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D’où vient (réellement) la crise ?

LIMITE DES MODELES D’ANALYSES CLASSIQUES

Elle est généralement analysée comme une conséquence des excès de l’économie financière, et de la relative euphorie qu’elle avait fait naître au cours des années qui l’avaient précédée, malgré les secousses qui avaient déjà sanctionné certaines bulles spéculatives sectorielles ou régionales. La recherche d’une sortie de crise soutenable nécessite cependant des analyses complémentaires de l’absence de réponse des principaux leviers de commande de l’économie

En 2008, les relances de type keynésien étaient l’unique moyen de ne pas reproduire les erreurs de 1929. Et pourtant, tout en évitant une aussi monstrueuse récession, elles ont rapidement tourné à vide. Bien que l’ensemble du monde riche les ait conduites de manière coordonnée, elles ont buté contre la très classique contrainte extérieure : l’encouragement de la consommation a profité aux importations de biens produits dans l’ « atelier du monde » : les pays qui (pour autant que l’on puisse raisonner en termes globaux alors que les inégalités y sont colossales) sont en train de rattraper notre niveau de vie à grandes enjambées. Par le mécanisme des « déficits jumeaux », ces déséquilibres se sont accumulés sous la forme de dette publique d’un côté, créances de l’autre.

La volonté des autorités chinoises de maintenir leur monnaie en-dessous de sa valeur n’est pas seule en cause. Du fait des taux de croissance toujours proches des 10 % qu’on trouve dans les pays qui répondent à notre demande de biens manufacturés, nous sommes dans la situation paradoxale d’une quasi-récession alors qu’il n’est pas certain que les 4 % mesurés sur le monde dans son ensemble puissent être durablement dépassés, ce qui pèse sur l’efficacité des politiques de relance des pays mûrs.

Ceci est sans doute vrai d’un point de vue économique, mais plus encore d’un point de vue physique. La production mondiale de pétrole a probablement passé son pic, au-delà duquel l’absence de découverte de nouveaux champs pétrolifères majeurs depuis plusieurs décennies conduira cette production à décroître, et nos économies à partager avec les nouvelles venues un gâteau inextensible.

C’est d’ailleurs sans doute une bonne chose, car tout accroissement de la consommation de ressources énergétiques fossiles est une catastrophe pour la maîtrise du changement clima-ti-que en cours. « Sans doute », non pas parce que l’effet de serre serait incertain, mais parce que si nous devions substituer du charbon au pétrole, les conséquences écologiques pourraient être encore pires. Mais si la pénurie physique de pétrole pouvait rejoindre la pénurie de capacité d’absorption du CO2 par la biosphère, et nous aider à mener enfin les politiques de dévelop-pement massif des énergies renouvelables permettant d’y répondre, ce serait finalement une bonne issue. Savoir qu’il est doublement rationnel de prendre ce virage est un point de repère utile dans un monde qui en manque cruellement.

Exclusif : tout sur « Energies Posit’if », la SEM de la région IDF

UNE SEM ENERGIE POUR QUOI FAIRE ?

Il s’agit du premier outil de cette taille créée par une collectivité en France afin de changer d’échelle les politiques énergétiques sur des créneaux très concernés par le Facteur 4 mais peu traités par les politiques traditionnelles.
L’ objectif de cette SEM régionale est de compenser l’initiative privée dans le domaine du logement collectif et les bâtiments des collectivités.

LOGEMENT COLLECTIF

Cet outil doit permettre aux copropriétés privées peu courtisées par les grands énergéticiens (y compris celles dans le logement social) d’éviter d’avancer les frais liés aux travaux qui constituent souvent un frein à la décision. Un mécanisme de « tiers investisseur » sera mis en place entre les contractants du champ concurrentiel afin d’engager des rénovations énergétiques de type « Bâtiment Basse consommation » en apportant le financement et la coordination technique des travaux. La SEM se rémunèrera ainsi directement sur les économies financières découlant des travaux d’économies d’énergie ainsi que d’autres dispositifs (Eco-prêt, subventions, Certificat d’Economie d’Energie?.)

140 000 m2 de rénovation de logements collectifs seraient visés sur les prochains exercices.

ENERGIES RENOUVELABLES

Dotée initialement d’un capital de 4 millions associant dans un premier temps la Région, la CDC, des institutions mutualistes, la SEM devrait également intervenir en matière d’énergies renouvelables. Dans un premier temps, cela concernera l’offre de conseil et de participations financières dans des projets de production de chaleur ([Géothermie profonde et superficielle, méthanisation? et d’électricité verte Cogénération, photovoltaïque, éolien?)] portés par les acteurs du territoire francilien (collectivités, syndicats d’énergie, SEM locales, promoteurs privés ?).

L’effet de levier visé serait de l’ordre de 100 millions d’euros de projets dans ce domaine. L’équilibre de la SEM pourrait être atteint dans ces conditions dés 2015.

