L’équilibre précaire des aéroports régionaux

DES AÉROPORTS SOUS PERFUSION

Les douze grands aéroports régionaux sont pour la plupart tout juste en équilibre financier alors que le nombre de passagers accueillis devrait leur permettre de dégager des profits. (?) les investissements (hors sécurité-sûreté) des grands aéroports régionaux donnent lieu dans tous les cas (à l’exception de Nice et de Bordeaux) à des subventions des collectivités territoriales. (?) Dans la quasi-totalité des cas, ces plates-formes au faible trafic ne dégagent pas un autofinancement positif en l’absence de subventions d’exploitation. La capacité d’endettement est très faible et les investissements sont très fréquemment financés prioritairement pas les subventions des collectivités territoriales.

Ces subventions dépassent dans plusieurs cas un montant de cent euros par passager et atteignent parfois des montants très élevés. Sauf en cas de profil de trafic atypique, ce constat conduit à s’interroger sur le maintien en activité de certaines plates-formes. (?)

UN DEVELOPPEMENT NON COORDONNE

La carte des aéroports français est le produit de l’histoire et d’initiatives dispersées plus que d’une politique affirmée. Il n’y a pas de « réseau » au sens d’organisation structurée répartissant la demande de transport aérien, celle-ci ne correspondant pas à l’organisation du transport aérien ni à la gestion de ses flux.

La décentralisation fait désormais reposer la responsabilité principale de la
rationalisation des infrastructures sur les collectivités territoriales. Leurs interventions multiformes ne procèdent pas pour l’heure d’une démarche coordonnée. Au surplus, le risque de requalification en « aides d’Etat » de certaines subventions doit inciter à plus de rigueur. Plus globalement, la définition d’une stratégie de gestion de la part des collectivités territoriales, nouvelles propriétaires de ces plates-formes, est désormais nécessaire.

Notre-Dame des Landes

Concernant l’aeroport de Nantes, la Cour soulignait que « les délais de prise en compte des dossiers d’insonorisation se sont allongés. » C’était en Juillet 2008.

Le fonds patrimonial de la nation en commun

Quel rôle pour la culture dans la réflexion actuelle et dans le grand débat national ? Y a–t-il encore une place pour la décentralisation culturelle, alors que tant de moyens sont à disposition des métropoles, villes moyennes et EPCI (intercommunalités), principaux gestionnaires des équipements culturels de proximité (médiathèques, musées, théâtre, festivals, etc.) ? La seule augmentation des moyens serait-elle pertinente ? Notre seconde contribution au Grand Débat National.

La réponse est pour nous plus complexe, sans surprise, car par-delà la décentralisation faciale de la culture, avec ses établissements localisés et ses politiques propres, il reste à un niveau supérieur plusieurs champs trop peu explorés dans ce domaine, de la formation même des élites culturelles à la mise en commun du noyau patrimonial de la nation. On peut en passer par un échec emblématique pour penser ces enjeux.

 Après le projet Louvre-Lens, qui illustrait bien les politiques de valorisation des territoires par une institution culturelle de niveau national, un nouveau « projet  Louvre » emblématique était en train d’émerger.  La communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise (CACP) préparait en effet en effet au début des années 2010 la  venue prochaine  du  Centre  national  de  conservation,  de  restauration  et  de  recherche  du  patrimoine (CNC2RP) lancé par le Louvre et le Ministère de la Culture. Cela faisait suite à une mise en concurrence remportée par la CACP pour l’accueil des réserves de 7 grands musées nationaux à l’horizon 2014 sur le site de Neuville-sur-Oise.

Sur un territoire qui profitait déjà, avec l’Axe majeur dessiné par Dani Karavan, d’une des réalisations les plus significatives en matière de Land Art dans le paysage français, ce projet préfigurait une nouvelle configuration pour la politique culturelle communautaire mais aussi pour la politique culturelle tout court.

Le CNC2RP devait être un établissement polyvalent destiné à abriter les œuvres actuellement entreposées dans  les  réserves  de  plusieurs  musées  situées  le  long  de  la  Seine  et  soumises  au  risque d’inondation,  dont  Le  Louvre, le musée  d’Orsay,  le musée  des Arts  Décoratifs,  l’Orangerie, le musée  du  quai  Branly,  le  musée  Picasso,  les  Beaux-Arts,  le  Centre  Pompidou,  le  Mobilier National et le Fonds d’Art Contemporain.

