Une courte note, un podcast ou un visuel pour aller plus loin

Pour une politique des jours heureux

Notre contribution publiée dans les colonnes du quotidien La Croix.

Quatre millions d’usagers des « colonies » dans les années soixante contre un peu plus d’un million aujourd’hui. Une décennie nous sépare peut-être de leur quasi-extinction. Paradoxe de notre époque. Un enfant sur trois ne part toujours pas en vacances dont la moitié sont issus du monde ouvrier et agricole.                                                                                  

                                                                                                               

Comment relancer une dynamique de la « colo » par nature fondée sur le volontariat ?

Cette expérience des « jours heureux » empruntée par des générations s’est scellée dans le compromis d’après-guerre, noué par des forces politiques, syndicales et religieuses. Il a été le ciment de séjours pensés par des adultes « dans l’intérêt éducatif de l’enfant ». La médiatisation d’accidents aidant, les années quatre-vingt ont vu entrer en concurrence d’autres impératifs. Ceux liés à la sécurité et à son cortège de normes. Les conditions structurelles de l’offre ont été bouleversées.

La hausse des coûts a évincé les opérateurs artisanaux et les collectivités. Ces dernières se sont débarrassées de leurs centres, saisonniers et budgétivores. Cette spirale inflationniste a également précipité la concentration des entreprises du secteur, d’autant plus tournées vers les « segments rémunérateurs » que le marché se rétrécit. Depuis vingt ans, il diminue de 30 000 unités par année avec un décrochage plus brutal depuis 2015. Le mouvement de spécialisation vers des publics « à plus forte marge » s’est donc accéléré. La machine à séparer également. Du « haut de gamme » spécialisé, accessible aux familles aisées, jusqu’aux séjours généralistes, fortement subventionnés.

Un enfer pavé de subventions publiques a facilité ce séparatisme estival. Entre les « politiques de la ville » et les « personnes handicapées », les « filles » et les « garçons », les « riches » et les « pauvres », cette approche par niche a évincé la classe moyenne. Sa progéniture ne joue plus le rôle d’incubateur démocratique.

Comment rassembler les acteurs autour de quelques objectifs politiques lisibles comme reconstruire du commun ?

D’abord, en concentrant les ressources publiques sur l’appui au montage de projets. En suivant le chemin déjà éprouvé avec succès par un certain nombre d’entre eux. En tenant compte des nouvelles attentes familiales, soucieuses de l’ancrage territorial, d’une direction d’équipe ou de la présence d’un référent sanitaire. Autant d’atouts face aux logiques plus hôtelières.

Cela suppose le renforcement et la professionnalisation d’une filière de l’animation en lien avec les activités des collectivités toute l’année (Centres communaux d’action sociale, périscolaire…). Loin des destinations les plus prisées et les plus coûteuses, pourquoi ne pas les aider à rénover 1 000 lieux dans nos territoires pour ancrer durablement dans de nouveaux séjours un demi-million d’enfants supplémentaires ?

Ceux-ci seront d’autant moins isolés dans le groupe qu’ils viendront eux-mêmes avec une sœur, un voisin. Sans nécessairement le ticket d’entrée du comité d’entreprise. En proposant également des formules à faible coût sur le modèle du scoutisme qui passe mieux l’épreuve de la crise.

Le prix toutefois n’explique pas tout. La clé essentielle, c’est rompre avec le modèle de la « colo » d’antan. Celle aujourd’hui ne peut se résumer à un guichet ouvert sur une jungle d’opportunités. Faire société, c’est apporter sa pierre à un projet sur un séjour, au-delà de la participation à des activités. Réaliser une pièce de théâtre, découvrir un sport, bricoler, faire aboutir un projet solidaire : des opérateurs produisent de telles offres avec succès. Au stage qui enferme l’expérimenté et isole le néophyte, les pouvoirs publics doivent privilégier l’appui aux séjours de la découverte progressive et ludique. Ceux qui actionnent les qualités cognitives moins marquées socialement ou sexuellement.

À l’heure de l’effondrement des temps de relations sociales des adolescents, pourquoi ne pas créditer chaque enfant d’un « compte colo » individuel ?

CFE : pour une année blanche des PME

Cette contribution de Novo Ideo a été publiée le 29 avril 2020 sur le site de Contrepoints.

