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SCOPE, la revue de presse : « Nouvelle vague culturelle post-municipales »

Capture du2019u00E9cran 2014-10-09 u00E0 12.56.27 - copieSCOPE propose un échantillon de presse sur l’actualité des politiques publiques culturelles, dans un large spectre de disciplines. Mais pas seulement.
SCOPE passe en revue pour vous la plupart des publications web et papier, spécialisée dans l’Art. Avec toujours à l’esprit de mettre la lumière sur les politiques publiques en France et ailleurs.
SCOPE propose enfin, régulièrement, à un décideur ou une personnalité pertinente du monde des Arts, de réagir à quelques extraits de presse, afin de donner un écho concret aux travaux des rédacteurs. 
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PIQUES

Les piètres arguments des partisans de la tour Triangle in www.latribunedelart.fr

Alors que le débat sur la tour Triangle fait rage dans les médias, il serait souhaitable que les partisans de ce projet cessent de faire croire une nouvelle fois (comme pour toute affaire de ce type) qu’il s’agit d’une bataille des anciens et des modernes, des méchants réactionnaires contre les gentils novateurs…

Chacun dispose d’arguments. Mais ceux employés par les défenseurs de la tour sont tout simplement irrecevables, comme nous le démontrons point par point ici. Nous aimerions, une fois au moins, qu’ils répondent à nos objections. Mais il est sans doute plus facile de discréditer ses adversaires par le mépris que de démontrer qu’ils ont tort.

  • À l’époque, la tour Eiffel a été également critiquée.
  • Les tours sont une expression de la modernité et Paris doit être moderne.
  • Paris doit avoir des tours, la preuve : Londres en a !
  • Les tours améliorent la densité et permettent d’économiser de l’espace au sol.
  • Les tours sont écologiques.
  • Paris n’est pas menacé par les tours puisqu’elles sont à la périphérie.
  • La tour Triangle attirera les entreprises innovantes à Paris.
  • La tour Triangle est belle.

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… ET POLEMIQUES

Jean Nouvel et la tour Triangle Par Nathalie eggs
In Le Journal des Arts – 28 novembre 2014

journal des Arts

PARIS – Le Conseil de Paris a rejeté lundi 17 novembre par 83 voix contre 78 le projet de construction de la tour Triangle, sur le site de la porte de Versailles. La Mairie de Paris a contesté ce scrutin et va saisir la justice au motif que le secret du vote n’a pas été respecté. Jean Nouvel a défendu « un des objets sculpturaux les plus incroyables [qu’il a] vus depuis très longtemps ». Il a dénoncé la perception de l’architecture en France en ajoutant que « se priver des plus grands artistes (les architectes Herzog & de Meuron) dans une ville comme Paris, ce n’est pas une bonne idée ». Pour lui, cette tour pyramidale est une « tour fière, une sorte de point de repère pour le palais des expositions. (…) Il faudrait que les écologistes comprennent que la densité n’est pas automatiquement l’ennemi de l’écologie ».

ÇA S’EN VA ET CA REVIENT

Nouvelles municipalités et politique musicale in www.lalettredumusicien.fr

lettre du musicien

Nombre de villes ont changé de couleur politique lors des dernières élections municipales. De nouvelles stratégies culturelles sont mises en place et suscitent, dans certains cas, des inquiétudes. Etat des lieux.
Avec une dépense estimée à plus de 4 milliards d’euros annuels pour les communes de plus de 10 000 habitants, les villes constituent les principaux contributeurs au secteur -culturel. Nombre de structures, et donc d’artistes, sont directement dépendants des orientations d’un maire et de son équipe. En mars dernier, les élections municipales ont vu de nombreuses villes changer de couleur politique – la plus grande partie ayant basculé de la gauche vers la droite. Six mois plus tard, force est de constater que cette nouvelle cartographie politique a un impact non négligeable sur le paysage musical.

BANDE ANNONCE

Une nouvelle géographie de la vie musicale parisienne in www.lalettredumusicien.fr

L’ouverture imminente de la Philharmonie et de l’Auditorium de Radio France, le projet de la Cité musicale de l’île Seguin, l’incertitude sur le sort de la salle Pleyel… la vie musicale de la capitale est en plein bouleversement. Musiciens et spectateurs devront s’habituer à une nouvelle carte des équipements.

Il faut remonter à l’ouverture de l’Opéra Bastille, en 1989, pour retrouver une telle agitation dans le paysage musical parisien. En l’espace de quelques mois vont être inaugurés le nouvel auditorium de Radio France (en novembre), la Philharmonie (en janvier), sans oublier, dans le bois de Boulogne, la Fondation LVMH et son auditorium (fin octobre). Et en 2016, à Boulogne-Billancourt, la Cité musicale de l’île Seguin devrait ouvrir ses portes. Mais ces changements ne se font pas sans heurts : dérive financière des projets, incertitude sur la programmation, polémique sur la place de la salle Pleyel… La grève des musiciens de l’Orchestre philharmonique de Radio France, début octobre, n’a fait que rendre délétère un climat déjà pesant. Une chose est sûre : ces équipements vont dessiner une nouvelle carte de la vie musicale.

