Drogues : Portugal en rémission, France en pleine descente

– Wanna weed, coke, MD… ?

A Intendente, en remontant la rua dos Anjos vers le cœur de la Mouraria, des prostituées africaines habillées court dissimulent leur pipe de haschich. De quoi ne pas être à portée de vue du couple de policiers en faction, tout proche. L’odeur mêlée à celle du tabac se fond aux senteurs épicées des petits restaurants de ce quartier métissé. En descendant, bercé par les effluves, on trouve de tout, à deux pas du métro Rossio. Et parfois même de l’aspirine. Encore un peu plus loin, en s’enfonçant dans le Lisbonne touristique, des vendeurs à la sauvette de substances présentées comme illicites. Ils se mélangent aux touristes, en quête de souvenirs. Ils les hèlent au grand jour. Certains sont interloqués. Puis, le quartier de la soif du Bairro Alto. Le Magic Mushroom, aujourd’hui fermé. C’était une sorte de supérette de la simili dope. Substituts et autres substances hallucinogènes étaient commercialisés dans de sémillants emballages. Sur les pochettes, le détail des effets attendus de la marchandise. Une vendeuse était toujours disponible pour diriger le client en fonction des attentes. Et puis, la demande s’est tassée. Avant que ce pas-de-porte ne change d’enseigne pour vendre aujourd’hui des confiseries. Il a gardé le souvenir ancien et présente en un clin d’oeil ses fraises Tagada comme de puissants euphorisants. A rebours d’une tendance française. Le Portugal a décriminalisé l’usage des drogues et enregistre des résultats à faire frémir tout candidat hexagonal à la présidentielle.

Notre note et nos 6 propositions pour une « politique efficace des drogues »