Mali : on manque de drones

La France a envoyé 2 de ses 4 drônes de type Harfang (d’origine israélienne), qui volent à 5000 m d’altitude, réaliser des missions de surveillance et de renseignement. Ceux-ci opèrent à partir du Niger. Comme le Ministre de la Défense l’a reconnu « nous manquons de drones », d’où l’obligation d’avoir une aide américaine. Ce manque de moyen vient relancer le débat sur les drones, sur la nécessité de soutenir une industrie française ou de poursuivre une coopération européenne ? Ã moins que la solution ne soit d’acheter auprès des Etats-Unis ? Les réponses arriveront certainement lors des débats et des décisions issus de la loi de programmation militaire.

EADS et Dassault cherchent en tout cas chacun à conforter leur position auprès du Ministère de la défense. Le premier est ainsi en pourparler avec le Mindef pour prolonger le contrat du drone Harfang jusqu’en 2017 (et non plus 2013). De plus, cet industriel tente de franciser le drone US Reaper, un drone qui peut être armé. Dassault, lui poursuit son objectif de produire le drone Heron TP (en collaboration avec la société israélienne IAI) ; un drone plus onéreux qui avait le soutien de l’ancien Ministre de la défense G. Longuet.

Les Etats-Unis apportent une contribution importante dans la guerre du Mali, grâce à l’envoi du drone d’observation en haute altitude Global Hawk. Le Niger va accueillir ainsi sur son territoire des drones non armés de type Predator ou Reaper. C’est la première fois que les Etats-Unis disposeront de deux bases (la première étant à Djibouti) sur le continent africain.

L’ONU vient d’ouvrir une enquête sur le recours aux drones pour éliminer des terroristes ciblés dans les opérations antiterroristes. Le juriste britannique Ben Emmerson, émissaire spécial de l’ONU pour l’antiterrorisme et les droits de l’Homme est chargé de réaliser cette mission qui porte plus précisément sur 25 attaques réalisées au Pakistan, au Yémen, en Somalie, en Afghanistan comme dans les territoires palestiniens. Des attaques qui ont été perpétrées par les Etats-Unis et Israël. Il faut remarquer que cette enquête a été mise en place « grâce » au soutien très actif de la Russie, de la Chine et du Pakistan.

Nouvelles : Turkish Aerospace Industries, vient d’annoncer la fin des essais du nouveau drone Anka. Côté israélien, Israel Aerospace travaille sur la conception de drones miniatures en forme de papillons à des fins de renseignement. Enfin Berlin a testé, durant 6 heures, début janvier son drône à haute altitude EuroHawk, issu d’une coopération entre Northrop Grumman et Cassidian, filiale d’EADS. Ce système qui assurera des missions de renseignement devrait être livré en 2016.