Sonner le tocsin pour réussir l’après 2012

1982

Presque trente ans après ce qui reste à ce jour un accident de l’histoire, la gauche ressasse les premiers mois d’intenses réformes qui marquèrent les premiers mois postérieurs à son accession au sommet du pouvoir. On sait ce qu’il advint à peine une année passée aux responsabilités.

L’ouverture d’une parenthèse qui ne se ferme jamais, « faire une pause »: voilà le péril pour demain. Dans les territoires comme dans les affaires de l’État, c’est l’éternelle tentation de la gauche et des écologistes face au mur des contraintes. D’aucuns estimeront qu’on pourrait masquer une telle fuite gestionnaire en revêtant les habits de l’activisme conservateur et bling. L’ordre des choses s’en accommoderait fort bien, la pratique au plus haut niveau de nos institutions a montré qu’ils pourraient même faire illusion quelques mois.

A la veille d’une alternance que nous espérons, alors que « nous sommes dans un temps de ruptures », Olivier Ferrand, Président de Terra Nova l’affirme dans l’entretien qu’il accorde à notre think tank : « on manque d’idées ». Le constat est certainement vrai pour tout le camp progressiste. Les caisses sont vides et les défis à remporter n’ont jamais été aussi grands.

2012

Pour la première fois depuis l’année 1960, les dépenses d’alimentation augmentent dans le budget des ménages. La part des étudiants à l’âge de 20 ans a chuté de 10 points en l’espace d’une quinzaine d’années et, spécificité nationale, les performances des enfants d’ouvriers et d’employés décrochent à l’école primaire en même temps que les effectifs enseignant fondent. Pour nous, écologistes, ces « retournements de tendances statistiques » doivent nous appeler à sonner le tocsin. Ce sont autant de révélateurs de la « déprime française » qui grippe toute velléité de changement.

« Gouverner, c’est choisir » disait Mendès

A l’heure des conversions, de la décarbonation des économies, l’écologie doit renouer avec une promesse sociale. Mais interrompre la séquence sarkozyste ne peut nous affranchir de faire des choix. Deux années après son lancement, le projet Novo Ideo prend donc tout son sens. L’échéance présidentielle doit nous en rappeler la lucidité de départ. Avec une poignée d’ami-e-s et sans un sou, nous commencions à l’automne 2009 par construire un centre de ressources. Au fur et à mesure et plus de 350 contributions plus tard, nous faisons le pari du changement d’échelle.

Aujourd’hui, Novo Ideo fait sa mue pour mieux accueillir la diversité de ses contributeurs, valoriser davantage ses contenus tout en améliorant l’interactivité. Ce changement de palier ne se fera pas sans vous. En partageant ou en participant directement à nos textes, vous contribuez au renforcement de l’expertise citoyenne au service d’un projet écologiste et social.

Le 3 septembre 2011, pour la rédaction,
Jean Marc Pasquet
Président du think tank Novo Ideo