Déchets à Paris : toujours plus, un peu mieux triés

En 2014, l’actuelle maire de Paris s’engage pour “une ville plus agréable à vivre”. Qu’en est-il cinq ans plus tard ? Les réalisations de la Ville de Paris sont-elles à la hauteur des objectifs écologiques affichés et des enjeux climatiques ? 


Sur les grands thèmes, Novo Ideo a confronté les ambitions de la municipalité sortante aux concrétisations sur la mandature écoulée. Il s’agit de notre #ECOLOBAROMETRE. Notre état des lieux est assorti pour chaque item de “notes”. A l’image des diagnostics énergétiques, ils sont représentatifs d’un existant, un jalon par rapport à ce qui reste à faire. Notre think tank propose enfin quelques pistes de travail écologiques pour Paris, en s’inspirant parfois de réussites, en France ou à l’étranger. Ce faisant, nous passerons dans notre dernier épisode les grandes listes candidates en 2020 à l’«Ecolotest». Premier épisode de notre série : quel sort à nos déchets et plus en amont, comment les réduire ?

Notre appréciation générale sur la gestion des déchets à Paris : carton ORANGE


Malgré le développement de lieux d’apports volontaires et d’un plan de réduction sur les déchets alimentaires, la thématique reste marquée par le retard du recyclage sur la capitale. Les performances sont également suspendues à un effort de réduction en amont de la production parisienne de déchets.






Engagements
2014


« Six nouvelles déchetteries et davantage de lieux de dépôts »

Pelures de légumes, coquilles d’œufs, déchets alimentaires ou certains papiers comme l’ouate : ce sont les biodéchets
18% du contenu des poubelles à Paris

QUELQUES ENJEUX

La ville de Paris a décidé de conserver la responsabilité de la collecte des déchets ménagers, pour en confier le traitement au SYCTOM de l’agglomération parisienne, dont elle est membre depuis 1983.

Chaque jour, 3 000 tonnes de déchets sont collectées sous la responsabilité de la mairie de Paris. En 2017,1 111 875 tonnes ont été collectées (en sensible hausse ces dernières années) dont près de 78 % sont incinérées (en tassement) et 20 % recyclées (en hausse). 

L’objectif national de réduction (de 10% des déchets ménagers entre 2010 et 2020) est fixé par la Loi de 2015. 

En 2017, la Cour des Comptes a critiqué les faibles performances de tri de la capitale : 17% contre 39% en moyenne française et 44% en moyenne européenne. 

ELEMENTS DE BILAN

Après une baisse importante entre 2010 et 2013, le volume annuel des ordures ménagères par habitant reste stable depuis, autour de 415 kgs.

Cette interruption de la diminution des volumes de déchets produits est à rebours d’une tendance française à la baisse.

Les volumes collectés continuent de progresser sur la période récente. 

Alors que la loi impose le tri des bio déchets depuis janvier 2016 et prévoit sa généralisation d’ici 2025, un plan “alimentation durable” a été adopté par le conseil de Paris. Il prévoit un “plan compost”, expérimenté dans les 2ème et 12ème arrondissements avec la mise en place d’un “bio-seau” mis à disposition dont le contenu récupéré est à jeter dans une nouvelle poubelle orange. 

Si ce plan est expérimental, il devait faire l’objet d’une généralisation en 2020. Rattaché à un axe “alimentation durable”, la valorisation énergétique (la création de gaz par la méthanisation), est seulement “envisagée”, en butte aux difficultés de développement de la filière. 

Ce plan reste peu incitatif et contraignant et sur l’existant, le retard de la Ville est la règle : un immeuble sur trois n’y a pas de bac pour les bouteilles et un sur six pour les papiers les emballages. La capitale ne comprend que 887 conteneurs à verre pour 2,2 millions d’habitants. 

COMMENT PROGRESSER

Pour accroître les performances de la ville, il faut développer le dépôt volontaire de bacs par quartier (à l’image de Trilib expérimenté depuis 2017), libérer ainsi les cours des copropriétés pour d’autres usages (vélo…) et augmenter ainsi la productivité des tournées de ramassage.

Il conviendrait d’organiser la collecte selon quatre flux de matériaux (le verre, les emballages légers, les biodéchets et les cartons/papiers). 

Certaines agglomérations comme à Lorient ou Montpellier ont mis en œuvre la redevance incitative. Il s’agit d’utiliser des sacs poubelles biodégradables, identifiables par une puce à son “propriétaire”, avant d’être jetés dans la poubelle orange. La taxe pour les résidents est modulable en fonction de la contribution de chacun, les plus vertueux voient ainsi leur contribution baisser.

Prochain épisode : la mobilité #ECOLOBAROMETRE

Méthodologie

Notre comité scientifique est composé d’un professeur des universités, d’une architecte-urbaniste, d’un professeur et consultant paysagiste, d’un consultant sur les mobilités, de deux élus municipaux de la majorité et de l’opposition, ainsi que d’un Haut fonctionnaire. Cette enquête a fait l’objet d’un questionnaire transmis au cabinet du Premier-adjoint de la Mairie de Paris (9 septembre 2019), sans réponse. Le texte « Paris qui ose » est retenu comme base des engagements de la municipalité en 2014.