La Défense au service de l’environnement ?

La défense au service de l’environnement est une tribune publiée le 13 juillet 2015 par Novo Ideo dans le quotidien La Tribune.

Le Monde est en guerre ! Depuis la publication du Rapport Brundtland, il y a presque 30 ans, la communauté internationale livre un combat pour que le développement durable, donc le respect de l’environnement, s’impose dans toutes les industries et les secteurs économiques.

Alors que la France va accueillir la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) à Paris en fin d’année, l’un des principaux acteurs mondial de la pollution risque de ne pas être inclus dans une démarche qui doit l’inclure au premier chef : l’armée.

D’un premier abord, il peut apparaître assez surréaliste de vouloir « rendre les armées plus verte ». Il est vrai que l’image du soldat défendant l’environnement est loin d’être familière. Au contraire, elle rime plus avec la destruction, au regard des traces que les multiples conflits des siècles passés, mais encore plus, de ces dernières décennies a pu laisser sur des territoires entiers entre la présence de munitions non explosées, ou leur extrême pollution au plomb, au mercure et au défoliant chimique. Malheureusement, l’environnement est aussi atteint en période de paix, à travers les nombreuses manœuvres militaires réalisées, que cela soit de la simple pollution produite par les véhicules (pensez à la consommation d’un char, d’un Rafale), à l’endommagement de sites, comme aux essais d’armes conventionnelles ou nucléaires dont les conséquences environnementales et sanitaires commencent à peine à être admises et traitées.

Il ne serait pas honnête de dire que la plupart des armées à travers le monde, n’ont pas pris conscience de leur empreinte carbone et de l’impact que leurs opérations militaires peuvent avoir sur le climat et l’environnement. Si nous prenons le cas du Ministère de la défense, cela s’est traduit par un Brienne de l’environnement (juillet 2008), puis par la publication d’un rapport Développement durable, trop vite oubliée.

Malheureusement, les actions réalisées de l’implantation de panneaux solaires, au classement « Natura 2000 » de certains sites, furent bien faibles au regard de la réalité des enjeux. Accordons que désormais des efforts sont de plus en plus réalisés par les industriels de ce secteur pour tenter de réduire la consommation des carburants, ou faciliter le démantèlement, des navires contenant des matières très polluantes ; des mesures qui répondent à des normes RSE.

Il est désormais temps, que le ministère de la Défense s’implique directement en impulsant une nouvelle politique pour prévenir la destruction de notre environnement, ce qui nous assurera aussi une meilleure sécurité. Les conflits en Afrique, qui pousse des milliers de personnes à fuir, comme d’un grand nombre d’Etats du Moyen Orient ou d’Asie, ont en effet comme base le manque de ressources en eau, la sècheresse et le pillage des matières premières. La protection de l’environnement doit être un nouveau pilier des missions de la défense, et doit devenir une réalité lors de ses interventions extérieures. D’autre part, une politique de gestion du coût des sites en amont de toute implantation militaire doit être mise en place, induisant une politique de reconversion (tant environnementale, qu’économique) des sites. Cette réflexion permettra enfin de connaître la réalité du coût d’un programme militaire, de sa création à sa fin de vie, comme tout produit civil ; et par conséquent induire une plus forte réflexion parlementaire. Le gouffre économique des atolls polynésiens actuellement en dépollution suite au programme nucléaire militaire, en est un bon exemple.

 La France s’est posée comme défi de réussir cette COP 21 ; exclure les « militaires » qui sont un des premier pollueurs de la planète et qui doivent en être désormais les protecteurs seraient un non sens.

Il n’est pas trop tard pour mettre en place une réunion qui comptera non seulement les plus hautes autorités de défense, mais aussi des industriels et des parlementaires qui pourront par la suite travailler avec leur collègue à travers le monde sur la promotion de ce nouveau pilier. L’objectif sera de partager la vision de la problématique environnementale sous l’angle Défense et des moyens à mettre en œuvre et à partager pour sauver notre planète, avec ses militaires.