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La femme est l’avenir du sport

Sous les critiques

L’accès des femmes aux pratiques physiques et sportives est récent.

Il est lié à la conquête de nouveaux droits civils, politiques, et au dépassement des préjugés coriaces sur la féminité. Si les femmes représentent 52% de la population, elles ne représentent que 35% des licenciés des fédérations sportives

En 2004, un rapport du ministère de la Jeunesse,des Sports et de la Vie Associative a mis en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes pour accéder aux pratiques sportives.

  • Il souligne que l’histoire du sport est fortement marquée par la tradition militaire;
  • il met en évidence que le sport est structurellement construit sur des organisations et des pratiques masculines alors que les causes des différences dans l’engagement féminin ou masculin des filles et des garçons dans les activités sportives sont souvent à rechercher dans des déterminants biologiques;
  • de nombreux sports se sont construits autour des concepts de défi et d’affrontement physique .

 Jeunes filles à l’écart dés l’école primaire

Pourtant, le sport scolaire et associatif peut représenter un espace de liberté pour les filles et les femmes, pour les garçons et les hommes à tous les âges, une voie de réussite et d’émancipation et un moyen de résistance aux contraintes sociales et culturelles .

Le sport peut permettre aux filles et aux garçons d’accepter l’idée d’être égaux dans le respect des différences des corps

A ce titre, il joue un rôle important dans la prévention des violences sexistes.

Le développement actuel de freins culturels d’ordre communautaire ou religieux dans les « quartiers sensibles » doit interroger sur l’exclusion des filles du monde du sport dans certaines parties du territoire.

Des recommandations du rapport femmes et sports de 2004 doivent être soulignées, d’autres méritent d’être prolongées. Une remise à plat des dogmes qui alimentent les politiques locales s’impose également.

La pratique sportive doit se faire le plus longtemps et le plus souvent possible dans la mixité. L’entrainement du soir, le cours d’éducation physique, sont des éléments qui permettent une pratique mixte dès le plus jeune age. On peut considérer que le sport associatif est le vecteur privilégié de pratique pendant l’enfance et l’adolescence. C’est un investissement d’un bon retour tout au long de la vie.

Des pistes pour la pratique des femmes adultes

Actuellement l’offre sportive du secteur associatif est étroitement liée à la présence des installations existantes : stades d’athlétisme, terrains herbeux, gymnases… Ces installations sont très coûteuses à la construction et à l’entretien, peu économes en fluides notamment (électricité…) et sous utilisées. Les femmes en profitent globalement peu car elles ne sont pas adaptées à leurs besoins et à leurs rythmes de vie.

Qui a donc décidé de ces orientations ?

Qui conseille les élus ?

Un constat s’impose: il y a sous représentation des femmes dans les instances de prise de décision.

L’orientation est clairement celle d’installations destinées à des pratiques compétitives (les présidents de clubs sont souvent des notables très écoutés et des relais d’opinion) alors que les femmes pratiquent la plupart du temps hors compétition.

L’activité physique des femmes adultes est motivée par des préoccupations de santé, de bien être, d’esthétique. Les principaux motifs qui limitent la pratique sont : « le manque de temps », le fait d’avoir d’autres activités qui entrent en concurrence, et « le manque d’envie ». D’autres freins à la pratique sont le prix des activités (30%) et les contraintes familiales.

Lorsqu’on les interroge les femmes voudraient pratiquer en priorité la gymnastique (12 %), la danse (8 %) et la natation (7 %). Ces disciplines se pratiquent pour la plupart individuellement et renvoient le plus souvent à des sports d »expression corporelle, l’esthétique et l’entretien du corps occupent une place importante.

Lorsqu’on y regarde de plus près, les modes d’engagement corporel des femmes traduisent la façon dont elles investissent le monde. Leurs attentes sont conformes aux représentations permises par notre société.

Lorsque les femmes pratiquent, elle le font souvent hors du secteur associatif, seules ou en famille et ne souhaitent pas faire de compétition. Ce sport que les fédérations tendent structurellement à favoriser…

Les femmes de plus de 60 ans

De multiples études démontrent l’impact de l’exercice physique dans le vieillissement corporel et le maintien des capacités cognitives.

L’activité physique retarde la dépendance et assure une plus grande longévité. Elle est donc très rentable pour les comptes de la nation. Mais elle doit intervenir bien avant l’arrivé en maison de retraite.