Selon une note interne adressée aux groupes politiques, la Société d’Aménagement et d’Equipement de La Région Parisienne, réformée dés la fin de cette année, permettra d’intervenir en complément de la SEM auprès des collectivités moins concernées par le problème de l’avance des travaux « d’engager dans le cadre de marchés globaux (Conception Réalisation Exploitation Maintenance) des opérations d’économie d’énergie ou de conception de bâtiments neufs avec garantie de performance. »

La bonne parole des écologistes

En tant que sociologue, j’ai aussi travaillé sur la question du Front national, et j’ai noté ce fait significatif : depuis plus de trente ans, on trouve assez peu de sympathisants déclarés et affirmés du lepénisme ambiant. Et même si l’arrivée de la fille du chef permet aux médias de donner un nouveau visage à la « dédiabolisation », se déclarer électeur du FN frise encore la provocation, le casus belli familial, l’aveu d’un passage dans le monde des beaufs et des frustrés.

Pourtant, on a vu beaucoup d’électeurs confier leur voix au parti d’extrême droite? Ã l’inverse, à l’heure où presque tout le monde s’estime peu ou prou écolo, peu de ces amoureux de la nature revendiqués votent pour les écolos. Ainsi, du côté du parti lepéniste, on vote beaucoup sans avoir envie de le dire ni de défendre trop avant les raisons de ce choix ; chez les écolos, on déclare massivement son intérêt pour l’écologie? sans aller jusqu’à donner sa voix aux porteurs de l’idée.

On le constate d’ailleurs au fil des enquêtes : le FN demeure le parti le plus rejeté par les Français, tandis que les Verts sont celui qu’ils préfèrent depuis plus de trente ans. Mais dans les urnes, tout change?

Imaginons maintenant un militant du PS ou de l’UMP à la table du dîner évoqué par Wilfrid. On le laissera relativement tranquille. Comme si cette adhésion ne valait pas tout à fait engagement, hormis en période électorale. Bref, être écolo, c’est vraiment particulier ! Les militants verts sont les seuls à susciter tant de curiosité, à essuyer tant de piques et de questions quand ils sont en société.

L’ECOLOGIE EN POLITIQUE

Faire de l’écologie un projet politique, c’est déjà compliqué, mais expliquer ce pari à ceux qui regardent l’affaire d’un ?il soupçonneux (ou intéressé, l’un n’excluant pas l’autre), c’est carrément une gageure !

Pourtant, il n’y a rien de plus urgent pour des écolos qui sentent bien que leurs idées progressent. L’écologie est entrée dans le débat public et y prend une place importante, à grands coups de développement durable, de changement climatique ou d’accident nucléaire. Chacun en parle, s’en réclame ou pas, sans toujours comprendre cette tribu à la fois sympathique et bizarre, ces utopistes un peu illuminés qui prêchent la sauvegarde des espèces menacées et la dépénalisation du cannabis.

Drôles de politiques, vous avouerez !

On les aime bien tant qu’ils restent une minorité porteuse de cette (mauvaise) conscience nécessaire qui nous rappelle que l’humanité va devoir changer, respecter la nature avant que celle-ci ne se venge trop. Les ouragans, les tempêtes et les pollutions, c’est leur truc, aux écolos, toujours prêts à nous rappeler notre dette, nos mauvais traitements à planète en danger?

Et puis là, on se dit : OK, mais que faire ?

Comment changer individuellement alors que l’enjeu est immense, qu’on est sidéré par l’ampleur de la tâche ? Du coup, quand on tient un écolo à table, on a plein de questions à lui poser. Car si l’écologie est devenue une idée en vogue, c’est aussi le dernier lieu où l’on cause d’avenir, de valeurs et de règles communes. Et on suppose qu’une personne qui s’engage pour de telles idées doit avoir quelque chose de neuf à raconter. Alors, au travers d’interpellations parfois moqueuses, voire acerbes, c’est aussi cet engagement qui est interrogé. Histoire de justifier une éventuelle conversion qui guette.

On voit déjà l’idée faire son chemin dans les esprits, comme pour les cultes d’antan, car la politique a sa part de mythes, aussi. Au cœur de nos sociétés sécularisées, un besoin de croire qu’un autre monde est possible se fait jour ; il passe, entre autres, par l’écologie. Les écolo gistes sont porteurs d’une vision du monde et, en ce sens, d’une forme de religion. Alors, tant qu’à se convertir, autant le faire dans la bonne humeur et armé de son petit bréviaire.

A lire d’urgence !

Petit bréviaire écolo par Wilfrid Séjeau et Erwan Lecoeur, aux éditions Les petits matins.

Vert la République !

Dans un contexte de montée des extrémismes et des communautarismes en Europe, le modèle de la République métissée, humaniste et solidaire doit être réaffirmé.