LUXE, MUSIQUE ET VOLUPTE

Radio France ouvre vendredi un auditorium flambant neuf Par Benoît Fauchet in www.diapasonmag.fr

diapason magazine

Pour cet écrin élégant de mille quatre cent soixante places, les Français d’Architecture Studio (Gaspard Joly et Jean-François Bonne notamment) et l’acousticien japonais Yasuhisa Toyota (du cabinet Nagata) se sont clairement inspirés de la Philharmonie de Berlin dessinée il y a plus d’un demi-siècle par Hans Scharoun, avec ses fameux balcons organisés en « vignoble ».

Quand on pénètre dans le lieu, on est d’abord frappé par sa verticalité — il a fallu composer avec l’espace limité des anciens studios 102 et 103. Sentiment d’intimité scène-salle, avec la musique au coeur ; mais les musiciens, dans un premier temps du moins, pourraient trouver cette arène intimidante ! Le canopy, le grand réflecteur acoustique en forme de lentille, trône à 14,5 mètres de hauteur. Mais les spectateurs ne seront jamais très loin du chef d’orchestre : dix-sept à vingt mètres pour les plus éloignés d’entre eux, contre trente-deux pour la Philharmonie et… quarante-huit à la salle Pleyel. Deuxième impression marquante : l’omniprésence du bois. Sur les parements verticaux, qui offrent au regard une marqueterie d’essences variées (hêtre, bouleau, merisier). Sur le sol accueillant le public — un parquet en chêne. Sur la très grande scène (vingt-deux mètres sur quinze, des dimensions comparables à celles du plateau du Walt Disney Concert Hall), avec un bois rare venu de Californie et d’Orégon, non verni, pour mieux diffuser le son.

L’HERBE N’EST PAS PLUS VERTE AILLEURS

Et si la Philharmonie de Paris n’était pas si chère ? Par Jean-Philippe Hugron
in lecourrierdelarchitecte.com

courrier de l'architecte

Nombreux sont ceux qui dénoncent un budget hors de toute raison pour la Philharmonie de Paris, conçue par Jean Nouvel (…) Pour l’heure, l’architecte du ministère des Finances se trompe dans le prix rapporté au m2. Peu importe. Et si la Philharmonie de Paris coûtait bel et bien 386 millions d’euros ?

Voilà qui serait un exploit !A titre de comparaison, l’Elbephilharmonie de Hambourg, conçue par le duo suisse Herzog et de Meuron, ne finit pas de plomber les comptes avec un chiffre de 860 millions d’euros avancé par la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

L’Opéra d’Oslo, conçu par Snøhetta, a coûté 486 millions d’euros.L’Opéra de Copenhague, financé par un mécène privé, aurait coûté 355 millions d’euros. (…)

En Espagne, à Valence, le Palais des Arts Reina Sofia – souvent désigné par la presse par le seul nom Palais des Arts tant l’édifice suscite la polémique – a été conçu par Santiago Calatrava. Le budget de cet opéra : plus de 400 millions d’euros ! (…)

Reste à ajouter dans cette liste, la mesurée Philharmonie du Luxembourg, conçue par Christian de Portzamparc. L’édifice a coûté 113,5 millions d’euros mais la salle reçoit presque trois fois moins de spectateurs (1.500) que la Philharmonie de Paris (3.400), dont le prix au siège – cher à Jean Nouvel – approche les 100.000 euros.(…)

Le problème n’est pas le coût de la Philharmonie. Il en va davantage de l’incompétence des maîtrises d’ouvrage à chiffrer correctement un équipement.

Il en va aussi de la folie des villes qui multiplient les projets coûteux.

Ceci étant dit, il y a toujours foule au musée et la culture semble la seule activité à ne pas connaître la crise.

MAISONS DE CAMPAGNE

La Villégiature en Île-de-France, une évidence Par Roselyne Bussière
in insitu.revues.org (Revue des patrimoines)

in situ patrimoine

Plus de trente ans de travaux du service de l’Inventaire en Île-de-France ont permis d’engranger une connaissance approfondie du territoire qui a été répertorié. Si le patrimoine de la villégiature n’a pas fait l’objet d’études thématiques, il n’en est pas moins omniprésent dans des lieux attendus, comme Le Vésinet mais aussi plus cachés comme Porcheville. En Île-de-France, la présence des élites parisiennes et versaillaises est le facteur le plus déterminant du développement de la villégiature. Au xviiie siècle, maisons de plaisance et maisons de campagne se multiplient mettant en place une typologie en trois déclinaisons (l’« excentrique », le « simple », le « château ») qui a la vie longue. La passion pour les paysages guide les implantations. Ces caractères perdurent au xixe siècle : il n’y a pas de rupture, seulement un élargissement géographique et social. Lotissements concertés, colonies, lotissements diffus recherchent les mêmes sites privilégiés, parcs de château, forêts, bords de fleuve. Les maisons de villégiature se dotent d’éléments distinctifs, le belvédère, la salle de billard, le salon de musique, le parc avec grotte, autant d’éléments hérités des siècles antérieurs et qui sont repris dans l’architecture urbaine, si bien que le paysage urbain de la banlieue est directement marqué par celui de la villégiature.

