Sortir du nucléaire : Novo Ideo propose un chemin

Si la commande de « sortie du nucléaire » est bien politique, la réflexion sur sa mise en ?uvre relève largement de l’expertise citoyenne. Sortir du nucléaire. Oui mais comment et dans quelles conditions ? Et surtout, est-ce suffisant quand on veut dans le même temps respecter les engagements liés au Facteur 4 ?

VERS UN NOUVEAU PARADIGME ENERGETIQUE

Depuis le début de la révolution industrielle, les systèmes énergétiques ont été conçus et développés suivant le principe d’une production d’énergie toujours croissante, liée à la croissance économique. Or, la consommation mondiale d’énergie est soumise à de multiples contraintes :

– physiques, les réserves sont de deux à trois siècles pour le charbon mais de quelques dizaines d’années pour le pétrole, de l’ordre du demi-siècle ou un peu plus pour le gaz naturel, de quelques dizaines d’années pour l’uranium?et c’est sans compter les développements légitimes des pays dits émergents;

– géopolitique : les plus grandes réserves de pétrole se situent au Moyen-Orient, zone fragile et sous tensions, liées à des régimes souvent corrompus;

– liées à l’environnement, la santé et la vie?

Le nouveau paradigme énergétique porté notamment par le collectif Négawatt mais également fruit de l’expérience acquise dans les pays occidentaux est fondé sur le fait que l’on peut, en agissant sur les facteurs de la consommation, obtenir la satisfaction des services énergétiques (confort, déplacement, production) avec des consommations d’énergie très inférieures. Les actions sur la demande deviennent alors au moins aussi importantes que les actions sur l’offre.

Les pays riches peuvent et doivent réduire rapidement leur consommation d’énergie par la sobriété et l’efficacité énergétiques, et l’assurer de façon croissante avec des énergies de flux renouvelables.

Le nouveau paradigme de la transition énergétique ne porte pas seulement sur des aspects techniques et économiques, voire de comportement, mais plus profondément sur la conception même des systèmes énergétiques. Le système centralisé et pyramidal laisse la place à une économie énergétique où le local, à l’échelle des territoires, devient prépondérant puisque c’est absolument partout (pays riches et pays pauvres, villes et milieu rural) que l’on peut développer économies d’énergie et énergies renouvelables. Et c’est d’ailleurs dans cette application locale des deux démarches, soigneusement imbriquées et complémentaires que va se réaliser la véritable transition énergétique qui sera également sociale et politique.

Lors d’une conférence accordée à l’invitation du groupe EELV de Boulogne Billancourt ce 11 octobre et à l’occasion d’un entretien accordé à Novo Ideo fin août lors des Journées d’Eté des écologistes, Bernard Laponche, Polytechnicien, ex du Commissariat à l’énergie atomique et aujourd’hui consultant international dans le domaine de l’énergie expose les scénarios du possible. Du rôle essentiel des territoires et de la volonté politique. Exemple allemand à l’appui.

Bernard Laponche vient d’écrire avec Benjamin Dessus un excellent livre publié au Seuil : « En finir avec le nucléaire, pourquoi et comment. »