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Autour de l’IUT de Bobigny : un moteur de 7000 étudiants au c?ur de la ville

Quelque part sur la ligne de Tramway T1, à deux pas de l’hôpital Avicenne :l’IUT de l’Université de Paris 13 Nord. Inséré au c?ur de la ville de Bobigny, l’IUT est implanté dans un bâtiment anciennement industriel magnifiquement restauré.
Cette antenne universitaire associe également des formations sociales et en sciences humaines Sa volonté a toujours été de l’intégrer dans une logique territoriale, conçue comme un facteur essentiel d’une réussite partagée.

Entretien avec Daniel Verba sociologue, maître de conférences en sociologie, directeur de l’IUT de Bobigny.

« Le conseil général de Seine-Saint-Denis par exemple a signé une charte de coopération avec chacune des universités de son territoire (Paris 8 et Paris 13) et de nombreux projets scientifiques, pédagogiques et culturels sont portés conjointement avec les IUT qui sont aujourd’hui des modèles emblématiques d’articulation entre partenaires territoriaux », nous explique Daniel Verba.

L’Université est soutenue par les collectivités locales au travers de partenariats sur des publications, évènements mais également le cofinancement de la région d’une bibliothèque, dont l’insertion dans la ville a été particulièrement pensée.

Un programme de logements étudiants dans les tours d’habitation à proximité va prochainement mailler la ville de la présence de ces jeunes souvent Dyonisiens, en attendant un lieu culturel.

L’IUT est également partie prenante du contrat de « réussite solidaire », piloté par la ville de Bobigny, traitant au cas par cas plusieurs centaines d’élèves en difficultés, en finançant parfois des bourses attribuées sur critères sociaux par un jury comprenant également des élus et des travailleurs sociaux.

« Les collectivités territoriales peuvent avoir un rôle d’ajustement et de complémentarité en multipliant les dispositifs de soutien aux enfants dont l’école ne peut ou ne veut plus s’occuper et en créant les conditions de possibilité d’une seconde chance ».

Coopération université-collectivités-acteurs économiques et sociaux

Selon Daniel Verba, « il faut rompre avec l’école qui exclut et sélectionne sur des critères sociologiques. Pour cela, il nous faut réinstaurer un service public d’éducation qui, dans le respect volontariste de la justice sociale, associe l’ensemble des partenaires locaux comme y invitaient par exemple les contrats éducatifs de la fin des années 90. Cela passe par des formations professionnalisées, des coopérations plus étroites avec le monde économique et par conséquent les entreprises, mais aussi avec les collectivités territoriales qui inspirent encore la méfiance voire l’hostilité de certains enseignants. »

Les bénéfices de La refonte des projets de territoire autour de la formation et de la connaissance sont nombreux. « Les élus ont parfaitement compris tous les bénéfices qu’ils pouvaient tirer d’une meilleure connaissance des populations, des axes de développement économique et du puissant levier que peuvent constituer formation et recherche pour valoriser ses ressources réelles et symboliques. Tous les pays qui ont su associer étroitement centres de recherche, universités, entreprises et pouvoirs publics, ont connu de grandes réussites sociales, économiques et politiques », conclut Daniel Verba.

Cet article a été rédigé pour le supplément du magazine « La gazette des communes », spécial « Entretiens Territoriaux de Strasbourg » du mois de décembre 2010. Il est issu d’un dossier dédié aux réformes territoriales réalisé par les élèves de l’INET, l’Institut National des Etudes Territoriales formant les hauts fonctionnaires de la Fonction publique territoriale.