BILAN ET PERSPECTIVES

Territoire – L’effet Louvre-Lens par Eric Tariant, In Le Journal des Arts 28 novembre 2014

LENS ESPÈRE CONNAÎTRE AVEC SON ANTENNE DU LOUVRE LE MÊME SUCCÈS QUE BILBAO AVEC LE GUGGENHEIM

Le Louvre du Nord se trouve au cœur d’un bassin minier de quelque 800 000 habitants (…) Au centre d’un bassin désindustrialisé, en déclin démographique, et marqué par un taux de chômage élevé (16,4 % pour la zone d’emploi Lens-Hénin) et de faibles revenus moyens par foyer fiscal (16 900 euros). (…) À Lens, en deux ans, sept cents millions d’euros d’investissements publics et privés ont été réalisés dont ceux du Louvre (150 millions) (…)

Quatre cents emplois créés
Quelques hôtels et restaurants ont déjà ouvert leurs portes. De nouveaux établissements de bon niveau (des trois et quatre-étoiles, rares dans le bassin minier) sont annoncés pour les années 2015 à 2017. Ils seront rejoints par plusieurs « grandes » enseignes de prêt à porter (H & M, Célio) et par de nouveaux équipements culturels (implantation des réserves du Louvre, création d’une résidence d’artistes par la Fondation Pinault, agrandissement de la librairie Furet du Nord).

Quid des retombées économiques liées à cette afflux touristique ? Pour la première année de fonctionnement du musée, elles sont estimées à 42 millions d’euros. Quelque 400 emplois auraient été créés dans le sillage de l’ouverture du Louvre-Lens. Dont 69 emplois directs (les salariés du musée) et 106 indirects créés par les fournisseurs de l’établissement. Les autres étant des « jobs » induits liés à l’ouverture d’hôtels et restaurants et d’offices de tourisme notamment. (…)

Le regard sur le territoire Lensois a-t-il déjà changé ? 67 % des visiteurs repartiraient avec « une image améliorée » de la ville et 80 % des habitants du territoire affirmeraient éprouver un « sentiment de fierté ». Cette dynamique liée à l’effet de nouveauté se poursuivra-t-elle dans les prochaines années ? Le Louvre-Lens saura-t-il renouveler l’intérêt du public, fidéliser les visiteurs et élargir son aire de rayonnement ? Les chiffres de fréquentation des expositions temporaires du Louvre-Lens n’ont cessé de chuter depuis deux ans passant de 150 000 visiteurs pour « Renaissance », l’exposition inaugurale, à 86 000 entrées pour « Les désastres de la guerre » qui a fermé ses portes au mois d’octobre dernier. (…)

BANDE ANNONCE 2

Prochainement au Centre George Pompidou, une nouvelle galerie sur le Design et l’Architecture, par Marie-Jeanne Caprasse, In www.paris-art.com

paris art

Lors de l’inauguration de sa nouvelle galerie de photographie le 5 novembre dernier, le Centre Pompidou a annoncé son intention d’ouvrir une nouvelle galerie dédiée au design et à l’architecture. Elle sera logée dans le bâtiment existant, en prenant la place des anciens locaux techniques.

Actuellement, le manque d’espace du Centre Pompidou permet à l’institution de ne montrer que 2 % de sa collection. Afin de remédier à ce problème, le Centre Pompidou recourt au prêt temporaire d’une partie de ses collections, notamment au Centre Pompidou-Metz ou encore au «Centre Pompidou provisoire» qui ouvrira ses portes à Malaga en 2015. Ce dernier s’établira pour une durée de cinq ans dans le Cubo, un bâtiment à vocation culturelle érigé en 2013 et adapté en 2014 pour accueillir le Centre Pompidou, situé sur le port de plaisance de la ville.

LA CARTE POSTALE

« Scope » : les politiques culturelles dans la presse

Chaque mois, les politiques publiques culturelles sur notre rubrique Scope, également sur Facebook.

DÉSHABILLER PAUL OU JACQUES ?