A partir du 11 mai, le second temps de cette crise sera économique et social. Bien sûr, la déflagration sanitaire en cours questionne notre capacité collective à sécuriser nos organisations et à faire face à une pandémie qui n’est toujours pas jugulée. Cela appelle des décisions sereines. Et puisque le président de la République a fixé l’horizon d’un déconfinement progressif, il nous appartient d’en poser des jalons pour sécuriser tous les travailleurs.

Comment faire ?

Pour faire face à une dépression économique inédite, les garanties de prêts de l’État, les mesures de reports et la prise en charge du chômage partiel allègent leurs trésoreries. Lorsque notre pays entrera en période de convalescence, nos entreprises pourront bénéficier du retour à l’emploi des salariés dont le portage est le fruit d’un effort historique par la puissance publique. 

Pour des millions d’entre eux, ce retour sera variable selon le télétravail qui pourrait être une clé de hiérarchisation du retour à la normale. Cela placera les territoires dans une inégalité fondamentale car cette pratique du travail à distance est quatre fois plus importante en Ile-de-France qu’en Normandie par exemple. À cette différence de situation s’ajoute une grande variété des états sanitaires entre les régions et donc de la force de travail. Le redémarrage économique sera donc progressif mais dans le meilleur des cas il ne sera pas homogène partout.

Cette reprise n’aura pas la même incidence selon les secteurs. Dans le bâtiment et les services, les cycles seront impactés par la réactivité des donneurs d’ordre. Pour d’autres intervenants dans l’industrie, les chaînes d’approvisionnement fortement internationalisées vont les fragiliser. C’est en grande partie leur taille et leur surface financière qui vont jouer fortement sur leur capacité à sortir la tête de l’eau. Les petites entreprises qui cumulent l’ensemble des critères de vulnérabilité comme les petites PME de la construction et de l’agriculture nécessitant la présence de main d’œuvre seront particulièrement exposés. 

Abaisser le seuil de rentabilité de notre tissu de TPE-PME, d’indépendants et de micro-entrepreneurs doit être notre priorité

D’autant que son maillage a subi, encore pendant cette crise, des comparaisons peu flatteuses avec nos voisins allemands. Le renforcement des trames de notre tissu de PME est un atout déterminant pour la diversité de nos emplois et singulièrement dans les secteurs où les travailleurs ont été particulièrement exposés durant la crise sanitaire.

A la rentrée, nos administrations seront engorgées par les demandes de reports de charges des entreprises. Pour éviter cela, décidons une année blanche de la fiscalité qui ressemble le plus à une charge fixe dans le compte d’exploitation, la moins sensible au cycle économique brutal. La cotisation foncière est assise sur la valeur locative des biens des entreprises dont elles disposaient deux années avant, elle est indépendante de la richesse produite sur l’année. C’est cet impôt local qu’il convient de supprimer en 2020 moyennant l’interdiction aux entreprises de verser tout dividende sur cette année.

Cette mesure pose un problème de compensation aux collectivités s’agissant d’un produit de près de huit milliards mais elles disposent d’une autre assiette fiscale, assise sur la valeur ajoutée, davantage collée aux effets de la conjoncture. 

En cas de meilleure fortune, nos entreprises paieront leur juste écot par d’autres contributions existantes. Il vaut mieux miser pour nos finances publiques sur de meilleures rentrées de l’impôt sur les bénéfices à venir plutôt que de parier sur une cotisation de biens dont la valeur a été décidée par l’histoire, avant le COVID-19.

Trois tabous écolos : le nucléaire (2)

Trois tabous écolos non résolus : après le glyphosate comme facteur de déstabilisation du train, deuxième épisode avec le nucléaire. La sortie du nucléaire va-t-elle à l’encontre de l’objectif de la diminution des GES ?

Tout mix-électrique d’un pays doit faire face au double défi du rendement et de la minimisation de la quantité de CO2 produite. À partir des données des principaux pays et de leur quantité en CO2, quels sont les plus performants à l’année ?

Si on excepte la Norvège qui bénéficie d’une électricité hydraulique abondante et d’une consommation électrique environ trois fois celle des français, peu de pays peuvent se prévaloir d’un label « climato-compatible ». Même ceux dont la réputation vertueuse apparait au final galvaudée.

