La lecture de Nicolas Hulot

L’écologie n’est pas conjoncturelle dans un fragment de l’histoire. Elle est le déterminant majeur du chemin de l’humanité, hier, aujourd’hui et demain. Faut -il une fois encore rappeler que le facteur écologique conditionne tous les enjeux de solidarité ?. Quel système économique, quelle démocratie, quel acquis social résistera à la combinaison de la pénurie des ressources naturelles et des matières premières avec l’emballement des équilibres climatiques ? Aucun modèle n’y fera face pacifiquement. Dans l’abondance et l’opulence, l’Homme cultive déjà une propension au conflit alors quand la rareté devient le lot commun, inutile d’être un Cassandre pour deviner que l’horizon pourrait tragiquement s’assombrir. D’autant que ces menaces viennent charger le fardeau déjà très lourd de nos sociétés.

Inutile de forcer le trait et j’ajouterai inutile aussi d’essayer de perdre son énergie à convaincre le dernier carré des négateurs, prisonniers de leurs obsessions. Le sommet de Copenhague a eu au moins une vertu, c’est qu’aucun Etat n’est venu contester le diagnostic. Ni la Chine, ni les Etats-Unis n’ont mis en doute les conclusions du GIEC ; dont acte !

L’heure de la créativité écologique a sonné.

A nous de nous efforcer dorénavant de convaincre que cette contrainte majeure est paradoxalement une extraordinaire occasion pour redéfinir collectivement les fins. Montrons qu’il y a une voie qualitativement supérieure à ouvrir et que dans cette optique la contrainte écologique n’est pas l’ennemi de l’inventivité ; au contraire elle en est même la condition. A la seule réserve de hiérarchiser les priorités et d’orienter massivement les investissements économiques, scientifiques, politiques et intellectuels pour les résoudre.

C’est bien dans cet état d’esprit que s’inscrit le livre de Denis Baupin.

Fort d’une immense expérience politique et connaissance de terrain, avec une somme considérable de propositions, Denis Baupin fait la démonstration, si besoin était, que les écologistes peuvent aussi esquisser le monde de demain, celui qui combinera les enjeux sociaux, économiques et écologiques. Plus encore il propose très concrètement des éléments pour construire vite la période de transition qui peut nous y mener. Depuis longtemps les écologistes comme l’on dit, « sont aux affaires » dans les régions, les collectivités locales et aux niveaux européens. Ils font au quotidien preuve de responsabilité, de bon sens, de rationalité mais surtout justement de créativité. Ils sont les modérateurs indispensables au petit dénominateur commun de toutes nos crises et défaillances : l’excès.

Qui oserait dire encore que la préoccupation écologique est un archaïsme qui s’oppose au progrès ? La seule modernité c’est celle qui justement inscrit le progrès dans la durée et qui ne confond pas celui- çi avec une simple prouesse ou performance technologique.

Merci à Denis Baupin à défaut de prévoir l’avenir, de participer ici à l’inventer.