« Liquidation totale » : les Régions face aux licenciements

Diffusé à l’initiative des sénateurs Verts Blandin et Dessessard, en présence de Jack Ralite et d’une bonne trentaine d’ancien-NE-s salarié-e-s dont une grande majorité de femmes, ouvrières licenciées au terme d’une mise en faillite frauduleuse par un groupe leader de la bagagerie.



Liquidation totale, c’est l’histoire de la lutte conduite autour du site de Samsonite, situé à Hénin-beaumont dans le Pas-de-Calais, où ont été fabriquées des valises pendant plus de 20 ans. L’usine est fermée sur décision de sa direction américaine qui organise une reprise fictive par un soi-disant entrepreneur de panneaux solaires([ Cette reprise a été jugée frauduleuse par les Tribunaux, son auteur a été condamné à un an de prison ferme)].

18 mois plus tard : pas un panneau n’est sorti de la fabrique dont la fausse reconversion est organisée pour que le groupe échappe à ses responsabilités sociales. Il était en effet bien plus avantageux pour lui de financer une pseudo reconversion à quelques millions d’? plutôt que de s’engager dans un vrai Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) d’un coût supérieur à 120 M? ([ dans le cas d’un site de près de 250 salariés, ce genre de provisionnement de telles sommes est courant)].

Liquidation totale
, c’est l’histoire de ces femmes, emmenées par Renée, leur battante déléguée du personnel, assistées de leur avocat dans une lutte de David contre Goliath. Et c’est David qui gagne une première bataille : celle de l’indemnisation des ouvrières du site, en attendant d’attaquer le groupe sur un plan international.

Dans ce type d’affaire; ces groupes internationaux fuient les contentieux liés au Droit du travail, question de visibilité oblige ».

« Que sont les ouvrières devenues ?»

Quelques mois après la première bataille gagnée des indemnisations, « c’est toujours la galère pour plus d’une centaine de salarié-e-s » dont on est sans nouvelles pour nombre d’entre eux.

Les Régions ont vocation à coordonner l’action économique des collectivités. Le rapport de la Cour des Comptes de novembre 2007 pointe l’insuffisance d’évaluation dans ce domaine, des subventions ou aides distribuées sans autre ambition que de répondre parfois au chantage à l’emploi. Le cloisonnement avec les politiques de formation pour les reconversions, la dispersion des dispositifs sont également soulignés.

Trop souvent, les cellules de reconversion n’ont pas d’objectifs de résultats et sont payées « à l’inscription des personnels à reconvertir », sans plus d’exigence.

Abandonnés à leur sort, une fois les caméras des médias éteintes, les salariés tombent alors dans une solitude qui se termine au bout de deux ans?par une « fin de droits ». Fin de vie.

nb :l’essentiel des licenciements ont lieu hors plans sociaux, soit environ 250 000 par an hors année « exceptionnelle » telle que 2009.

Liquidation totale
_ Durée : 52 minutes
_ Documentaire réalisé par Hélène Desplanques, produit par Mécano Productions, France 3 et RTBF. Disponible en DVD.
_ Ce billet est issu du blog de Jean-Marc Pasquet, candidat Europe Ecologie à Paris.