Comme le développement durable, le concept d’Agenda 21 est dépassé

Lors du 1er sommet de la Terre de l’ONU, qui s’est tenu à Rio en 1992, le concept a été affiné quant à l’objectif et à la méthode :
– l’objectif est de trouver les voies d’un développement qui respecte les équilibres environnementaux, économiques et sociaux
– la méthode s’appuyant sur des pratiques de bonne gouvernance et de démocratie participative.

L’ensemble de ce processus (objectifs + méthode, l’un étant indissociable de l’autre) s’inscrit dans un document prospectif, baptisé « Agenda 21 ».

L’Agenda 21 est donc un document, co-élaboré avec l’ensemble des acteurs du territoire concerné, à partir d’un diagnostic partagé, prospectif sur une période déterminée, visant à inscrire l’action publique, et/ou le partenariat public-privé, dans les principes du développement durable.

Cette démarche est déterminante pour ceux des pays qui connaissent un déséquilibre marqué, en matière économique, sociale, environnementale, ou quant aux modes d’actions publiques, mauvaise gouvernance et/ou déséquilibre démocratique, ou encore qui ignorent les principes de planification territoriale.

Elle l’est moins pour les pays développés, ayant acquis une expérience démocratique, et disposant de documents prospectifs. Dans ce cas, l’Agenda 21 a simplement pour objectif réel d’être un document généraliste visant à inscrire les principes de développement durable dans toutes les politiques existantes ou projetées.

Un Agenda 21 régional ?

Les régions disposent déjà de dispositifs remplissant en tout ou partie ce rôle d’outils de projection à long terme inscrits dans une démarche participative.

– En tout premier lieu le Contrat de Projets Etat-Région, qui détermine les actions à mener sur une période longue. Ce document est issu d’une concertation avec l’ensemble des acteurs. Un comité de suivi est également mis en place. Depuis la LOADT, est annexé au Contrat de Plan la contribution à la réduction de l’effet de serre.
– Un ou des organismes chargés de l’analyse ou de la prospective sont souvent associés aux Conseils Régionaux, à l’exemple de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme (IAU) ou de l’Agence de l’environnement et des énergies nouvelles (ARENE) en Île de France. Ils fournissent, comme à l’ensemble des Collectivités territoriales des Régions, les données nécessaires à une projection à long terme des politiques publiques.
– Enfin, des procédures de participation des habitants à l’élaboration de la politique régionale ont été mis en place dans beaucoup de Régions.

Aussi, l’élaboration d’un Agenda 21 régional, ne peut être déconnectée de la discussion du CPER et doit prendre en compte les acquis des expériences régionales et des outils existants.

Dans tous les cas, la priorité politique doit être donnée à la généralisation des politiques de développement durable dans les dispositifs régionaux.

Les Agendas 21 thématiques ?

Suivant la même vogue des Agendas 21 territoriaux, se sont multipliés les Agendas 21 thématiques : Agenda 21 du sport, Agenda 21 du tourisme? jusqu’aux Agendas 21 de la culture. Nous sommes, dans ce cas, dans un contre-exemple puisque les Agendas 21 sont censés être des documents prospectifs visant à la gestion sur le long terme d’une ressource réputée limitée, ce qui n’est justement pas le cas de la culture, sans doute unique cas d’action publique où les générations à venir auraient à souffrir de la non utilisation maximalisée de la ressource « intelligence / créativité »?

Par ce contre exemple, on voit bien que les Agendas 21 thématiques répondent à des besoins réels de concertation sur un projet prospectif partagé, tout en oubliant trop souvent la finalité première des Agendas 21, la gestion raisonnée d’une ressource limitée.
C’est la raison pour laquelle il convient de remettre en premier plan cette finalité, que l’on peut trouver sous plusieurs dénominations :
? schéma de développement soutenable
? « tourisme soutenable », « sport durable »?
? ou encore utiliser le concept d’Eco-Région (« Une Eco-Région culturelle »)