 Édito par Fabrice Bousteau – Faut-il ouvrir les musées sept jours sur sept ?

in Beaux Arts (sept. 2014)

beaux arts sept14Fin juillet, le ministère de la Culture a fait savoir qu’il réfléchissait à la possibilité d’ouvrir sept jours sur sept de grandes institutions muséales telles que le Louvre, Orsay ou le Château de Versailles. L’objectif est double: mieux gérer le flux de visiteurs de ces établissements surfréquentés et accroître leurs recettes pour contrebalancer la baisse des subventions publiques. (…) D’abord, rien ne prouve que cela permettrait d’améliorer le confort du public, (…) En outre pourquoi les musées devraient-ils ouvrir en permanence quand les supermarchés, les boucheries ou les librairies ferment un jour par semaine ? (…) Enfin, il n’est pas certain que cette mesure développe les recettes des musées, car cela entraînerait aussi des coûts supplémentaires. (…) Une grande partie des fonds du ministère est dévolue à l’audiovisuel public. Pourquoi ne pas diminuer le nombre de chaînes (à l’image de la Grande-Bretagne) pour en accroître la qualité et redistribuer aux musées une partie des économies générées ? Il faut en finir avec cette pensée du quantitatif qui évalue le succès d’une exposition et des lieux qui l’accueillent par ses chiffres de fréquentation plutôt que par l’analyse de ce qui est présenté. Il faut inventer de nouvelles manières de penser le budget du ministère de la Culture et son action.

PATATRAS

Édito par Fabrice Bousteau – La Culture: un ministère comme un autre ?

in Beaux Arts (oct. 2014)

Le mauvais bilan d’Aurélie Filippetti tient autant à elle qu’au Président, qui a plombé d’entrée son action en réduisant le budget de son ministère comme jamais dans l’histoire de la Vème République. Et ce malgré les promesses électorales de sanctuarisation. Toutefois, si la question budgétaire est essentielle, elle n’est pas centrale. Ce qui compte, c’est le projet de politique culturelle. Or, ni François Hollande ni Manuel Valls n’en ont défini les grands axes. En «gérant» la Culture, le Président exerce en réalité une forme de dissolution culturelle qui menace l’existence même de ce ministère. Mettant à bas près d’un siècle de réflexion de la gauche sur la culture …

 ÇA VA ÇA VIENT

 L’amendement sur l’inclusion des œuvres d’art dans l’ISF heureusement repoussé par Didier Rykner

in www.latribunedelart.com (oct. 2014)

Politique culturelle – Impôt sur la fortune – L’Assemblée nationale a finalement repoussé aujourd’hui l’amendement voté en commission des finances qui proposait d’assujettir les œuvres d’art à l’ISF. L’UMP a voté contre, mais également tous les socialistes ce qui prouve que, parfois, le bon sens arrive à triompher. Il est remarquable que tous ceux qui, à un moment ou à un autre, ont été favorables à cette idée finissent par y renoncer lorsqu’ils arrivent au gouvernement, ce qui doit être la preuve que les arguments des opposants – dont nous sommes – sont bons. Cela avait été le cas d’Aurélie Filippetti, c’est désormais aussi celui de Fleur Pellerin dont nous savions depuis plusieurs jours qu’elle y était fermement défavorable.

TIRAILLEMENT

Bronca contre les régions par Hélène Girard

in www.lagazettedescommunes.fr (oct. 2014)

Elus et professionnels se divisent sur la compétence culturelle « obligatoire » revendiquée par les régions. (…)

Liberté d’intervention – D’un côté, les régions, qui, depuis juillet dernier, réclament une compétence culturelle « obligatoire » et « partagée » avec les autres échelons territoriaux. Une revendication aussitôt relayée par l’Association nationale des directeurs des affaires culturelles de régions (Andracre).

De l’autre côté, départements et bloc communal, viscéralement attachés à la clause de compétence générale, maintenue pour la culture (avec le tourisme et sports) dans le projet de loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République. Cette liberté d’intervention garantit, à leurs yeux, des politiques culturelles de proximité et de soutien à la création par le biais des cofinancements. (…)

Pour Jack Maignan, DGA de la région Basse-Normandie, c’est justement pour « laisser vivre les territoires », qu’il faut donner la compétence « culture » aux régions, car « aujourd’hui, l’Etat n’est plus partout sur le territoire, mais à 80% sur Paris. »

TIENS-DONC ?

Le photojournalisme authentique par Vincent Lavoie

in Photographie Magazine (oct. 2014)

La séduction opérée par la photographie amateur auprès des professionnels est puissante. Même dans un cadre aussi normé que le reportage de guerre, genre noble s’il en est, la téléphonie portable impose sa candeur. À tel point que certains photojournalistes parmi les plus couronnés troquent leur sophistiqué Canon 5D Mark II pour le simple iPhone (…) Le recours au iPhone fut notamment motivé par l’intention de produire discrètement des images de l’ordinaire des troupes américaines: les loisirs, les travaux d’entretien, les tâches quotidiennes, les déplacements, le repos; pas de combats – sujet peu photogénique au demeurant – mais des situations à faible teneur événementielle. N’est-ce pas cela la guerre au demeurant ?

