Elections départementales : post-scriptum

Pour nombre de citoyens et singulièrement pour les jeunes. Un déplacement de valeurs s’est opéré sur une génération qui questionne la construction même d’un projet collectif. Le basculement de la Lozère à gauche avec son gain de population de 10 000 habitants issus des zones métropolitaines « bobos » révèle à quel point le progressisme est ancré dans les classes bourgeoises qui vivent d’autant mieux avec le « marché », le « métissage », qu’elles peuvent s’en affranchir au gré de la carte scolaire, de leurs carnets d’adresses, de leurs réseaux.

La France des périphéries, celle qui vit de plus en plus loin des villes mondialisées, celle des « perdants », du « white trash », des ouvriers et des employés, des précaires, des fins de mois difficiles, elle n’adhère pas. Et cela fait du monde. Elle n’a pas seulement peur. Elle porte en elle d’autres valeurs qui touchent à l’identité culturelle, à la notion de marge de manœuvre dans un temps où « d’autres politiques possibles » ont tant de mal à se définir ou se perdent dans les postures.

LA FAUTE AU GOUVERNEMENT ?

Le mal est bien plus profond et les choses ne sont pas aussi simples. La technostructure issue des beaux quartiers irrigue la pensée commune, celle des ministères. Elle peine à définir ce que serait la « bonne vie » pour les gens qui rament, qui investissent à perpétuité dans l’éducation des gosses sans jamais voir la fin du tunnel. Les lieux de mélange disparaissent, nous sommes tous des acteurs du séparatisme social dont nous pensons diluer la culpabilité qu’il génère dans un discours « solidaire » qui apparaît bien souvent éthéré.

Ces photos des affiches du FN que nous avons plaisanté sur les réseaux sociaux, ce sont autant d’images du « petit peuple » auquel notre « mépris de classe » renvoie. Cette France là s’organise et la gauche, les écologistes semblent cruellement désarmés par rapport à cela.