Renouvelables : centrer l’action publique sur les axes à forte valeur écologique et sociale

Bâti et énergies renouvelables : La loi d’orientation du 13 juillet 2005 fixe l’objectif d’atteindre les 21% d’électricité d’origine renouvelable en 2010. Si l’essentiel aujourd’hui provient de l’hydraulique (12 à 15% soit les 9/10? de l’énergie renouvelable), le développement récent des autres types de sources devrait modifier cette répartition. Les opportunités sur le bâti se développent de manière accélérée désormais.

Le solaire

Le solaire en forte croissance (10 à 20% par an!) reste dépendant du soutien des Etats. En Allemagne, les tarifs de rachat ont permis l’essor d’un secteur qui compte aujourd’hui plus de 10 000 emplois directs. En France, cette activité a été dynamisée notamment par le crédit d’impôt même si notre pays reste un « nain solaire ». Un seul acteur industriel Français : Photowaat, installé en Isère. L’essentiel de la production nationale est réservée…à l’exportation! Si le solaire thermique (moins d’un million de mètre carré en France contre 8 fois plus en Allemagne), combiné à un chauffeau, dispose des meilleurs rendements, le solaire photovoltaïque devrait être marqué par l’entrée sur le marché de nouveaux opérateurs, notamment Chinois, développant de nouveaux materiaux (polymères) qui devraient mieux s’intégrer au bati.

La géothermie

La géothermie représente au niveau mondial une production d’environ 50 TWH, concentrée sur quelques pays (USA, Philippines, Italie…). En France, le potentiel est concentré en Ile de France où 200 000 logements sont raccordés à des réseaux de chaleur utilisant la géothermie. Les réseaux de chaleur devraient également être redynamisés en relation avec la baisse du taux de TVA les concernant. La filière géothermique reste fortement dépendante des équipements Japonais et pourrait, en France, connaître un nouvel essor en relation avec les meilleures performances de la géothermie à basse profondeur.

L’éolien

L’éolien, essentiellement tiré par l’initiative privée, bénéficie des tarifs de rachat par EDF. Quasi nul en France il y a 5 ans, les grands énergéticiens sont sur les rangs même si l’enjeu économique reste, de leur point de vue, « marginal » pour l’instant. En Allemagne, le potentiel de production (utilisé à 25%) représente l’équivalent d’une quinzaine de réacteurs nucléaires. En France, avec 10 000 MW installés en 2010, le potentiel d’emploi serait de 10 000. A noter que « l’éolien sous marin », l’hydolien, pourrait bénéficier des augmentations des tarifs de rachat.

Le bois-énergie

Le bois-énergie en production locale pourrait représenter assez facilement 2 à 3 points de plus dans le bouquet énergétique français à condition que la ressource forestière ne reste pas, selon les termes de l’ADEME, « sous-exploitée » au regard de l’importance de notre patrimoine forestier. La hausse des prix du baril de pétrole favorise, à l’instar des autres énergies renouvelables, la rentabilité de cette énergie en même temps que l’amélioration des techniques de combustion. On estime à un emploi créée la valorisation de 2000 m3 de bois (ou 440 TEP) à condition que cette exploitation ne vienne pas en concurrence avec le bois-oeuvre.

80% du bois-énergie est consommé par les particuliers, soit 6 millions de foyers et l’équivalent de 7 millons de TEP ou 40 millions de stères. Les granulés (moins de 200 Euros la tonne fabriqués à base de sciure ressemblent à des bouchons d’environ 2 cms de long et de 6 à 8 mms de diamètre : ils ne posent pas de problèmes particuliers de stockage. Les rendements des chaudières les plus récentes atteignent habituellement les 80% tandis que les emissions dégagées par la combustion se limitent quasiment à de la vapeur d’eau.L’installation des appareils de chauffage est bonifié par le crédit d’impôt de 50% qui s’applique sur l’achat du matériel. A noter que la CAPEB et la FFB ont lancé la démarche « Qualibois » fin 2005 et ce, afin de certifier l’installation par un réseau d’artisant qualifié.