Au Portugal, modèle en matière de développement des énergies renouvelables, les centrales en charbon et au gaz dégradent le bilan global.

En Allemagne, le pays s’est engagé vers une sortie du nucléaire en 2022, il représente encore 13% de son « mix » alors que vent et soleil fournissent près de 30% du total. Les fortes variations de production de ce pays liées au caractère aléatoire de ces renouvelables expliquent des performances climatiques plombées. Celles-ci fournissent certaines périodes de l’année que 15% de la production, nécessitant une « armée de réserve électrique » de gaz et de charbon, environ deux tiers plus importante que la France, particulièrement coûteuse et peu « écolo ».

Au final, la France produit environ 70 à 75% du courant en ayant recours au nucléaire avec un appoint hydraulique puis des autres énergies renouvelables qui, lorsqu’elles manquent pendant plusieurs semaines, ne sont pas remplacées par des énergies fossiles comme en Allemagne.

La productivité du nucléaire est un avantage réel. Il pose cependant d’autres problèmes, de souveraineté, liés à la dépendance du combustible, de risque d’exploitation et de déchets.

Dans l’attente de développements industriels majeurs de l’hydrogène, il s’est rendu indispensable, dans la course contre les gaz à effet de serre, une course contre le temps qui se compte en deux ou trois décennies désormais.

CONTREPOINT










ENTRETIEN AVEC JEAN-MARC FABIUS
47 ans
Président Fondateur Green Lighthouse depuis 2013
Directeur Général et Fondateur de Green Lighthouse Développement
Elu à la Commission Solaire du Syndicat des Energies Renouvelables

Selon vous, un mix énergétique comprenant une part majoritaire de « renouvelables » est-il possible à terme sans faire appel à des énergies carbonées ?

Bien entendu, pour cela il doit être planifié en termes de volume pour chacune des énergies, et en concertation avec RTE et ENEDIS, les gestionnaires de réseau. Nous allons changer de paradigme de mode de production, le réseau aussi doit s’adapter.

On peut imaginer sans difficulté la part croissante des énergies marines, la prépondérance du solaire et de l’éolien onshore et offshore. Les autres énergies (biomasse, thermique…) ne sont pas pour autant à négliger.

Pour assurer la sécurité du mix énergétique, il faut une base stable avec l’hydraulique et le nucléaire dans un premier temps, permettant de garantir un socle de disponibilité. Les énergies renouvelables (solaire et éolien), intermittentes par définition, assureront conjointement la très grande partie des besoins. Le stockage longue durée, enjeu majeur pour diminuer la part du nucléaire, pourra répondre aux pics de demande.

Je crois énormément au stockage Hydrogène qui, déployé à très grande échelle, va considérablement baisser ses coûts, et assurer, au-delà de la stabilité du mix énergétique, un aménagement des territoires et une solution partielle aux problématiques de transport.
Nous avons la chance d’être à l’aube d’une révolution, il faut en être partie prenante et non la regarder passer.

Quelles évolutions peut-on prévoir sur les coûts de sortie et l’intégration dans le réseau de distribution ?

Là aussi c’est une question de planification.       
Aujourd’hui le solaire avec des centrales au sol produit à moins de 50 €/Mwh (hors contraintes des appels d’offres), et les exemples sont très nombreux dans le monde. C’est l’électricité la plus compétitive.

On peut toujours vouloir favoriser l’autoconsommation individuelle mais elle sera réservée à des concitoyens qui ont les moyens d’assumer financièrement un engagement politique. A grande échelle le coût pour la collectivité de subventionner ce marché serait dommageable aux finances publiques.

Il est aussi indispensable d’utiliser les sites et sols pollués pour les convertir en zone de production d’énergie, là aussi un surcoût est à prévoir par la dépollution des sols et les contraintes associées.
Quant aux grandes toitures, elles sont un relais indispensable aux grandes centrales au sol notamment sur les bâtiments industriels.

Concernant l’éolien, le développement de projet est encore trop coûteux et il est nécessaire de donner un énorme coup d’accélérateur à la filière afin de réduire les coûts de production de l’énergie.

