Vetements : coûts bas ou prix justes ?

Lourde facture

Le coût de la mode, et de nos modes de consommation, se traduit par des factures de santé très lourdes à payer, dans des pays dépourvus de systèmes de sécurité sociale, où les droits syndicaux sont peu ou pas respectés, les contrats ne sont pas stables, les heures de travail interminables, le harcèlement et les menaces monnaie courante.

Travail des enfants, travail des femmes dans des conditions éprouvantes, l’envers des vêtements que nous achetons n’est pas toujours beau à voir, loin s’en faut. Les scandales qui ont pu éclabousser quelques marques n’ont malheureusement pas transformé la logique industrielle qui consiste à faire produire toujours plus vite et toujours moins cher, via des intermédiaires ou des sous-traitants qui, faute de contrôles, ne respectent pas les droits fondamentaux fixés par l’Organisation internationale du Travail.

Relever les salaires pour atteindre un minimum vital

Qui aujourd’hui vend le plus de vêtements en France ? Non, ce n’est pas H&M ou Zara, mais Carrefour, via ses hypermarchés. Or les prix bas pratiqués par la grande distribution ont un coût social, un coût lui aussi délocalisé dans les pays de production.(sur les pratiques des grandes enseignes, voir le Rapport Cash, de la Clean Clothes campaign http://www.ethique-sur-etiquette.org/IMG/pdf/RapportCashFR_Complet_BR-2.pdf)

Cet été, les ouvriers du secteur textile au Bangladesh et au Cambodge se sont mis en grève. Leurs revendications sont identiques : relever les salaires minimum pour atteindre un minimum vital qui permette de se loger, se nourrir, d’envoyer ses enfants à l’école, d’accéder aux soins, soit 70 dollars mensuels au Bangladesh (salaire minimum fixé par le gouvernement à 25 dollars par mois), 93 dollars au Cambodge (salaire minimum fixé récemment par le gouvernement à 61 dollars). En fait de main d’?uvre pas chère, il s’agit d’une main d’?uvre sous payée par rapport au coût de la vie locale, un paradoxe pour une production de transformation, destinée à l’exportation, et qui génère de la plus value… Et les femmes, très nombreuses dans ce secteur industriel, sont les premières exposées aux nombreuses violations des droits du travail.

Achats compulsifs ou mode « éthique »?

Alors que les petits magasins multi-marques sont en voie de disparition, se développe une mode dite « éthique », qui s’efforce de proposer des vêtements produits dans le respect de normes environnementales et sociales contrôlées et certifiées. Depuis 2004, l’Ethical Fashion Show propose aux professionnels et aux particuliers une offre dont la qualité et la diversité n’ont plus rien à voir avec les ponchos en poil de yack de nos parents soixante-huitards.

Les démarches sont diverses, certaines boutiques souhaitant conserver leur caractère solidaire clairement affiché (Artisans du Monde, Altermundi, par exemple), d’autres préférant se fondre dans l’offre généraliste (Numanu dans le 3e arrondissement, Duplex dans le 10eme). Portée par le succès grandissant du commerce équitable auprès des consomm-acteurs/trices, la mode « autrement » se développe, avec des gammes de prix comparables à la moyenne gamme du prêt-à-porter.


Mode éthique et bio avec Numanu
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