Outre les réserves, le projet aurait regroupé les laboratoires,  le  C2RMF  (centre  de  recherche  et  de  restauration  des  musées  de  France),  le LRMH  (laboratoire  de  recherche  des  monuments  historiques)  et  des services spécialisés  dans  la conservation  et  la  restauration  des  biens  culturels – ateliers de  restauration et établissements de formation des restaurateurs. Ce volet n’avait pas été conçu sans contestation du côté des chercheurs et des conservateurs.

Le Ministère de la Culture avait souhaité que le CNC2RP soit ouvert sur son environnement et accessible au public spécialisé (chercheurs, étudiants, commissaires des expositions) et au grand public grâce à un centre de médiation/valorisation.

Il  aurait été  construit  sous  maîtrise  d’ouvrage  d’Etat,  avec  l’appui  opérationnel  du  Louvre,  dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP). Néanmoins, par sa taille et sa complexité, ce projet aurait compris plusieurs sous-projets qui aurait fait appel à l’implication de la CACP. Le  pôle  de  médiation,  dont  la  maîtrise  d’ouvrage  aurait été  assurée  par  les  collectivités  territoriales, aurait ainsi inclus un centre de convention et un lieu d’exposition pour la mise en valeur des métiers de la conservation  et  de  la  restauration  des  œuvres,  en  prenant  appui  notamment  sur  les  techniques numériques.  Le coût estimatif en étaiut de 30 M€, dont 10 M€ auraient été apportés par la Région et 10 M€ par le Département du Val d’Oise.

De  nombreuses  collaborations  entre  les  laboratoires  du  C2RMF,  du  LRMH, du  CRCC,  ceux  de l’Université  de  Cergy-Pontoise et  les  écoles  d’ingénieurs  et  l’ESSEC,  auraient pu être créées  dans trois  domaines majeurs : le pôle matériaux, le pôle numérique et le « management culturel » avec la création d’une chaire par l’ESSEC. Les laboratoires de Cergy-Pontoise offraient un potentiel de recherche et de formation à partir desquels le projet de recherche scientifique du CNC2RP devrait s’élaborer. Le site aurait pu également accueillir les formations à la restauration de l’Institut national du patrimoine. Ces implantations se seraient fait alors sur la base d’un projet universitaire en lien avec les formations de l’Université de Cergy-Pontoise et avec le potentiel offert par le CNC2RP (œuvres, ateliers de restauration, laboratoires de recherche).

Parallèlement à l’implantation du Centre, la CACP proposait également d’aménager un parc d’activités sur des terrains situés au Sud du site de Neuville, afin d’accueillir les entreprises fournisseurs et prestataires du Centre, ainsi qu’une cité des métiers d’art. L’implantation  du  CNC2RP  nécessitait bien évidemment  que  la  CACP  intervienne  en  tant  qu’aménageur  pour  apporter  les réseaux et équipements nécessaires. Le Centre devait ainsi s’intégrer dans un schéma global d’aménagement de Neuville revisité pour la cause.

En temps de crise, le secteur culturel paie malheureusement – plus que les autres ? – son écot. Pour le Val d’Oise, le tribut a été particulièrement lourd, avec la révision du grand projet d’installation des réserves des musées parisiens au début du quinquennat Hollande. Pour la ministre de l’époque, le projet « répondait au souci de protéger les réserves du Louvre, objectif auquel s’était greffé un projet beaucoup plus coûteux et plus long à mettre en place, porté par les élus, de centre de recherche et d’exposition ouvert au public ». Le gouvernement allait « répondre à l’urgence patrimoniale, mais l’idée d’un grand centre n’était pas financée et ne pourra pas l’être aujourd’hui », affirmait la ministre. Mais derrière la question des moyens, c’est toute une approche intégrée, avec de multiples strates et implications, qui disparaissait. Le Centre était de ces projets qui auraient pu rapprocher les élites culturelles des territoires péri-urbains dans un sens profond et durable, à travers la formation notamment.

C’est ce genre de grand projet qui, en essaimant sur des terrains à repérer, peut redonner un sens nouveau à la décentralisation. En lien avec une réflexion plus fondamentale sur la formation des élites administratives (par une grande école des services publics, incluant les conservateurs, les énarques, les administrateurs territoriaux, les directeurs d’hôpitaux, dans une approche transversale et avec un lien mieux pensé avec les territoires, pour une interpénétration plus forte à terme… ?), ils seraient une façon de penser « out of the box » sans détricoter les savoirs-faire locaux et sans priver de moyens des institutions qui sont aussi, à juste titre, des marqueurs nationaux.

