CSNE : un projet qui n’a pas de prix mais un coût

Alors si ce canal est la chronique d’un désastre annoncé, pourquoi se lancer dans cette aventure ruineuse ? Parce que les élus et les candidats aux élections aiment les « grands projets » qui semblent apporter des réponses simples mais qui sont en réalité des miroirs aux alouettes. Investir pour développer des LGV ([Lignes ferroviaires à grande vitesse)] sur tout le territoire, construire de nouveaux aéroports, construire des tours géantes, inaugurer un Canal géant? c’est la France des ingénieurs des années Pompidou.

C’est la pédagogie de la maquette, de l’image 3D et des concepts pour faire croire qu’on fait quelque chose de structurant quand on emmène le pays sur la voie d’investissements inefficaces. Cette vision du développement, c’est celle du Concorde, du Rafale et de l’EPR. Cocorico !


Nous marchons sur la tête.

Ce ne sont pas ces investissements dont le pays a besoin aujourd’hui pour engager un nouveau cycle de développement, réellement soutenable et relocalisé. Prenons un seul exemple : investir massivement dans la rénovation de l’habitat ancien, voilà un véritable enjeu de formation, de création d’emplois, de fiscalité, pour répondre aux enjeux énergétiques et climatiques d’aujourd’hui. Où passent donc les milliards nécessaires à ces politiques urgentes de densification écologique et économique des territoires ?

Il n’est pas trop tard pour revenir sur une mauvaise idée. Il vaut mieux se creuser la tête avant de creuser le canal. Il y a déjà eu trop d’argent public dépensé pour ce projet pharaonique. Arrêtons les frais.