AVANIES

 Benjamin Stora, un historien engagé à la cité de l’immigration par Daphné Bétard

in Beaux Arts (oct. 2014)

Difficile d’exister quand on veut faire connaître et reconnaître le rôle des immigrés dans le développement économique, social et culturel de la France. Le sujet est délicat, les pouvoirs publics se montrent frileux. Benjamin Stora ne le sait que trop bien: en mai 2012, il avait été évincé de l’exposition «Camus» par la municipalité d’Aix-en-Provence au prétexte d’avoir trop lié l’écrivain à l’Algérie – un comble quand on connaît l’importance de celle-ci dans son oeuvre ! La Cité de l’immigration (dans le Palais Ar déco de la Porte Dorée à Paris, NDA) a elle-même souffert d’un certain ostracisme, jusqu’à être privée d’inauguration officielle lors de son ouverture en 2007 – elle était dans la ligne de mire du Président Sarkozy. Benjamin Stora souhaite avant tout rendre l’institution plus visible, multiplier les partenariats (…) et miser sur la création contemporaine, particulièrement les arts vivants.

BONNE CHANCE

 Musée: les machos ont-ils le pouvoir ? Par Isabelle Manca

in L’Oeil (oct. 2014)

Le bilan de cette étude a depuis été approfondi par les statistiques établies par l’Observatoire de l’égalité femmes-hommes dans la Culture et la Communication (…) Il en ressort que si le patrimoine est un peu moins touché par la relégation des femmes que d’autres domaines, dont le spectacle vivant, elles s’y heurtent aussi à un plafond de verre dès qu’il s’agit d’accéder aux plus hautes fonctions. «Les chiffres sont assez semblables à ceux des établissements publics dans tous les secteurs: on oscille entre 25 et 30% de dirigeants exécutifs. Il y a une proportion plus importante de femmes à la tête des musées nationaux, mais ce sont justement les plus petits.»

Part des femmes dans les postes de direction
des établissements publics

27 %

Présidentes

53 %

Directrices Générales

Part des étudiantes dans les écoles de l’enseignement supérieur culture, filière patrimoine : 81 %

 ÉVIDEMMENT

 Alvaro Silva, le très grand sage de l’architecture par Maryse Quinton

in The Good Life (oct. 2014)

«Les architectes n’inventent rien. Ils transforment juste la réalité.» C’est l’une des citations qui revient le plus souvent quand on évoque Alvaro Silva, tant elle éclaire la façon dont il se positionne face à son art. À l’heure de la globalisation et des ego surdimensionnés, face à la multiplication de bâtiments pensés pour faire la une des journaux, la star portugaise fait figure de résistant. (…) En s’affranchissant de tout effet de mode, son architecture échappe à la péremption précoce. En portant un regard affuté sur ce qui est déjà là, Alvaro Silva inscrit ses bâtiments dans leur territoire, sans artifice aucun. Car l’une de ses préoccupations principales est l’attention sans limites qu’il porte au lieu qu’il lui a été donné d’investir. (…) «Je suis un fonctionnaliste. Être fonctionnaliste dans le développement d’un projet signifie qu’il est important d’avoir une ambition autre que celle de simplement répondre au fonctionnement immédiat. Il faut aller au-delà, parce qu’un bâtiment peut changer un programme. L’architecture ne doit pas être modeste ou vaine; elle doit réagir à une situation.»

 PEACE & RESPECT

Édito #22 par Samantha Longhi

in GraffitiArt Magazine (sept. 2014)

Pourquoi demande-t-on systématiquement à un artiste urbain de faire une performance live dès que le moindre événement est programmé ? La dimension spectaculaire de la prestation tombe vite dans la pantomime (…) l’artiste va le sourire aux lèvres faire preuve de son talent sans émettre le moindre discours sur son travail. Ensuite, comment expliquer le fait que les artistes soient le plus souvent conviés à peindre des murs sur les cimaises muséales au lieu de les investir comme n’importe quel artiste ? (…) à l’instar des galeries pensant que des murs en béton ou un accrochage brouillon vont rendre hommage à «l’esprit de la rue». Enfin, pourquoi les catalogues des ventes aux enchères caritatives sont majoritairement composés d’oeuvres de street artists ? Parce qu’ils font déjà preuve de générosité en offrant gratuitement leurs oeuvres dans l’espace public ? Dernière et ultime question: est-ce qu’il serait trop demander de réclamer un peu de respect, s’il vous plaît ?

ET PAN !

 Tout le pouvoir à la musique par Philippe Venturini

in Classica (oct. 2014)

L’Estonie ? C’est le plus petit et le moins peuplé des trois pays baltes. Mais cet État à peine quatre fois plus grand que l’Île-de-France en remontre au reste du monde: il est tout simplement le plus musical, le plus cultivé qui soit. (…) «La Culture est un élément essentiel de notre pays, explique Ragnar Siil, sous-secrétaire aux Beaux-Arts au ministère de la Culture. Sa sauvegarde est même inscrite dans la constitution. (…) Mais il faut bien comprendre que cela n’est pas seulement un choix, c’est aussi une question de survie: nous devons nous faire connaître à l’extérieur.» (…)

Entrée dans la modernité il y a à peine plus de vingt ans, l’Estonie a voulu rattraper son retard et figure parmi les pays les plus connectés: sait-on par exemple que Skype (…) n’a pas été inventé dans un garage de la Silicon Valley, mais en Estonie ? Et la culture, la musique notamment, compte parmi les priorités. Même s’il n’y a que cinq Steinway pour tout le pays.