Notre contribution au GrandDébatNational


À l’initiative du président de la République, le Gouvernement engage un Grand Débat National sur quatre thèmes qui couvrent des grands enjeux de la Nation. Novo Ideo a déposé une première contribution sur le thème de « l’organisation de l’Etat et des services publics ». Face à la désertification et aux problèmes des « quartiers », notre think tank propose de rendre plus agile l’action publique en créant des « Autorités territoriales de l’intérêt général », délégataires des pouvoirs nationaux et locaux.

Si l’on administre bien que de près, c’est en consacrant trop fréquemment l’opposition entre déconcentration et décentralisation.

Il est urgent d’améliorer l’action des pouvoirs publics, quels que soient les agents qui la portent, en favorisant la production d’utilités, en dépassant les freins liés à la répartition des compétences ou à une conception régalienne, centralisée à l’excès. C’est un impératif sous contrainte d’urgence. Des territoires sont en décrochage, d’autres en sécession, certains se désertifient sans que les leviers de l’action publique actuelle ne débouchent sur des issues efficaces.

Agir mieux et maintenant.

Face à la désertification ou de grandes difficultés de territoires, l’action publique française est marquée par un empilement d’actions publiques, portées par une kyrielle d’acteurs aux logiques propres, déconnectées de l’intervention d’autres, sans incitation réelle pour atteindre des résultats communs. Le travail des élus locaux, de l’Etat et de ses agences, des acteurs associatifs et privés, la maitrise d’usage citoyenne doivent-être rassemblés au sein d’un véhicule, sous une direction unique, pour répondre à un problème ciblé. 


Nous proposons de créer dans chaque territoire en difficulté une « Autorité territoriale », que celle-ci regroupe ressources et compétences des acteurs nationaux et locaux intervenant sur cette zone.

Le pouvoir de cette « Autorité territoriale » se substitue aux prérogatives des acteurs qui lui transfèrent pendant un temps limité tous les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs contractuels. Assorti d’un système de bonus financier, cette action prioritaire sera hiérarchisée selon un consensus, formalisé dans le contrat.

« L’Autorité territoriale de l’intérêt général » : spécialité, unité et liberté de l’action publique.

Par exemple, la modernisation d’un hôpital public dans un désert sanitaire mobilisera tous les acteurs de l’attractivité territoriale pour la rendre viable. Pour les personnels concernés, ce contrat engagera l’Etat et l’Agence Régionale de Santé dans un plan financier à 5 ans, avec des financements bonifiés (emprunts, TVA réduite). Les collectivités signataires au contrat apporteront dans la corbeille les moyens et compétences pour accompagner ce qui rend viable un hôpital : l’implantation de personnels médicaux et de leur famille, dans la recherche de logement ou d’un travail, le développement du commerce de proximité, l’accès à des services publics pour les ancrer dans le territoire.

Dans le domaine éducatif, des territoires sinistrés bénéficieront dans le cadre de « l’Autorité territoriale », outre un regroupement de compétences et de ressources des divers échelons (rectorat, politiques de formations voire culturelles portées par les collectivités, associations subventionnées intervenant dans les champs sanitaire et socio culturel, CAF, CCAS, missions locales, police et gendarmerie, etc), de nouvelles latitudes en matière de recrutement, de formation ou sur un plan salarial.

La direction de « l’Autorité territoriale » procède directement aux recrutements en sus des personnels qui lui ont été transféré et engage tous les partenariats avec le secteur privé ou au niveau européen, qu’elle jugera nécessaire

Ce décloisonnement de l’action publique doit irriguer l’ensemble de nos politiques prioritaires, c’est aussi un levier de leur transformation. A l’image de l’Etat, financeur des études (quasi gratuites) en médecine : il pourra conditionner la liberté d’installation des médicaux à un engagement d’au moins trois ans dans ces territoires. Il garantit pour tous les territoires signataires à garantir l’accès à un portefeuille de services publics à moins de 20 minutes.