« Défendre les valeurs républicaines est un combat essentiel pour les écologistes », a écrit Cécile Duflot le 7 septembre dernier dans Le Monde. C’est une parole forte : l’écologie n’a de sens que dans le cadre d’une République citoyenne qui porte les valeurs non négociables de la laïcité, du féminisme, du respect et du soutien aux plus fragiles et aux plus précaires, du principe de précaution, de la justice sociale et de la solidarité internationale.

Cela implique de refuser le relativisme qui réduit la liberté d’expression à la seule tonalité du « moi je » identitaire et régressif. Son dévoiement peut porter à confondre liberté religieuse avec liberté d’imposer ses croyances dans l’espace public, amalgamer particularisme culturel et totalitarisme.

Nous refusons que, au mépris de la lutte contre les inégalités sociales et territoriales, les personnes soient assignées à leur communauté d’origine, comme d’autres sont assignés à résidence. A l’heure où chaque individu vit une pluralité de rôles sociaux et dispose d’identités multiples, vouloir manipuler les origines et jouer sur des réflexes claniques revient à renforcer l’aliénation et pratiquer une forme de colonialisme intérieur. L’ethnicisation des rapports sociaux conduit à marchandiser la question sociale et à renoncer à l’idéal républicain dans son fondement de la citoyenneté. C’est une manière de justifier le machisme, les inégalités, le déficit de politique d’éducation et de formation.

Aujourd’hui en France, un quart des allocataires des minima sociaux sont en situation d’illettrisme. Aujourd’hui dans certains départements de l’Ile-de-France, 500 nouveaux cas de tuberculose sont déclarés chaque année. Comment reconstruire le vivre ensemble dans un tel contexte de dégradation de la situation sanitaire et sociale ?

La République que nous voulons nécessite un contrat fédérateur avec toute la société et une politique volontariste dans les quartiers populaires. L’enjeu, c’est de sortir d’une logique de non droit si ce n’est celui du plus fort, de machisme reléguant les femmes au rang d’utilité et de repli communautaire laissant libre cours aux convoitises intégristes et mafieuses.

Ce travail doit replacer la question sociale au c?ur de la banlieue : par une politique ambitieuse fondée sur l’accueil des tous petits et la formation des jeunes. C’est le premier levier pour favoriser l’éducation et l’ouverture à la modernité, mais aussi l’émancipation économique et sociale et en particulier celle des femmes.

Dès maintenant, nous proposons de décliner une première ambition avec le « contrat 10-15-20 » pour l’école dans les quartiers prioritaires :

* 10% de nos établissements de la maternelle jusqu’en troisième, avec :
* 15 élèves maximum par classe et
* 20 heures d’accompagnement par élève et par mois.

Face à l’abandon « des quartiers », la commisération fondée sur la bonne conscience ou le fatalisme, qui justifie une absence de volonté, ne sont que démission.

Mais une réponse fondée sur le recours au clientélisme et à la notabilisation de quelques personnalités dites représentatives de communautés ne peut entraîner que l’échec et la déception.

La République n’a d’avenir que dans l’écologie politique mais l’écologie n’a de sens que dans les valeurs de la république.

Signataires : Laurence Bonzani, Serge Guérin, Safia Lebdi et Jean-Marc Pasquet, siègent au Conseil régional Ile de France au sein du groupe Europe Ecologie- Les Verts.

Les écologistes précisent leur stratégie budgétaire pour les Régions

Réalisée à l’issue de nombreux séminaires avec les groupes écologistes des Conseils régionaux, cette note de cadrage fait le point sur la situation budgétaire de ces collectivités, replacée dans le contexte des finances publiques.

Revenant sur l’échec des stratégies budgétaires successives conduites par l’Etat, les auteurs réaffirment le rôle des collectivités dans le domaine de l’investissement public. Prenant un angle résolument politique, ils préconisent le maintien des interventions régionales à un haut niveau et propose un « scénario écologiste » sur la mandature en cours 2010/2014. Cette hypothèse est construite sur le maintien des dépenses sur quatre années sur leur niveau actuel avec un recours « raisonnable » à l’emprunt et une capacité de désendettement des Régions autour de 10 années en 2014 contre 4 années actuellement.

« Cet objectif de maintien de la dépense locale à un niveau élevé est non seulement raisonnable mais il est hautement souhaitable », précise Jean Marc Pasquet. « Dans un contexte de repli généralisé des interventions des Etats en partie lié à un comportement imprudent sur les recettes, il est de la responsabilité politique de nos collectivités de porter ce qui représente aujourd’hui plus des deux tiers de l’effort d’investissement national ». Les Régions interviennent plus particulièrement sur les infrastructures et les équipements ferroviaires, la construction et la maintenance des Lycées et des établissements de formation. Les deux tiers de leur effort concerne les cofinancements de projets locaux portés notamment par les communes.