Promouvoir le développement durable avec une RSE ambitieuse

Le terme RSE doit être précisé : il s’agit de la responsabilité sociale, environnementale et sociétale de l’ensemble des acteurs, entreprises, administrations, institutions, collectivités et même syndicats de salariés !

Le principe de responsabilité est sans doute la clé de voute du concept de développement durable : c’est une opportunité et une obligation qui s’imposent à tous les acteurs avec évidemment des gradations dans les marges de man?uvres ou les pouvoirs de décisions.

Dans cette échelle d’engagement et de responsabilité, les syndicalistes ne sont pas au premier rang, évidemment, mais ils ne sont pas non plus au dernier rang car leurs droits à l’information (quasiment sans limite), leurs droits à l’expertise, à la formulation d’avis et à l’alerte leur donnent des opportunités de peser sur les décisions (ex : modification d’un arrêté préfectoral, d’une installation classée pour la protection de l’environnement par trois années de travail syndical CFDT chez Air Liquide et trois instances judiciaires gagnées?).

Mais notre revendication principale est que les décideurs privés et publics assument spontanément et préventivement toute leur responsabilité dans le champ du social, de l’économique et de l’environnement (voir les dossiers Total et BP ?).

Dans le domaine environnemental également, une RSE à ses balbutiements

Pour le social, par exemple, il s’agit de garantir et d’entretenir l’employabilité des salariés : formation professionnelle, évolution de carrière, reconversion sont à l’ordre du jour quand toute la société se préoccupe du climat et de la biodiversité. Mais c’est aussi la promotion d’une meilleure qualité de vie au travail, la santé au travail, le respect des personnes ?

Pour l’économique, la RSE c’est bâtir une activité compétitive et ne pas condamner l’avenir de son entreprise par le défaut d’anticipation, par l’ignorance des synergies avec le social et l’environnemental. Les questions d’organisation du travail sont essentielles pour permettre, pour impulser une productivité optimale et réelle, c’est-à-dire sans dégâts collatéraux sur le plan social et environnemental.

Pour le domaine environnemental, la RSE n’en est qu’aux balbutiements ; le bilan carbone d’une activité donnée n’est pas encore stabilisé ni surtout généralisé et pourtant, c’est l’un des plus faciles et des plus objectivables.

Mais l’empreinte écologique, les atteintes à la biodiversité : voilà un chantier titanesque que la CFDT aborde de manière modeste : peut-on évaluer les services rendus par les écosystèmes à l’entreprise et à la société ? Et quelles conclusions et actions pouvons-nous envisager ?

Nouveaux défis, nouvelles régulations et gouvernance, nouvelles pratiques
Devant ces immenses chantiers du développement durable, la fuite en avant et les discours planétaires sont la plus grande tentation. Oui, il faut de nouvelles régulations en France (taxe km poids lourds, bonus/malus?), dans l’espace européen([ REACH, Contribution climat énergie)] et au niveau mondial par exemple avec une Organisation Mondiale de l’Environnement. La CFDT et la CES, avec la CSI, y travaillent !

Mais aujourd’hui et demain, à notre portée, tous les jours et dans tous les secteurs, nos pratiques syndicales peuvent influencer les décideurs, peuvent emporter l’adhésion des salariés et changer le cours des choses.

Les tables rondes du Congrès confédéral de Tours ont souligné que chaque acteur avait des marges d’initiatives, des espaces de concertation et de coopération avec d’autres.

Le partenariat signé entre la CFDT et FNE doit nous donner l’occasion de prendre en charge des dossiers concrets, sur le terrain, et de faire la démonstration que l’environnement n’est pas l’ennemi du social, ni de l’humain !