GRINCHEUX

 L’humeur d’Alain Duault – Mauvais rêve ? Non, hélas…

Faut-il que les dirigeants de la Philharmonie de Paris soient inquiets pour avoir obtenu cette ahurissante interdiction de la musique classique à la Salle Pleyel ! Comme si un califat de la musique classique s’instaurait et distribuait ses oukazes (…) Est-ce vraiment servir la cause de la Philharmonie, qui, elle, de son côté, projette de s’ouvrir à toutes sortes de «musiques actuelles», les mêmes que celles qui devront être programmées à la Salle Pleyel ? C’est Ubu au pouvoir ! (…) On commence par l’interdiction du classique à Pleyel, on peut continuer par (…) l’interdiction du biniou en été à 100 kilomètres de Lorient, l’interdiction de regarder des couchers de soleils près des librairies qui en vendent les reproductions …

 RENZO CINÉMA PIANO

 Un Léviathan se lève dans le 13ème par Stéphane Delorme

in Les Cahiers du Cinéma (oct. 2014)

L’architecte Renzo Piano ayant pour mission de bâtir un lieu pour la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, quelle surprise de voir littéralement sortir de terre le plus beau bâtiment parisien depuis longtemps. «Sortir de terre» car la grande verrière adopte un mouvement somptueux, vif, glissant, comme un monstre marin surgissant de mer se contorsionnerait entre les murs de cette cour pour replonger illico. La verrière est composée de 5000 petits volets que l’architecte a pensés «comme autant d’écailles» et de l’intérieur l’arc en bois forme comme autant de verrières. (…) Au premier étage une exposition de 150 appareils (…) Au deuxième et au troisième, les archives Pathé (administratives, iconographiques, affiches, scénarios, …) Au quatrième et au cinquième, une bibliothèque presque à ciel ouvert tant la verrière et l’arc en bois éclairent cet espace dédié à la recherche. Au sous-sol, la salle de cinéma Charles-Pathé, réservée au cinéma muet, programme chaque jour deux séances accompagnées au piano. C’est aussi la beauté de ce bâtiment splendide d’être un refuge pour les chercheurs, les étudiants, les spécialistes, même si, on l’espère, son attraction sera telle que d’autres publics s’y joindrons.

CARTE POSTALE

Inauguration du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, premier établissement public créée depuis l’indépendance. D’un coût d’environ 18 millions d’euros, il sera également dédié à la formation. Il prolonge le projet « Rabat, ville lumière » lancé en mai 2014.

 

Capture du2019u00E9cran 2014-10-09 u00E0 12.56.27 - copieSCOPE propose un échantillon de presse sur l’actualité des politiques publiques culturelles, dans un large spectre de disciplines. Mais pas seulement.
SCOPE passe en revue pour vous la plupart des publications web et papier, spécialisée dans l’Art. Avec toujours à l’esprit de mettre la lumière sur les politiques publiques en France et ailleurs.
SCOPE propose enfin, régulièrement, à un décideur ou une personnalité pertinente du monde des Arts, de réagir à quelques extraits de presse, afin de donner un écho concret aux travaux des rédacteurs.

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Après le Printemps de l’éolien offshore…

Pourtant, l’attribution récente au groupe GDF du second appel d’offres d’un volume de 1000 MW devrait accélérer la sortie des fonds des eaux d’une filière industrielle encore émergente.

La France devra en effet redoubler d’effort afin d’atteindre d’ici 2020 75 % de la capacité actuelle de l’éolien terrestre, soit 6000 MW ou l’équivalent de quatre gros réacteurs nucléaires. Pas moins de 10 000 emplois à créer selon Madame Royal et près de 4 millions de tonnes de CO2 à économiser chaque année.

Plus couteux que son cousin terrestre, mais plus productif, car il dépend d’une météorologie plus prévisible, l’éolien marin n’est pas encore arrivé à son stade de maturité. Il recèle d’ores et déjà un fort potentiel de développement pour les territoires.

L’activité économique locale induite est en effet significative. Pour le précédent appel d’offres de cette importance remporté en 2012 par le concurrent EDF, la valeur ajoutée estimée était au trois quarts nationale et régionale. Dans ce cas de figure, la « Compagnie du vent » quantifiait à près de 2800 le nombre d’emplois créés pour les phases d’ingénierie, de fabrication et de pose.

Pour les collectivités en crise, ce secteur est également une opportunité touristique déjà expérimentée avec succès par nos voisins britanniques et danois. D’autant que sur le plan de l’environnement, « l’effet récif artificiel » constitué par les mâts participe au développement de la ressource halieutique.