Il faut solliciter les femmes avant la fin de leur vie active et leur proposer un choix d’activités physiques . C’est dans cette période charnière que se joue le vieillissement à venir. Le coût de l’accès à des activités physique est négligeable par rapport à l’économie de dépenses de santé à terme. La mise en place d’un système de « chèque-sport » permettrait par exemple à chacune de découvrir des activités physiques dans le cadre d’associations. Le niveau d’activité physique des femmes est un révélateur du fonctionnement de notre société.

Elles pratiquent moins que les hommes, des activités autorisées par nos représentations du corps, et s’interrompent fréquemment pour des raisons financières ou familiales.

Elles permettent en outre d’améliorer bien-être et longévité : il s’agit d’un enjeu essentiel de santé publique.
Quelques pistes pour un contrat sportif, sanitaire et sociétal renouvelé.

Se réapproprier une partie de l’offre sportive

La gymnastique d’entretien, la danse, la natation lorsqu’elle est pratiquée sous forme d’aqua-gym sont des activités plébiscitées par les femmes. Mais « elles coutent cher » et ne sont pas accessibles à toutes.

L’Etat et les collectivités subventionnent actuellement les fédérations et les structures du sport de compétition. Ces subventions nous permettent d’entendre parfois la Marseillaise résonner lors des compétitions internationales et de montrer ainsi la force de notre communauté.

Cette politique repose également sur un double dogme :

  • celui qui induit que le « sport de masse » en favorisant le « sport d’élite ». Cette approche fondée sur les théories pyramidales les pousse à favoriser la production de champions;
  • les « sports de base » qu’il conviendrait de maîtriser au cours de sa scolarité en facilitant les chances d’accéder à d’autres pratiques : cette hypothèse n’a jamais pu être vérifiée.

Confrontées à leurs limites, les politiques sportives impulsées par les pouvoirs publics peuvent dépasser cette tendance régressive à la privatisation de l’espace sportif, peu satisfaisante en termes de résultats politiques (santé, pratiques, économie des ressources…). Etat, collectivités et associations doivent soutenir davantage l’offre destinée aux femmes en passant par les associations sous condition d’emploi d’animateurs diplômés.

L’offre sportive destinée aux femmes ne doit pas être uniquement une offre centrée sur les infrastructures

Le sport souffre d’un très grand paradoxe : une grande partie des besoins n’est pas satisfaite mais l’Etat continue de subventionner des facultés des sports productrices de chômeurs possédant un haut niveau de qualification.

Avec plus de 2 milliards d’euros par an, l’effort des collectivités dans le domaine sportif est en décalage avec les pratiques de la population. C’est encore plus vrai pour ce qui concerne les femmes.

Ne serait il pas possible de faire glisser des enveloppes destinées à la construction d’infrastructures couteuse vers l’emploi de personnels qualifiés?

En sport comme dans beaucoup de domaines, l’humain est le premier paramètre, celui qui agit sur les corps avec son savoir. Il ne faut pas imaginer un seul instant que la présence d’installations sportives a un effet magique sur la santé et les besoins sportifs de la population.

 

Propositions

  1. Développer la mixité dans l’encadrement sportif… La possibilité de former les jeunes filles des « quartiers » est une solution très intéressante pour faciliter le contact avec les jeunes. Il ne s’agit pas d’attribuer de façon systématique des encadrants filles à des groupes de filles mais d’assurer à certains moments des relais féminins pour faciliter l’accession aux pratiques. A cette fin, les jeunes filles motivées du club doivent être encouragées à passer les brevets fédéraux. Les municipalités doivent ainsi s’attacher à une mixité dans le recrutement de leurs animateurs municipaux
  2. Féminiser les cadres de direction. Selon l’étude réalisée en 2003, les femmes accèdent rarement aux responsabilités politiques : 5% des présidents de comités régionaux, départementaux et de fédérations, 13,7 % des membres de bureau, 3,5 % des présidents de fédérations, 3 % des directeurs techniques nationaux. La division sexuée mérite d’être soulignée: les hommes sont davantage présents aux plus hautes fonctions et les femmes aux postes d’adjointes ! Quant au secteur technique, il est exclusivement masculin : l’animation (11% de conseillères techniques et sportives) , l’entraînement (9 % d’entraîneurs nationaux, 15% de femmes parmi les détenteurs de Brevets d’Etat du deuxième degré). Si les femmes sont de bons adjoints, on peut raisonnablement imaginer qu’elles pourraient occuper de plus hautes fonctions. L’état et les collectivités devraient alors s’attacher à moduler une partie de ses subventions aux fédérations sur des critères de parité relative aux postes décisionnaires.
  3. Améliorer la formation des éducateurs. La politique de la valorisation des « grands frères » déployée dans certaines collectivités a montré ses limites : ceux-ci n’étaient pas toujours bien intentionnés avec les « petites soeurs ». Et ils sont encore plus rarement bien formés.Quelles alternatives ? Pour accroître la dimension qualitative du lien sportif, il serait pertinent d’intégrer des contenus mettant en évidence les enjeux de la mixité dans les formations initiales et continues des éducateurs sportifs.
  4. Développer le partenariat entre les professeurs d’éducation physique et le milieu associatif. Les professeurs d’éducation physique sont identifiés par les famille comme des membres à part entière de la communauté éducative. Ils représentent un cadre sécurisé. Leur savoir faire en matière d’intégration à fait l’objet de multiples études. Ils font pratiquer les filles autant que les garçons, quoi qu’on en dise même dans les ZEP, et peuvent le partager avec des membres d’association dans le cadre de partenariats…