A mon sens, pour tenir les engagements de la PPE, trois obligations et une contrainte s’imposent à nous :

  • L’obligation d’accélérer l’installation des énergies renouvelables par une simplification de l’obtention des autorisations (actuellement : 3 à 4 ans pour une centrale solaire, plus de 7 ans pour une centrale éolienne),
  • L’obligation de développer massivement le stockage de masse, pour en réduire son coût unitaire et garantir un mix énergétique fiable et décarboné,
  • Et une contrainte majeure : assurer une disponibilité et un prix de l’énergie accessible à tous

Et concernant le réseau dans sa globalité, il va devoir opérer un changement par la multiplication des sites de production, passant d’un schéma en étoile, à un réel maillage assurant une production décentralisée.

Un territoire peut-il agir et comment ?

Le territoire est à la base de tout projet. Aucune énergie ne peut s’implanter durablement sans un consensus large avec les élus et la population.

L’énergie est un fabuleux outil d’aménagement, une ressource financière stable et sur de très longues périodes pour les collectivités et leurs habitants. C’est au niveau des communautés de communes, des mairies, que les projets de territoires doivent naitre. Qui connait mieux les besoins d’aménagement que les collectivités au plus proche des citoyens ?          
Les projets d’énergies sont force d’innovation également et créateurs de valeurs non délocalisables à la condition qu’ils soient industriels donc de taille industrielle.

Les collectivités sont les acteurs du changement de leur territoire et certaines lancent déjà de très grands projets, qui seront la norme à l’avenir en conjuguant les paradoxes propres aux énergies renouvelables : vertueux et rentable, industriel et agile, à faible coût et sans dépense publique pour les nouveaux modèles, et enfin local et de dimension nationale.

Trois tabous écolos : le glyphosate et le train (1)

Chronique en trois parties sur des contradictions écologistes non résolues

La suppression du glyphosate fragilise-t-elle le train ?

Le glyphosate est la molécule du Roundup entrée dans le domaine public en 2000. Rares sont ceux qui savent que le premier utilisateur est…la SNCF. En effet, la compagnie nationale des trains épand ce phytosanitaire pour désherber les voies avec un système de désherbeurs, soit environ 35 tonnes par an.

L’opérateur ferroviaire éprouve les mêmes contraintes de rétrécissement de l’horizon de l’utilisation de ce produit et sera prêt normalement en 2021. Entre autres alternatives, l’intervention humaine, ou des bâches, posées entre les voies, qui poseront d’autres problèmes d’ordres sociaux (accidents du travail). La SNCF teste en ce moment d’autres molécules aux effets prometteurs et plus saines.

Le coût de l’alternative -mécanique- pourrait avoisiner le demi-milliard en fragilisant ainsi le ferré face aux autres trafics. Sauf à dégrader les standards d’entretien et donc de revoir les vitesses, c’est-à-dire de dégrader la compétitivité du train, déjà fragile.

Paris : sortir la vieillesse du placard

Face à la canicule et à la pollution, la vulnérabilité des seniors est plus importante. Ce qui ne les incite pas à sortir de leur logement, et accélère l’isolement et la perte de mobilité. Anne Lebreton a publié cette tribune dans le « Huff »le 26 juin 2019.

Un quart des Parisiens aura plus de 60 ans en 2030 et 10% plus de 75 ans. Si le revenu moyen des seniors est plus élevé dans la capitale qu’en France, leur part vivant sous le seuil de pauvreté (15,5%) (souvent dans des quartiers qui sont devenus très chers) et allocataires du minimum vieillesse, est supérieure de moitié au reste du pays. Ces seniors à faibles revenus sont particulièrement touchés par la “précarité énergétique”, ils consacrent plus de 10% de leur revenu à ces dépenses. Beaucoup d’entre eux ne demandent pas les allocations auxquelles ils ont droit: “je me débrouille bien, j’achète en promotion”, “il y en a qui en ont plus besoin que moi”.

Certains ont moins de 300 euros de reste à vivre.

Près d’un quart -souvent suite au décès du conjoint- affecte au paiement de son loyer une part trop importante de ses ressources.

Je veux un Paris qui accompagne les seniors dans leur souhait de couler de beaux jours dans la capitale.

Pour ceux -les plus nombreux- qui sont parfaitement actifs, et jusqu’à souvent plus de 90 ans, cela veut dire qu’ils prennent pleinement leur place dans la vie de la cité: engagements politiques, mandats électifs, emplois complémentaires à leur retraite, engagements associatifs (sans les seniors, aucune association ne fonctionnerait), vie culturelle.

