Décodons les Décodeurs : Oxfam et les dividendes

Ces dernières années, les Décodeurs du Monde nous avaient alertés sur les questions de méthodologie des rapports d’Oxfam, organisation habituée aux affirmations chocs.

Cette année, au contraire, les Décodeurs s’appuient la sortie d’un rapport d’Oxfam pour ajouter de la confusion à la confusion.

Pourquoi ce n’est pas vrai

A l’appui de ces affirmations, les Décodeurs ont examiné les comptes des 1 200 plus grandes entreprises du monde. Or on compte, par exemple, plus de 5 000 entreprises de plus de 250 salariés rien qu’en France, et 3,4 millions d’entreprises au total.

Il est erroné d’affirmer que les dividendes ont augmenté de 30 % dans le monde à partir d’un échantillon si peu représentatif.

Par ailleurs, les Etats-Unis, sont un Etat et un pays. Ils ne distribuent pas de dividendes. Les Décodeurs parlent en fait des entreprises cotées aux Etats-Unis parmi les 1200 plus grandes du monde. Qu’elles représentent 40 % d’une grandeur fixée arbitrairement n’a que peu de signification.

Enfin, entre 2011 et 2017, il y a six années, et pas sept (il faut compter les intervalles, pas les piquets).

C’est plus compliqué

L’investissement en France, cinquième championne mondiale de la spoliation par les actionnaires selon les Décodeurs, se porte, paraît-il, plutôt bien.

Il semblerait que la santé économique d’un pays repose sur des ressorts un peu plus complexes que le partage de 1200 gâteaux… sans quoi la Hongrie, le Maroc et la Pologne (où, d’après le graphique, on ne distribue pas de dividendes du tout), seraient des paradis de l’investissement et de l’intéressement des salariés.

Pourquoi cela ne veut rien dire

On ne peut pas toujours tirer de leçon pertinente d’un échantillon non représentatif (pas ici en tout cas) : par exemple, on ne peut pas dire que les Chinois sont plus riches que les Français car les milliardaires Chinois sont les plus nombreux. De même, additionner les milliards des milliardaires et en faire des pourcentages n’aura pas plus de sens.

Venons-en aux faits

Il faut toujours rester critique, même vis-à-vis de ceux qui prétendent être les parangons de la rigueur intellectuelle.