De la sexualité à l’égalité

Un long parcours semé d’embuches et parfois de régressions, mais acté par des lois et des politiques publiques en faveur des femmes.

Lorsqu’en 1935, les premières consultations de contrôle des naissances ouvrent avec distribution de diaphragmes et spermicides importés d’Angleterre, il s’agissait d’éviter les grossesses non désirées.
Aujourd’hui, des régions, comme l’Ile de France ou le Poitou-Charentes ont mis en place des « pass- contraceptions » pour permettre aux lycéen-ne-s de 17 ans d’accéder à une contraception libre, gratuite et anonyme. L’objectif officiel est la diminution du nombre d’avortements chez les mineures. Mais l’accès à la contraception, peut-il être dissocié de l’éducation à la sexualité ?

Droit à la contraception et éducation à la sexualité

Si l’éducation à la sexualité a longtemps été considérée comme le domaine réservé de la famille, elle fait partie des programmes scolaires depuis 1973. D’abord intégrée au cours de biologie sur la procréation, il s’agit aujourd’hui pour les établissements scolaires d’offrir 3 séances par an d’éducation et d’information à la sexualité. Pour autant, le sujet restant tabou dans notre société, peu d’établissements scolaires se conforment aux programmes. Et la sexualité continue à être présentée principalement sous des aspects négatifs et ses risques, mettant de côté la construction de soi et le plaisir.

De l’éducation à la sexualité à l’éducation à l’égalité

La ministre des droits des femmes l’a affirmé dès son entrée en fonction : la circulaire du 17 février 2003 relative à l’éducation à la sexualité dans les écoles, collèges et les lycées sera actualisée pour être mise en ?uvre de manière effective. Il s’agit donc pour le gouvernement de mettre en place une politique volontariste, qui permette de traiter non seulement les questions d’ordre biologique mais aussi des dimensions psychologiques sociales, culturelles et éthiques de la sexualité.
Lors de son discours d’ouverture de la soirée réservée au 8 mars 2013 ([Palais des Congrès , « le 8 mars c’est toute l’année »,)] le président de la République a souligné le lien entre démocratie et égalité, ainsi que l’importance de l’éducation pour combattre les inégalités entre les femmes et les hommes. Il a rappelé que ce combat se conjugue aujourd’hui avec l’expérimentation en grande section maternelle d’un programme antisexiste sur les différences de genre entre les individus. Un programme qui devrait être élargi à tout le territoire français l’an prochain.

Mais une politique des petits pas sera-t-elle suffisante, face à un si grand défi ?