Dans un premier temps bloqué par la présence possible de mines, le projet continue de susciter des points de friction en matière de conflits d’usage, particulièrement sensibles. La population des pêcheurs est touchée par la hausse tendancielle des carburants. Une frange s’obstine à vouloir revenir vers une pêche sans avenir, affranchie de tous quotas. Elle appelle cependant une vigilance particulière. La taxe spécifique aux éoliennes en mer devrait représenter à terme un produit de plusieurs dizaines de millions d’euros. Un levier pour une conversion sociale réussie.

C’est là un résumé saisissant des risques entre lesquels la future Loi sur la transition énergétique présentée d’ici cet été devra naviguer. Là où la filière nucléaire a fait l’objet en son temps d’un soutien massif en fonds propres et d’une nouvelle promesse industrielle, le développement de l’éolien devra surtout compter sur les tarifs de rachat et l’obligation d’une reconversion des filières du passé.

D’autant que le gouvernement est également confronté à la concurrence des carnets de commandes, notamment. Ceux des acteurs de l’industrie navale ou des équipementiers électriques. Rien que sur le créneau des énergies renouvelables marines, la valorisation électrique des courants ou les potentialités soulevées par l’éolien posé à grande profondeur, les modèles économiques sollicités s’accommodent peu des taux de retours exigés par les marchés pour ce type de projet.

Réussir « l’Été de la transition énergétique » appellera donc une responsabilité forte des pouvoirs publics dont la maitrise d’ouvrage devrait permettre de desserrer l’étau de la rentabilité des futures réalisations industrielles. Mais ils devront également faire preuve d’innovation si on ne souhaite pas que cela se traduise par un nouveau coup de chaud pour nos finances publiques.

Un article publié sur le site du quotidien Les Echos le 29 mai 2014.

La petite enfance selon Christophe Najdovski

Une autre politique est possible

Une autre approche de la politique de la petite enfance est pourtant nécessaire. Car l’enjeu est éducatif, social mais aussi économique. De nombreuses études, comme celle du prix Nobel James Heckman ([« Skill Formation and the Economics of Investing in Disadvantaged Children », Science, juin 2006, (cité par Thibault Gajdos)))], sont venues confirmer que les capacités d’un individu à s’insérer socialement et à acquérir une qualification sont largement déterminées par sa petite enfance et que les actions d’éveil menées dans les crèches collectives permettent de lutter contre les inégalités sociales. De plus, l’absence de solution satisfaisante d’accueil des enfants est un facteur important d’éloignement des femmes du marché du travail, elle est même destructrice d’emplois. Les chercheurs Eric Maurin et Delphine Roy estiment que 100 000 places de crèches permettent, à l’inverse, de préserver 15 000 emplois et concluent que la création de places en crèches est économiquement rentable ([« L’effet de l’obtention d’une place en crèche sur le retour à l’emploi des mères et leur perception du développement des enfants », Cepremap, mai 2008.)].

Une autre politique de la petite enfance est possible. Des collectivités locales ont fait le choix d’un investissement massif en faveur du développement de l’offre d’accueil sans rogner sur la qualité. Ainsi, à Paris, en dépit des contraintes financières et foncières, plus de 10 000 places seront créées sur la période 2001-2014, portant le niveau d’accueil en structure collective à plus de 50% des enfants de moins de trois ans (contre 10% au niveau national).
Des mesures sont également prises en matière d’accueil à domicile, pour former des auxiliaires parentales et créer un label de qualité.
De plus, la Ville de Paris a pris l’initiative en 2008 d’une convention tripartite avec la Région et l’Académie de Paris pour augmenter le nombre de personnels formés aux métiers de la Petite enfance, faciliter les recrutements et contribuer à sortir de cette situation paradoxale de déficit de personnels formés alors que le chômage fait rage, en particulier chez les jeunes.

Au niveau national, les besoins en matière d’accueil des enfants de moins de trois ans sont évalués à une fourchette comprise entre 300 000 et 500 000 places. Nous appelons donc à un véritable « plan Marshall » de développement de l’accueil collectif, auquel une nouvelle majorité présidentielle et parlementaire devrait s’atteler dès 2012, pour initier d’autres choix que ceux pris actuellement.
Nous proposons une politique progressiste qui garantit l’égalité femmes-hommes, car aujourd’hui ce sont les femmes qui cessent leur activité professionnelle lorsqu’il n’y a pas de solution d’accueil pour leur enfant, une politique qui assure l’égalité des chances pour les enfants, la période de la prime enfance étant déterminante pour leur développement.

