquet avec Benjamin Bibas

Miguel, ancien SDF en service civique

A la veille d’échéances présidentielles et législatives qui s’annoncent historiques, Novo Ideo prend le pouls du pays. A travers sa série des « Chroniques en France », notre think tank part dans tout l’hexagone recueillir les attentes fondamentales de concitoyen/nes. Entre difficultés quotidiennes et ressorts pour l’avenir : qu’espèrent aujourd’hui les Français de leurs politiques publiques ? Quelles sont leurs « doléances », comme on le demande à chaque grande étape de refondation de la Nation ? Novo Ideo a posé quatre questions à des citoyen/nes de toutes conditions. Ce sont eux qui répondent en formulant les changements nécessaires.

  1. Qu’est ce qui est le plus difficile ou pénible dans votre métier ou votre vie aujourd’hui ? (conditions de travail quotidiennes ou conditions de vie…)
  2. Si vous aviez un candidat à la présidentielle en face de vous, et que vous aviez la possibilité de lui demander de réaliser un seul changement, ce serait lequel ?
  3. Si vous aviez également la possibilité de lui demander de ne pas (trop) toucher quelque chose qui a une importance pour vous, pour aujourd’hui ou pour demain, ce serait quoi ?
  4. Enfin, l’élément le plus important que vous prendrez le plus en considération avant d’aller voter ?

MA BIO

MIGUEL, 21 ans

Anciennement SDF, démarre un service civique

Miguel est titulaire d’un CAP restauration.

Il commence à travailler pour le Paradis Latin pendant 2 ans et demi, comme serveur, en extras réguliers. Il loge alors chez sa mère. Puis les extras s’espacent de plus en plus et les possibilités d’avoir un accès à un logement s’éloignent.

Il devient ensuite serveur dans des restaurants parisiens et ne compte pas ses heures. Elles ne sont pas toutes payées. Il est contraint de quitter le logement familial sans avoir la possibilité de louer. La « galère » commence : les nuits dehors, dans les parcs, sur les bouches d’aération. Les verbalisations s’accumulent dans les transports. Les nuits sont courtes et les journées longues après le passage obligé aux bains douches.

Puis, la rue et la manche. Il croise alors vers le square Gardette (Paris 11e) un bénévole du Carillon, une association d’insertion qui lui propose un contrat en service civique de 6 mois. De quoi se retaper un peu, un nouveau départ.

Temps de travail : 35 heures

Revenu : 521 euros nets mensuels

« Elargir le socle social, faciliter l’accès au logement »

MiguelEn service civique après une période sans domicile fixe

Portrait & photo : Nathalie Tiennot, montage : Nathalie Tiennot

Sur une idée de Jean-Marc Pasquet avec Benjamin Bibas

Renouer avec les classes populaires

Le peuple n’en finit pas de consommer sa rupture avec ses élites. Il observe de manière distante ses dirigeants. Les effets d’annonce et le commentaire des évènements signent à ses yeux une impuissance inédite. Sans vision ni projet, les élus semblent ne pas comprendre l’essence même de ses besoins. Ils paraphrasent un discours sur les « valeurs », qui résonne faux et hypocrite à ceux qui n’ont ni les réseaux ni le bénéfice des passe-droits.

De l’impératif de sécurité

Quelles sont les attentes négligées à l’origine de ce divorce ?

De celles, les plus immédiates, face à la terreur incarnée par une frange de sa jeunesse qui a décidé de faire la peau à une autre. De ces 130 visages de novembre, si proche et si familiers, si représentatifs de l’incapacité de notre démocratie à assurer l’essentiel. Attentes sociales et économiques, la France représente un paradoxe en Europe. Elle jouit de filets protecteurs denses. Leur complexité alimente le procès à charge de leur inefficience sans dénouer cette peur grandissante du déclassement. Civilisationnelle, tant le succès enregistré sur la COP21 se double d’une attente forte sur les travaux pratiques.

Comment faire ensemble en vivant séparés ?

Le peuple français a envie d’unité et d’intérêt général. Comme dans la pièce à succès de Joël Pommerat sur la révolution « Ça ira – Fin de Louis », il rejette les castes refermées sur elles-mêmes. A l’image d’une frange significative de la représentation nationale qui n’a connu aucune expérience professionnelle en-dehors de la politique. Comment prétendre partager un horizon commun quand trop de parcours sont le fait des origines sociales, des héritages ou d’un ascenseur social en panne ? Notre société s’est progressivement sédimentée par milieux sociaux, par quartiers puis par communautés. Pire, nos représentants ont parfois failli en poussant à ces évolutions par simple clientélisme électoral.

Rendre visible, retrouver le sens commun

 Nous nous sommes installés dans ce séparatisme les uns des autres. Ce faisant, l’idéal de l’après-guerre, de cette période où un pacte s’était noué entre toutes classes sociales qui avaient vécu ensemble le pire, nous a échappé. Novo Ideo fait état dans deux podcasts d’une expérience d’appropriation du quotidien de classes populaires par elles mêmes, au travers du reportage photographique. De ces jeunes du lycée professionnel René Cassin en grande périphérie de Metz qui font le récit de leurs vies, un portrait d’un bout de France marquée par l’abstentionnisme électoral et l’adhésion au « hors système ». En comprenant les tensions qui traversent cette France des marges, Marine Le Pen a construit un outil redoutable de conquête. C’est en prenant en compte à nouveau les attentes fondamentales de ces « invisibles », en les incluant dans un horizon commun, que les progressistes renoueront avec les classes populaires dont ils ne partagent plus le quotidien.

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Durant une année scolaire, la plasticienne Anne Delrez est intervenue régulièrement dans une classe de première professionnelle commerce du lycée René-Cassin, dans un quartier modeste de Metz. Avec le professeur de français, dans le cadre des heures de « projet », elle tente de donner du sens à leurs voyages les plus banals : leur trajet quotidien entre leur domicile et le lycée.

PODCAST

« Raconter la répétition de leur vie, une heure et demie de trajet le matin, une heure et demie tous les soirs »
Anne Derlrez, La Conserverie, galerie associative et Conservatoire national de l’album de famille, a prêté un appareil photo à des lycéens pour qu’ils fixent leur quotidien (1mn44s)

Aller plus loin : lire l’article de La Croix à ce sujet

Entretien : Jean-Marc Pasquet

Montage : Nathalie Tiennot