Toutes les décisions de « l’Autorité territoriale » seront opposables aux acteurs locaux du logement et de l’emploi public, elles auront également vocation à muscler leurs actions : aides à l’installation et à l’équipement, déménagement, mutualisation de ressources avec des entreprises, etc. Les collectivités délégataires de leurs prérogatives à « l’Autorité territoriale » sont adossées à un contrat financier, il intègre l’exclusivité de son action sur les champs délimités contractuellement. La direction de « l’Autorité territoriale » est soumise à l’évaluation et au contrôle, des parties contractantes et du Juge. Les « Autorités territoriales de l’intérêt général » se substituent à un maquis politico-administratif, apportent agilité, rationalisation à l’action de notre Etat.

De l’Intelligence Artificielle : le smart contract santé #Episode 12bis

En discutant avec mon entourage (qui n’est pas forcément dans le digital), je me suis rendue compte que l’approche de ce sujet peut sembler parfois difficile, voir « terrorisant » car les articles semblent inaccessibles pour des novices. En créant ce blog, je souhaite partager mes recherches suite à mes propres questionnements, mais aussi, mes découvertes au travers de présentations d’entreprises innovantes sur l’Intelligence Artificielle.

La semaine dernière, nous avons vu les Smart-Contracts (#Episode12) ou contrat intelligent permettant d’exécuter automatiquement des conditions développées dans la Blockchain sans l’intervention humaine. Au travers de cet épisode 12 Bis nous allons voir un autre cas d’utilisation du Smart-Contract.

L’utilisation de Smart-contracts dans le domaine de la santé

 

Le milieu médical est confronté à des lourdeurs administratives engendrant des erreurs et des pertes de dossiers, malheureusement au détriment du patient. Le personnel, surchargé par cette paperasserie, gagnerait un temps précieux au profit du malade. De plus, toutes ces procédures fastidieuses auprès d’intermédiaires ralentissent le fonctionnement des cliniques ou hôpitaux.

L’utilisation d’une Blockchain ne pourrait-elle pas permettre de résoudre ces différentes problématiques ?

En effet, par un système de Blockchain décentralisé, les praticiens accéderaient à une technologie leur garantissant une sécurité des données personnelles. Une clé privée assurerait à chaque patient une confidentialité de ses data. Indestructible, la Blockchain permettrait de retrouver l’historique de chaque patient même s’il a déménagé. Les transmissions des dossiers se feraient dans le monde entier, à tous moments et à toute heure.

Le principe du carnet de santé tout simplement.

En incluant les Smart-contracts dans ce processus, il y aurait une meilleure transparence entre docteurs et patients.

 

Et fini ce genre de situation…

Médecin : Désolé j’ai perdu votre dossier, pouvez-vous me raconter vos antécédents?

Réponse du patient : Je vais faire un malaise.

Médecin : Avant, pouvez-vous me dire vos allergies ?

Réponse du patient : Ca ne va pas.

Médecin : Ah j’ai retrouvé une information, en effet, c’était très grave, mais pouvez-vous m’expliquer…

Implémenter une Blockchain serait une réelle révolution dans les systèmes de santé provoquant un « chamboulement » mais elle ouvrirait également d’autres portes, par exemple avoir une traçabilité des différents acteurs de la supply chain des médicaments.

 

MEMO

Le Smart-Contract est automatisé selon des règles définies. Une blockchain assure aux utilisateurs une protection de leur data. Un système qui pourrait être une réelle révolution dans le milieu médical en assurant aux patients une meilleure prise en charge et au personnel un allégement de travail.

 

Les collectivités territoriales

Le secteur public local, l’organisation et le fonctionnement des collectivités, les ressources des collectivités (budget local, concours financiers de l’Etat), les principaux défis contemporains des collectivités (tentative de simplification, amenuisement des ressources, évaluation de l’action publique…) : tout ce qui faut savoir sur les territoires par Jean-Marc Pasquet et Jérome Kérambrun, animateurs de Novo Ideo. Edition : Studyrama, Janvier 2019 (128 pages, 15 euros).

# LaNoteVerte13 : « Crise de la ville moyenne : comment en sortir »

Contrairement à sa voisine allemande, la ville moyenne française est en crise. Retour sur les raisons d’un malaise qui nourrit la révolte sociale et pistes pour en sortir.

Une approche « multicritères » permet de mieux rendre compte des forces et des fragilités des villes moyennes et de dégager des pistes de travail pour leur meilleure intégration dans des systèmes territoriaux.