Vert la République !

Dans un contexte de montée des extrémismes et des communautarismes en Europe, le modèle de la République métissée, humaniste et solidaire doit être réaffirmé.

« Défendre les valeurs républicaines est un combat essentiel pour les écologistes », a écrit Cécile Duflot le 7 septembre dernier dans Le Monde. C’est une parole forte : l’écologie n’a de sens que dans le cadre d’une République citoyenne qui porte les valeurs non négociables de la laïcité, du féminisme, du respect et du soutien aux plus fragiles et aux plus précaires, du principe de précaution, de la justice sociale et de la solidarité internationale.

Cela implique de refuser le relativisme qui réduit la liberté d’expression à la seule tonalité du « moi je » identitaire et régressif. Son dévoiement peut porter à confondre liberté religieuse avec liberté d’imposer ses croyances dans l’espace public, amalgamer particularisme culturel et totalitarisme.

Nous refusons que, au mépris de la lutte contre les inégalités sociales et territoriales, les personnes soient assignées à leur communauté d’origine, comme d’autres sont assignés à résidence. A l’heure où chaque individu vit une pluralité de rôles sociaux et dispose d’identités multiples, vouloir manipuler les origines et jouer sur des réflexes claniques revient à renforcer l’aliénation et pratiquer une forme de colonialisme intérieur. L’ethnicisation des rapports sociaux conduit à marchandiser la question sociale et à renoncer à l’idéal républicain dans son fondement de la citoyenneté. C’est une manière de justifier le machisme, les inégalités, le déficit de politique d’éducation et de formation.

Aujourd’hui en France, un quart des allocataires des minima sociaux sont en situation d’illettrisme. Aujourd’hui dans certains départements de l’Ile-de-France, 500 nouveaux cas de tuberculose sont déclarés chaque année. Comment reconstruire le vivre ensemble dans un tel contexte de dégradation de la situation sanitaire et sociale ?

La République que nous voulons nécessite un contrat fédérateur avec toute la société et une politique volontariste dans les quartiers populaires. L’enjeu, c’est de sortir d’une logique de non droit si ce n’est celui du plus fort, de machisme reléguant les femmes au rang d’utilité et de repli communautaire laissant libre cours aux convoitises intégristes et mafieuses.

Ce travail doit replacer la question sociale au c?ur de la banlieue : par une politique ambitieuse fondée sur l’accueil des tous petits et la formation des jeunes. C’est le premier levier pour favoriser l’éducation et l’ouverture à la modernité, mais aussi l’émancipation économique et sociale et en particulier celle des femmes.

Dès maintenant, nous proposons de décliner une première ambition avec le « contrat 10-15-20 » pour l’école dans les quartiers prioritaires :

* 10% de nos établissements de la maternelle jusqu’en troisième, avec :
* 15 élèves maximum par classe et
* 20 heures d’accompagnement par élève et par mois.

Face à l’abandon « des quartiers », la commisération fondée sur la bonne conscience ou le fatalisme, qui justifie une absence de volonté, ne sont que démission.

Mais une réponse fondée sur le recours au clientélisme et à la notabilisation de quelques personnalités dites représentatives de communautés ne peut entraîner que l’échec et la déception.

La République n’a d’avenir que dans l’écologie politique mais l’écologie n’a de sens que dans les valeurs de la république.

Signataires : Laurence Bonzani, Serge Guérin, Safia Lebdi et Jean-Marc Pasquet, siègent au Conseil régional Ile de France au sein du groupe Europe Ecologie- Les Verts.