L’emprunt groupé des collectivités fait ses premiers pas

DES INVESTISSEURS SUIVENT SANS NOTATION FINANCIERE

L’emprunt groupé de 44 collectivités locales est finalement sorti le vendredi 19 octobre 2012, à hauteur de 610 Millions d’euros. Trente et un comptes ont été ouverts. Les investisseurs qui ont répondu présents sont très diversifiés : ce sont des investisseurs institutionnels allemands, suisses, italiens, on y trouve même un asiatique. Le taux de sortie de l’emprunt est de 4,30% sur du 10 ans in fine. Il convient de noter que l’offre de la Caisse des dépôts et consignation est un peu plus chère, à 3,95 % sur du 15 ans in fine, équivalent à 7,5 ans de duration in fine.

Malgré de vifs doutes sur sa sortie, l’émission a pu avoir lieu. Deux raisons à cela. D’abord, certains gros investisseurs ont été attirés par la taille critique du montant des besoins de financement exprimés par les collectivités et ont pu effectuer l’analyse du risque en interne. Mais c’est surtout un effet moutonnier qui a joué en faveur des collectivités : lorsque l’opération est apparue sur les écrans et que les gros investisseurs ont commencé à souscrire, d’autres investisseurs ont suivi, attirés par un placement liquide et à rendement élevé.

Le montant souscrit de 610M d’euros, le fait que 44 collectivités y aient participé, et le caractère non noté de l’opération font de cette émission un relatif succès, dont il est légitimement possible de se réjouir. Néanmoins, il ne faut pas oublier qu’au départ, 70 collectivités étaient censées participer, pour un besoin de financement affiché de 1,15Mds d’euros. Les balbutiements dans le lancement de l’emprunt, l’abandon de la notation par Moody’s et le refus de notation par S&P, l’hétérogénéité des collectivités et l’absence de solidarité entre elles, ainsi que la complexité de l’opération, sont autant de facteurs qui, s’ils n’ont pas conduit à l’échec de ce projet, en ont fait un deal non serein, que les banques partenaires ([HSBC, Natixis et la CaCib)] ne sont pas prêtes à renouveler à l’avenir.

Aussi, le projet d’Agence de financement des collectivités territoriales semble plus essentiel que jamais pour assurer un mode de financement pérenne des collectivités. Reste maintenant à savoir dans quelle mesure cette opération pourra peser dans les négociations avec Bercy pour sa concrétisation.