 

 

 

 

 

Mon corps m’appartient : un malentendu ?

Depuis des mois, les valeurs d’émancipation et d’égalité prônées par les associations féministes, sont les cibles de multiples lobbies: Manif pour tous, industrie du sexe et de la prostitution. Pourtant quel est le sens de la liberté, si elle n’est pas liée à l’égalité ?

De son côté, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, ne chôme pas : présente sur le terrain législatif, elle intervient dans tous les secteurs pour faire avancer les droits des femmes et la culture de l’égalité dans la société :

-* – Suppression de la notion de détresse pour recourir à une IVG
-* – Education à l’égalité dans le système scolaire (ABCD de l’égalité)
-* – Renforcement de la loi sur le recouvrement des pensions alimentaires impayées
-* – Vote par l’Assemblée Nationale de la loi sur le renforcement de la lutte contre le système prostitutionnel avec abrogation du délit de racolage et responsabilisation/pénalisation du client.

La volonté politique semble parfois bien fragile face à un ordre des choses que certain-es voudraient immuable. Et il reste tant à faire pour éradiquer les violences contre les femmes, que ce soient les inégalités professionnelles et salariales, les viols et les assassinats?

Alors cette année encore, les féministes reprendront leur slogan « Mon corps m’appartient » pour dire que les notions de « femme-objet » et de « marchandisation du corps des femmes » sont contraire à la liberté et l’égalité, inscrites dans notre Constitution.

De la sexualité à l’égalité

Un long parcours semé d’embuches et parfois de régressions, mais acté par des lois et des politiques publiques en faveur des femmes.

Lorsqu’en 1935, les premières consultations de contrôle des naissances ouvrent avec distribution de diaphragmes et spermicides importés d’Angleterre, il s’agissait d’éviter les grossesses non désirées.
Aujourd’hui, des régions, comme l’Ile de France ou le Poitou-Charentes ont mis en place des « pass- contraceptions » pour permettre aux lycéen-ne-s de 17 ans d’accéder à une contraception libre, gratuite et anonyme. L’objectif officiel est la diminution du nombre d’avortements chez les mineures. Mais l’accès à la contraception, peut-il être dissocié de l’éducation à la sexualité ?

Droit à la contraception et éducation à la sexualité

Si l’éducation à la sexualité a longtemps été considérée comme le domaine réservé de la famille, elle fait partie des programmes scolaires depuis 1973. D’abord intégrée au cours de biologie sur la procréation, il s’agit aujourd’hui pour les établissements scolaires d’offrir 3 séances par an d’éducation et d’information à la sexualité. Pour autant, le sujet restant tabou dans notre société, peu d’établissements scolaires se conforment aux programmes. Et la sexualité continue à être présentée principalement sous des aspects négatifs et ses risques, mettant de côté la construction de soi et le plaisir.

De l’éducation à la sexualité à l’éducation à l’égalité

La ministre des droits des femmes l’a affirmé dès son entrée en fonction : la circulaire du 17 février 2003 relative à l’éducation à la sexualité dans les écoles, collèges et les lycées sera actualisée pour être mise en ?uvre de manière effective. Il s’agit donc pour le gouvernement de mettre en place une politique volontariste, qui permette de traiter non seulement les questions d’ordre biologique mais aussi des dimensions psychologiques sociales, culturelles et éthiques de la sexualité.
Lors de son discours d’ouverture de la soirée réservée au 8 mars 2013 ([Palais des Congrès , « le 8 mars c’est toute l’année »,)] le président de la République a souligné le lien entre démocratie et égalité, ainsi que l’importance de l’éducation pour combattre les inégalités entre les femmes et les hommes. Il a rappelé que ce combat se conjugue aujourd’hui avec l’expérimentation en grande section maternelle d’un programme antisexiste sur les différences de genre entre les individus. Un programme qui devrait être élargi à tout le territoire français l’an prochain.

