Pour une politique écologiste de sécurité et de prévention (1)

Affirmer que nos concitoyens les plus en difficulté sont bien souvent ceux qui ont le plus besoin de sécurité, ne peut constituer qu’une lapalissade.
Les politiques publiques sont censées concourir à l’amélioration des conditions de vie de chacun. Leurs échecs successifs continuent à faire le terreau de nombreux problèmes de sécurité.

Alors même que la gauche n’offre pas de doctrine claire et unifiée sur la sécurité, les écologistes ont plus que jamais le devoir d’apporter des réponses crédibles et audibles d’ici 2012.

Il semblerait que le modèle de l’État seul responsable de la sécurité a bel et bien fait son temps. Aussi, nous devons entériner la coproduction de la sécurité, puisque prévention sociale, dissuasion, sanction, réinsertion sont inextricables.

Et quoiqu’on en dise, face à la complexité de la délinquance, la police – de proximité ou non – ou la prévention sociale ne pourront, à elles seules, panser tous les maux de notre société.

La police est un moyen incontournable de contribuer à la sécurité quotidienne des personnes, c’est-à-dire ni plus ni moins, à l’amélioration des conditions de vie. Si les écologistes ont soutenu de longue date l’absorption de la gendarmerie par le ministère de l’Intérieur, nous devons nous pencher très précisément sur le cas de la police nationale et des polices municipales. Ne serait-ce parce que ces corps font trop l’objet des pires accusations et préjugés. Nous devons redéfinir le rôle et la place des police nationale et locales dans le cadre d’une politique décentralisée de sécurité et de prévention.

En effet, les politiques de sécurité trouvent corps et sens au niveau local. L’État contraint de plus en plus les collectivités locales à s’engager en matière de sécurité, via la promotion de la vidéosurveillance ou le développement des polices municipales. Le Maire serait même en passe de redevenir le vrai « patron de la sécurité », enterrant définitivement le mythe d’une République garante de l’équité territoriale.

La sécurité est un sujet trop crucial pour le laisser aux opportunistes de tous poils !

Je vous propose de valider le principe de la coproduction de la sécurité et sa nécessaire décentralisation.

A travers les prochaines chroniques, nous nous pencherons plus précisément sur l’intérêt des polices municipales, l’incontournable réforme de la police nationale, le moratoire nationale sur la vidéosurveillance ou encore, la remise à plat de la législation sur les stupéfiants?

www.emilietherouin.fr