Gouverner localement la sécurité (2e partie)

ELUS LOCAUX STRATEGES

Des élus locaux et la justice occuperaient une place stratégique, aux côté des chefs de service de police et de gendarmerie. Pour ce faire, le corps préfectoral ne doit plus être rattaché au ministère de l’Intérieur mais au Premier ministre, stoppant ainsi la confusion actuelle. L’action des forces de police et de gendarmerie est aujourd’hui brouillée, trop centralisée, dépendante non pas d’une analyse d’une situation strictement locale, mais des priorités médiatiques du moment, bien souvent contradictoires. Il est pourtant indispensable de pouvoir d’adapter des priorités en fonction d’une situation particulière, conformément à des doctrines contraire engagées vers plus de contacts avec les habitants. La mise en place progressive d’une police territorialisée comparable aux autres pays européens, est nécessaire, en prenant acte des échecs qui sont nés de la mise en place centralisée et précipitée de la police de proximité.

NOUVELLE PARTITION DES COMPETENCES

Si les liens entre polices judiciaires et parquet doivent être renforcés, s’il apparaît nécessaire que les forces mobiles assurant le maintien de l’ordre restent sous l’autorité de l’État, les élus locaux ne peuvent plus être totalement exclus d’une police dite du quotidien. Si les élus locaux participent dors et déjà à de nombreuses instances partenariales, elles restent trop limitées et bien souvent inefficaces. Faisant suite à un diagnostic de la délinquance locale, les stratégies territoriales constituent un outil de planification particulièrement pertinent pour les écologistes, en replaçant la sécurité dans une stratégie d’ensemble, dans le cadre d’un projet de territoire, conçu avec et pour ses habitants.

La gouvernance locale n’entre pas entre contradiction avec la très récente « tradition » républicaine de l’Etat garant de la Sécurité sur le territoire national. Il importe que le « monopole de la coercition légitime » reste du domaine étatique. L’Etat se doit de garantir une répartition des moyens adaptées en fonction de zones prioritaires de sécurité. L’usage de la force et la dotation des armes à feu doivent uniquement bénéficier aux forces étatiques, dument formées, encadrées et contrôlées. Polices municipales et forces de sécurité privée ne doivent ainsi pas être dotées d’armes à feu, de pistolet à impulsion électrique ou de flashball, mais de dotations individuelles de protection adaptées. Ce désarmement nécessite que leurs missions soit adaptées en conséquence.