Crèches : un moteur pour la réussite scolaire

D’après la dernière étude de l’INSEE concernant les niveaux de vie en 2008, un ménage sur 8 se situe en dessous du seuil de pauvreté, et 30% des familles monoparentales sont touchées. Comment penser qu’il n’y a pas d’incidence sur les enfants, et plus particulièrement sur les tout-petits ?

S’ajoutant aux difficultés économiques, les difficultés sociales commencent : les enfants issus de ces familles n’ont pas accès aux lieux d’accueil de la petite enfance. Les crèches sont en général réservées, de part leur règlement, à l’accueil des enfants dont les parents travaillent à plein-temps.
C’est ainsi que des tout-petits se retrouvent à partager l’isolement, voire l’exclusion économique et sociale de leurs parents jusqu’à leur entrée en maternelle, à 3 ans.

Des signaux aux signes, des signes aux mots, des mots aux phrases

Offrir des conditions favorables au développement linguistique des tout-petits est l’une des clés de la réussite scolaire. Et si tout ne se joue pas avant 3 ans, c’est dans cette période que les habitudes de communication sont prises et que se construit la signification de l’acte de parole et de compréhension.

Le tout-petit s’appuie sur son entourage pour faire son apprentissage de la langue. Et la crèche peut être cet espace qui offre des conditions favorables au développement linguistique de l’enfant, compensant ainsi les difficultés des familles.

Il est alors essentiel que le taux d’encadrement des enfants en crèche permette aux adultes de porter une attention à ce que dit l’enfant. Des mots nouveaux lui seront offerts régulièrement. Par ailleurs, confrontés à des enfants qui ont d’autres références culturelles et sociales, le tout-petit sera poussé à élargir ses compétences linguistiques pour communiquer avec.

Ainsi, la crèche permet de réduire les inégalités linguistiques et sociales qui mettent en danger le futur parcours scolaire. Un enfant dont le langage et la parole se sont mal développés, aura des difficultés d’apprentissage de la langue écrite et aura toutes les chances d’être confronté à l’échec scolaire.

La maternelle peut parfois servir de rattrapage aux déficits linguistiques. Mais tant il est vrai que c’est en parlant qu’on apprend à parler, force est de constater que dans une classe de 25 enfants, il est difficile pour l’enseignant-e d’offrir une présence attentive et bienveillante à la parole de chaque enfant.