Mais une politique des petits pas sera-t-elle suffisante, face à un si grand défi ?

Un monde sans femmes

Or, s’il parait sain que la société dans son ensemble se dresse contre ce viol collectif, il est étonnant que sa cause profonde soit passée sous silence.

Il manque aujourd »hui en Inde 50 millions de femmes.

En 2003, le réalisateur Manish Jhâ avait déjà alerté sur le danger encouru par une société indienne où les femmes viennent à manquer, du fait de leur élimination à la naissance. Son film, « Matrubhomi, un monde sans femmes » débutait par une scène terrifiante : un infanticide. Dans un village vidé de ses femmes, les hommes d’une même famille s’appropriaient collectivement une jeune femme. Un film en forme de fable qui posait la question de la sexualité et de la violence masculine dans un monde sans femmes. Impossible de ne pas faire le rapprochement avec ce viol collectif qui fait aujourd »hui la Une de l »actualité, en Inde, et par le monde.

On pourrait penser que la « rareté » des femmes les protègerait, qu’elles seraient choyées ? que nenni ! La pénurie de femmes les fragilise, les expose à une appropriation masculine collective d’autant plus violente que le déséquilibre est patent. Dans l »Inde d »aujourd »hui, viols collectifs, enlèvements de fillettes, raids et rapts de filles dans les pays voisins, sont monnaie courante. Trafic de femmes et prostitution explosent.

LE TABOU DU DEFICIT DES NAISSANCES FEMININES

Le plus étonnant dans cette affaire de viol collectif, est ce silence autour du déficit des naissances féminines, déficit dû à la sélection traditionnelle (élimination à la naissance), ou à la sélection moderne (dépistage et éradication préventive des foë?tus). L’Inde n’a d’ailleurs pas le monopole de ce phénomène répandu également en Chine. Pour autant, si la demande de la société indienne de lutter contre les violences faites aux femmes émerge dans les manifestations, la question des inégalités entre les filles et les garçons dès la naissance n’est pas posée.

A l’heure des voe?ux pour la nouvelle année, souhaitons aux féministes indiennes de réussir à mettre la question de l’égalité femmes/hommes sur le devant de la scène politique.

25 novembre : célébration des inégalités entre les femmes et les hommes

Les chiffres sont accablants?: «?Six femmes sur dix, dans le monde sont victimes de violences physiques et/ ou sexuelles au cours de leur existence?» rappelle Michelle Bachelet, Vice Secrétaire Générale de l’ONU, et responsable de l’ONU Femmes.

En cette Journée Internationale d’élimination des violences contre les femmes, nous ne pouvons que constater que si la prise de conscience avance, les politiques publiques ne sont pas à la hauteur du phénomène.

En France même, les chiffres sont accablants?: en 2010, 146 femmes mortes de violences conjugales, 75 000 viols déclarés, et combien de violences non déclarées??

Le Parlement français, sous la pression des associations féminines et féministes a voté, le 9 juillet 2010, une loi, dont la principale nouveauté, dans l’arsenal juridique dont nous disposions déjà, est l’ordonnance de protection. Pourtant, force est de constater que peu de juges ont recours à cette disposition.

Décidément, les freins à la lutte contre les violences faites aux femmes sont bien ancrés dans la société?! Pourquoi tant de résistances à s’attaquer aux racines de ces violences??
Alors, en ce sinistre jour, je n’ai pas peur d’écrire ces mots que l’on oublie trop souvent et qui pourtant décrivent un phénomène que l’on préfère nier?: la domination masculine.

LE TABOU DE LA DOMINATION MASCULINE

Dans son rapport de l’année 2010, la délégation aux victimes du Ministère de l’Intérieur relève?:
«?Il s’agit dans la grande majorité des cas de meurtres et non d’assassinats, c’est-à-dire de violences non préméditées, survenues dans l’émotion du moment, émotion décuplée une fois sur deux par la consommation d’alcool, de stupéfiants et/ou de médicaments psychotropes.?»

Or, toutes les études sérieuses ont conclu que les «? homicides conjugaux?» n’étaient pas accidentels, mais le résultat du cercle infernal de la relation de domination à l’intérieur du couple.
Prévenir, plutôt que laisser mourir

Changer les normes dans les relations conjugales n’est pas une mince affaire. Mais face à ce phénomène de société que sont les violences contre les femmes, il est à craindre que nous n’avancerons qu’à la marge si l’éducation à l’égalité entre les femmes et les hommes ne devient pas une priorité du Ministère de l’Education.