La petite enfance, première marche du système éducatif

De même, l’expérience de certains pays scandinaves doit nous inspirer : la petite enfance y est considérée comme la première marche du système éducatif. Ce système qui investit le plus dans l’éducation dès la petite enfance est celui qui bénéficie des meilleures comparaisons internationales tout au long de la chaîne éducative. La Suède et la Norvège ont d’ailleurs transféré la responsabilité de l’accueil de la petite enfance du ministère des affaires sociales vers le ministère de l’éducation.
Autre mesure exemplaire : les deux parents peuvent se partager un congé parental d’un an au Danemark et de 16 mois en Suède, congés convenablement rémunérés, relayés ensuite par un dispositif garantissant à chacun et chacune un mode d’accueil pour son enfant.

Il serait temps que nos dirigeants politiques nationaux suivent ces exemples. Nous n’en prenons hélas pas le chemin. Il appartient donc aux forces progressistes de notre pays de proposer une alternative crédible avec la perspective pour la prochaine législature d’un véritable service public de la petite enfance.

Crise : la fin du temps de l’innocence

Pour Warren Buffett – qui doit sa fortune à sa capacité à voir plus loin que le marché – la crise est la fin d’un cycle caractérisé par trois « i ». Une phase d’Innovation, où des chercheurs et des ingénieurs imaginent comment changer la vie à l’horizon d’une génération. Ensuite vient le temps de l’Imitation – le règne des commerciaux et des développeurs qui diffusent les produits imaginés par les précédents. Vient enfin le temps des Idioties, où des montages tarabiscotés font croire au monde – comme les financements structurés de l’ère des subprimes – que les arbres plantés par les innovateurs et développés par les imitateurs iront jusqu’au ciel. On pourrait ajouter le « i » des Innocents, qui payent alors le prix de la crise sous forme de chômage ou de perte d’opportunités professionnelles.

Face aux difficultés à joindre les deux bouts, notre pays en crise peine à se projeter dans l’avenir et à retrouver l’envie et les moyens à changer la vie de la prochaine génération. Paradoxalement, c’est pourtant là que réside le début du cycle et la sortie de crise, en débloquant trois leviers, collectifs, individuels et financiers.

Collectivement, il faut accepter un « devoir de vérité ». C’est l’esprit des accords compétitivité emploi, qui permettent d’ajuster les coûts plutôt que l’emploi. Ce sont les « stress test » des banques, la maitrise des déficits publics ou la fameuse « paille de fer » passée par les nouveaux dirigeants sur les comptes de leur entreprise. Car rien ne se construit sur des objectifs intenables ou des comptes faux. Il faut ensuite retrouver une confiance collective suffisante pour construire à nouveau. Francis Fukuyama soulignait six critères communs à tous les groupes humains (pays, tribus ? ou entreprises) caractérisés par une forte confiance mutuelle : l’existence de sous-groupe de taille humaine (tels les 50 personnes qui forment le chantier, brique élémentaire même dans les projets les plus gigantesques), l’existence de frontières nettes permettant de définir qui fait partie du groupe, l’intensité des relations en son sein, l’existence de valeurs et d’une culture commune, le niveau de justice entre les membres et, enfin, le niveau de transparence au sein du groupe. Autant de critères presque désuets à l’ère de la mondialisation, des amis facebook et des anonymous…

Individuellement, nous devons retrouver la capacité à construire l’avenir. Nous avons besoin d’entrepreneurs innovants pour inventer de nouveaux marchés. Mais nous avons également besoin d’intrapreneurs, qui vont bousculer les grandes entreprises ou les administrations. Car si certaines innovations naissent dans des startups, d’autres nécessitent une infrastructure ou des moyens qu’on ne trouve que dans des entreprises devenues grandes. L’ignorer c’est nous condamner à voir des innovations en France mais les développements à l’étranger.

Nous devons enfin donner des moyens à nos rêves. C’est vrai pour l’Etat, dont les investissements sont la première victime des réductions de déficit. Alors qu’il faudrait faire l’inverse : moins de déficits, mais plus d’investissements, autant pour préparer la croissance de demain que pour préserver celle d’aujourd’hui. Car le « multiplicateur » (l’augmentation de croissance induite par une hausse de dépenses) des investissements est de loin le plus élevé. C’est aussi vrai pour les entreprises, dont les dépenses de recherche pâtissent de la crise. A cet égard la stabilisation du crédit impôt recherche pour 5 ans est salutaire. L’appui au commerce extérieur l’est tout autant : aucune entreprise n’investissant sans marchés, il est nécessaire d’aller la chercher ailleurs la croissance qui nous fait défaut pour le moment.

Dans une économie où plus de la moitié des fonds des entreprises cotées viennent de l’étranger, ces derniers doivent enfin retrouver de notre pays une image davantage tournée vers l’avenir, et marquée par des valeurs plus positives qu’une taxe à 75 % ou les imprécations d’un fabricant de pneumatiques provocateur. Sans remettre en cause la solidarité envers les innocents touchés par la crise, la reprise ne viendra que lorsque nous arriverons à convaincre le monde de partager nos rêves d’avenir. Pour cela, commençons par mettre ces rêves au centre de nos débats !

Retrouvez les chroniques de Vincent Champain sur son blog.