Développement durable et dialogue social (1)

Agir avec les partenaires

Comme dans beaucoup de domaines (insertion, protection sociale), la CFDT a fait le choix de l’ouverture aux autres parties prenantes, le choix de l’écoute, de la confrontation des arguments pour mieux comprendre les points de blocages et préparer les réponses les plus pertinentes à des questions de plus en plus complexes.

Cette démarche a été consolidée et confortée par le processus du Grenelle de l’environnement qui a vu cinq collèges très différents travailler d’arrache-pied pendant quatre mois pour faire émerger des dizaines de propositions quasi consensuelles.


Maintenant, c’est l’épreuve de vérité.

Il s’agit de passer aux travaux pratiques ; et si des accords nationaux ont pu voir le jour, sur le terrain, les incompréhensions perdurent et les désaccords sont quelquefois profonds (projets d’autoroute, de LGV, essai OGM?).

Une première clarification : la CFDT cède-t-elle à un effet de mode ?

Va-t-elle virer à l’éco-syndicalisme ? Rien de tout cela ! Les valeurs et l’histoire de la CFDT montrent avec cohérence et constance que le développement durable était dans les gènes de notre Confédération : les interrogations sur notre mode de production et de consommation, sur « les dégâts du progrès » datent de plusieurs dizaines d’années.

Et aujourd’hui, les inégalités, les injustices et la misère n’ont guère reculé. Dans les huit grandes rubriques des Objectifs du Millénaire pour le Développement (la santé, l’accès à l’eau, à l’énergie, au logement, ?), l’ONU peine à trouver des évolutions positives significatives ; et il y a même quelquefois des reculs, notamment dans l’aide publique au développement.

Le syndicalisme ne peut ignorer ces situations ; poursuivre une croissance qui produit autant de dégâts humains et environnementaux est impossible : les ressources naturelles, le climat ou la biodiversité naturelle n’y résisteraient pas !

Mais comment dire à la Chine, à l’Inde ou au Brésil : « ne faites pas les mêmes bêtises que nous, pays industrialisés ! » Peut-on interdire à l’Afrique de se développer, à la Chine d’utiliser son charbon ?

Respecter l’Homme ET l’environnement

La voie étroite, la seule voie entre une croissance suicidaire et une décroissance inhumaine, c’est le développement durable, un développement plus qualitatif, économe en ressources et en énergie, un développement respectant l’homme et l’environnement.

C’est donc une approche sociale et syndicale que la CFDT met en avant dans sa préoccupation d’un nouveau mode de développement. La CFDT, avec le syndicalisme européen et international, veut pour les salariés, des conditions d’emploi et de travail décentes, elle veut aussi pour tous les peuples des conditions de vie correctes et enfin, elle veut pour les générations futures, une planète toujours vivable (climat, pollutions, dettes, conflits potentiels?).