A 70 ans, on s’occupe quelquefois encore de ses propres parents!

Mais pour ceux-là et pour les autres aussi, avec les administrations en charge du grand âge, et les nouvelles “Maisons des aînés et des aidants”, il faut tout faire pour adapter davantage la ville à une réalité grandissante: on vieillit le plus souvent chez soi.

A nous de travailler finement à l’ouverture des droits, de renforcer l’aide à domicile locale, à nous de proposer des solutions pratiques de déplacements, de travailler beaucoup plus efficacement à l’adaptation des logements (petits travaux, isolations, aménagements intérieurs sur la mobilité). Nous devons aussi faciliter les changements désirés vers un autre logement plus adapté. Et pour atteindre ce but, il est nécessaire de lancer une petite révolution:  il faut sortir la vieillesse de son placard, il faut en parler, il faut l’anticiper.  

Sur le grand âge nous vivons une révolution. La Silver économie est en plein boom. A l’heure de la robotique, et bientôt des voitures sans conducteurs, à 70 ans maintenant, est-on vraiment un senior? A 70 ans, on s’occupe quelquefois encore de ses propres parents!

La robotique ne résoudra pas certains problèmes bien terre à terre liés à l’habitat parisien: descendre d’un 4ème étage d’un immeuble du 17ème siècle sans ascenseur avec une mobilité réduite

La robotique ne résoudra pas certains problèmes bien terre à terre liés à l’habitat parisien: descendre d’un 4ème étage d’un immeuble du 17ème siècle sans ascenseur avec une mobilité réduite, faire face à l’impossibilité réelle de changer rapidement de logement dans Paris où la pénurie de m2 touche tous les aspects de la vie, être seul, le plus souvent seule, avec des enfants qui vivent ailleurs, ou pas d’enfants.

La vision des seniors a également changé. Avoir 70 ans aujourd’hui ne revêt pas la même réalité qu’il y trente ou quarante ans. La vulnérabilité face à la pollution et à la chaleur est pourtant plus importante que lorsqu’on est dans la vie active. La sensibilité quant à la qualité et la capacité de régénération de son environnement de proximité est plus forte. Un environnement dégradé en termes de bruit, de pollution, d’absence de possibilité de ressourcement n’incite pas nos seniors à sortir de leur logement. Ceci accélère l’isolement et la perte de mobilité.

Je m’engage pour que chaque parisien ait à moins de cinq minutes de chez lui un ilot de tranquillité et de fraicheur. C’est la proximité des lieux de vie qui importe, beaucoup plus que d’éventuelles forêts au centre de Paris. Pour se poser en sécurité, dans son quartier, sans la cohue des grands aménagements, je m’engage pour que ces lieux permettent de redécouvrir la rue comme espace où l’on puisse faire simplement une pause. Créons ces espaces près des cafés qui remplissent si souvent un rôle essentiel de lien social réel -et sans aucune reconnaissance publique- pour beaucoup de nos seniors.

Établissons des parcours de promenade verte avec les maires d’arrondissement, les conseils de quartier, les commerçants pour ouvrir nos quartiers trop enserrés dans la minéralité. Ils relieront parcs, jardins et rues ordinaires rendues aux promeneurs, avec des bancs et des arbres en pleine terre qui assumeront pleinement leur fonction de climatisation.

Établissons des parcours de promenade verte avec les maires d’arrondissement, les conseils de quartier, les commerçants pour ouvrir nos quartiers trop enserrés dans la minéralité.

Alors que Dominique Libault vient de rendre son rapport sur la dépendance au premier ministre, accentuons aussi l’effort quantitatif et qualitatif sur les structures de dépendance, en ayant comme objectif d’obtenir le label “humanitude” pour les structures parisiennes: pas de soin forcé, respect de l’intimité, le vivre et mourir debout, l’ouverture de la structure vers l’extérieur qui devient un lieu de vie et d’envies.

Pour les seniors à Paris, trouver des solutions concrètes aux problèmes de solitude, de mobilité et de dépendance seront les trois défis de la prochaine mandature, un travail qui faudra continuer de co-construire avec eux.